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Le journal de Paris
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1200
Création de la première université
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Le Contexte
Nous sommes en 1200. C'est Philippe II, plus connu sous le nom qui l'a fait passer à la prospérité, Philippe Auguste, qui règne sur le royaume de France depuis maintenant vingt ans.Vingt ans qu'il a consacrés, entre autres, à agrandir le domaine royal, par une lutte sans merci contre ses grands vassaux et les Plantagenêt, dont le célèbre Richard Coeur de Lion. Paris, pour sa part, s'est affirmée tout au long du XIIè siècle, en tant que capitale administrative, religieuse et intellectuelle du royaume.Pierre Abélard voit les élèves affluer de tous les pays de la chrétienté pour écouter ses leçons, et le suivre losqu'il sera exilé de Paris. Mais les écoles, à l'époque, sont essentiellement consacrées à l'étude de la théologie et à la dialectique. C'est le chancelier de Notre-Dame de Paris qui délivre les autorisations d'enseigner. Mais c'est en 1200 que tout commence vraiment. Dès lors, les collèges se multiplient pour accueillir les étudiants; ce sera la Sorbonne en 1257, puis celui de Navarre en 1304. Entretemps, les les institutions universitaires se spécialisent, et les étudiants sont répartis selon leur nation d'origine. L'Université est divisée en quatre facultés: faculté préparatoire des arts, facultés supérieures de théologie, de décret et de médecine, dirigées par un doyen. Ce système est imité dans toute l'Europe septentrionale. Paris va étendre désormais son prestige et sa culture dans toute la chrétienté.
Paris sous Philippe Auguste
Philippe Auguste Né en 1165, mort en 1223, il a régné à partir de 1180.
Il part en croisade en 1190 et revient l'année suivante. Il envahit la Normandie en 1202, puis dans les deux années qui suivent il s'empare aussi de la Touraine, de l'Anjou, du Poitou. Il gagne la bataille de Bouvines en 1214 contre Jean SansTerre qui avait mené une coalition contre lui avec le comte de Flandre, le comte de Bologne et l'empereur Othon de Brunswick. Pendant son règne on constate un grand renforcement du contôle du royaume par la nomination des bailis et sénéchaux. Il épouse d'abord Isabelle de Hainaut, puis après la mort de celle-ci en 1190 , il épouse Ingeburge de Danemark en 1193, mais il la répudie aussitôt et se remarie en 1196 avec Agnès de Méranie. Il est condamné par le pape Innocent III et l'interdit est jeté sur le royaume. Après la mort de sa troisième femme, en 1213, il consent à rappeler Ingeburge.
La France de Philippe Auguste
Paris sous Philippe Auguste
Les maisons du Moyen Age se composaient d'un rez-de-chaussée en pierre de taille, et de poutres de bois, avec une charpente de poteaux de bois dite à colombage.
Boutique médiévale La surface enclose par le mur donne environ une superficie de 250 hectares, mais le calcul du nombre des habitants est plus difficile. Les rues étaient très étroites et enchevêtrées. quelques-unes ne permettaient le passage que d'un seul homme à la fois. Les plus larges étaient la rue Saint-Martin et Grande-Rue Saint Honoré. Une charte de 1222 fixa la largeur d'une de ces rues à un peu moins de 6 mètres pour que deux charrettes puissent se croiser. Apparurent alors des bornes de pierre en bordure de chaussée, afin que les charrettes n'endommagent pas les immeubles. Celles-ci servaient également aux cavaliers pour monter sur leurs chevaux. Philippe Auguste demanda à son prévôt de faire paver les rues principales de blocs de pierre à cause de l'odeur insupportable.
L'enceinte de Philippe Auguste La muraille de Philippe Auguste est plus qu'un rempart : c'est une structure de rêve, qui fait surgir au milieu du Paris d'aujourd'hui les fantômes des guerres moyenâgeuses, les bruits de bataille, la rudesse de temps révolus.
L'enceinte de Philippe Auguste
Elle est là, parmi nous, encore présente à de nombreux endroits pour qui sait la voir. Elle est totalement imbriquée dans notre quotidien et nous la côtoyons souvent sans le savoir.
Enceinte de Philippe Auguste Construite entre 1190 et 1220 sous le règne de Philippe Auguste, cet ouvrage fortifié est le second et dernier (après le mur Gallo Romain qui ceinturait l'île de la Cité) à avoir eu une fonction défensive globale. En effet, les murs ultérieurs étaient soit des ouvrages partiels (muraille de Charles V et Louis XIII) soit des murs "fiscaux" (mur d'octroi de Louis XIV) soit les lignes de fortifications modernes ("fortifs" de Thiers, érigées au milieu du 19e siècle). Le mur de Philippe Auguste, lui, est une "vraie" muraille avec un chemin de ronde, des créneaux, des portes fortifiées, des tours rondes régulièrement espacées. Il faisait tour le tour de la ville de l'époque. Le Paris de 1230 ressemblait un peu au Carcassonne d'aujourd'hui. 2800m sur la rive droite, 2600m sur la rive gauche, 3m d'épaisseur à la base, 9m de hauteur et une tour de 14m de haut tous les 70 m, le rempart était une fortification imposante. Pour le défendre à l'Ouest Philippe Auguste fit ériger sur ses deniers (le mur, lui, était financé par la ville) le Louvre féodal qui devait donner naissance au bâtiment que nous connaissons aujourd'hui. La structure du rempart s'avéra être un élément clé pour sa survie : composé de deux murs épais, solides et soigneusement appareillés, tout l'espace entre ces deux parois est rempli de petites pierres et de mortier que l'on peut assimiler à des quasi-débris. Cette conception "en sandwich" était connue des Parisiens. Quand, au fil des siècles, la muraille fut déclassée, au lieu d'être détruite (un sort commun à bon nombre de monuments de Paris qui terminèrent leur vie en servant de carrières), elle fit office d'assise à des constructions qui s'appuyèrent sur chacune de ses faces, permettant ainsi de notables économies aux entrepreneurs. Ainsi emprisonnée entre deux maisons sur une bonne partie de son parcours, la muraille survécut au fil des siècles. Les nouveaux îlots furent certes détruits quelques siècles plus tard, mais pas tous. Il subsiste ainsi des portions appréciables de la structure dont certaines furent mises à jour très tard. On "découvrit" après la deuxième guerre mondiale une cinquantaine de mètres de murs et deux tours très bien préservés, rue des Jardins St Paul, sur la rive droite. Une autre particularité intéressante de cet ouvrage réside dans le fait qu'il fut construit sur le sol géologique de la ville. Aujourd'hui, près de la Seine, le niveau actuel de circulation est à près de 7 mètres au-dessus du terrain "réel" de l'agglomération. La muraille se retrouve donc enterrée. Rue Mazarine, sur la rive gauche, il faut descendre dans un parc souterrain de stationnement pour l'apercevoir. Un peu plus loin, dans la cour du Commerce St André, c'est une tour intacte qui est emprisonnée dans un magasin : on l'aperçoit au travers de la vitrine ! A d'autres endroits, ce n'est pas la muraille qu'on voit, mais des constructions plus récentes qui l'entourèrent et en conservent la trace. Ainsi, rue du Louvre sur la rive droite, on peut observer depuis le trottoir un mur étrange qui forme un tiers de cercle : c'est la trace d'une des tours de la muraille. Rue du faubourg St Honoré et rue St André des Arts, si l'on regarde de près les entrées des immeubles, on se rend compte que les murs des immeubles forment un angle aigu avec la chaussée : c'est que ces maisons s'appuyaient sur la muraille qui elle même formait un angle avec la rue. Tels des dominos, ce sont tous les immeubles aux alentours qui adoptent ce plan peu banal Ansi, présente ou disparue, la muraille de Philippe Auguste évoque directement ou indirectement un Paris presque évanoui qui tente malgré tout de nous faire signe par-dessus les siècles. Et ce Paris là était à son époque au moins aussi ambitieux ou novateur que la ville qui abrite la Tour Eiffel, Beaubourg et le boulevard périphérique.
Le sceau de Philippe Auguste
Les Halles de Paris Avant Philippe Auguste, il y avait aux Champeaux un marché au blé en plein air. Philippe-Auguste y fit transférer en 1181 Les Halles (détail)
En 1137, Louis VI avait déjà transféré un marché depuis la place de Grève jusqu'à cet endroit. C'était une grande place traversée par les passants où l'on vendait des marchandises.
Foire marchande
Ainsi furent assainis le quartier et le marché. C'est sous Philippe Auguste, à cause de tous ces travaux et notamment de la construction de deux grands pavillons, que le marché commence à s'appeler "les Halles". Ce marché fut totalement compris dans l'enceinte de Philippe Auguste." En 1222 une foire avait été installée sur le parvis de Notre-Dame. Il s'agissait d'une foire aux lards, graisses et chairs de porc. Elle durait une seule journée. Rappelons l'importance des porcs au Moyen Age, animaux très prisés à cette époque.
Le dimanche de Bouvines, première victoire nationale C'est en août 1192 que Richard Cœur de Lion décide de rentrer de la troisième croisade (1189-1192). Il a l'imprudence de passer par les terres de Léopold d'Autriche, qui, "conseillé" par le roi de France Philippe Auguste, le capture et le livre à l'empereur Henri VI. Les forces en présence
Otton IV de Brunswick, roi de Germanie , Otton IV, attiré par les deniers du roi d'Angleterre et décidé à combattre le roi de France, principal obstacle à son triomphe, rejoint la coalition. Alors que Jean sans Terre est parti se faire battre à La roche aux Moines (2 Juillet 1214), Otton quitte Aix la Chapelle ; le 12, il est à Nivelle, puis se dirige vers Valenciennes. Le 23, l'armée française se rend de Péronne à Douai ; le 26, elle est à Tournai ... Philippe a résolu de prendre les coalisés à revers en les contournant par le Nord-Est, de manière à intercepter les communications entre l'Allemagne et la Flandre. La bataille de Bouvines peut commencer. La bataille Alors que le roi se repose à l'ombre d'un frêne, frère Guérin vient le trouver pour lui apprendre la nouvelle : Bien que ce jour soit celui du seigneur (Le 27 Juillet 1214 tombait un Dimanche et " Il est interdit d'assaillir son ennemi depuis la neuvième heure du samedi jusqu'à la première heure du lundi " a décrété le concile d'Elne en 1027), la bataille aura lieu.
La bataille de Bouvines (1214)
A sa droite, c'est Renaud de Dammartin qui s'occupe des fantassins brabançons et des chevaliers anglo-flamands de Guillaume Longue-Epée et d'Arnaud d'Audenarde.
Armes du Roi de France, Philippe Auguste Après quelque heures de bataille, Ferrand de Portugal se rend, exténué aux frères de Mareuil, Hugues et Jean ... Le flanc gauche d'Otton n'existe plus !!
Armes d'Eudes de Bourgogne, allié de Philippe Auguste
Armes de l'Evêque Guérin de Senlis Pendant ce temps, Robert de Dreux et l'évêque de Beauvais sont à la peine ; Renaud de Dammartin et Guillaume Longue-Epée ont enfoncé les lignes françaises et tentent de prendre le pont de Bouvines. Heureusement, ils se heurtent aux 400 massiers du roi. Ceux-ci les repoussent, Guillaume Longue Epée est capturé, ce qui provoque la fuite des anglais. Renaud de Dammartin est le dernier à résister ... Il a adopté un nouveau dispositif que même ses ennemis admirent : Le hérisson. Dès qu'il est fatigué, il vient se reposer avec ses chevaliers au centre d'une quadruple ellipse hérissée de piques et de crochets que forme son infanterie, et quand il a repris ses esprits, l"enceinte" s'ouvre et il peut alors charger ses ennemis.
Armes d'Othon de Brunswick, chef de la coalition contre Philippe Auguste
Armes d'Henri de Brabant, allié d'Othon En trois heures, tout est joué. La victoire est sans appel. Dans les rangs des chevaliers français, seuls dix sont morts. Le rex christiannissimus, le roi très chrétien Philippe II est victorieux ... seul, face à son créateur. Il prend alors le titre d' Augustus, Philippe II Auguste. A travers les images d'Épinal, on retrouve jusqu'au XIX ème siècle la célébration de cette victoire comme celle du nationalisme français face à ses adversaires ( dont en 1914, l'ennemi germanique )
Armes de Ferrand de Portugal, |
L'université
Les membres de l'université sont donc tous considérés comme des clercs, ce qui ne les empêche d'être très turbulents et de provoquer des incidents dans les tripôts parisiens. L'Université est reconnue par le pape Innocent III, qui y avait étudié, par une bulle de 1215, bulle confirmée par une autre de Grégoire IX de 1231. L'organisation de l'enseignement en quatre facultés, droit canon ou décret, médecine, théologie et « arts libéraux » (grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, musique, astronomie), remonte à un arbitrage pontifical de 1213.
Un cours à la Sorbonne au XIIIe siècle
Le logement des étudiants et l'organisation des corps se fait au sein de fondations pieuses appelées collèges. L'université de Paris est un studium generale c'est-à-dire un centre d'enseignement de toutes les disciplines. Aux XIIe siècle et au XIIIe siècle, c'était l'une des premières universités d'Europe, avec Bologne, Oxford, Cambridge, Toulouse, Salamanque et Montpellier. L'Université de Paris ne tarde pas à devenir une véritable autorité morale. Les docteurs de l'université se prononcent sur des controverses fameuses comme la taxation des bénéfices ecclésiastiques par le Saint-Siège, et jouent un grand rôle au moment du Grand Schisme d'Occident. Jean de Gerson, anime le concile de Constance (1414-1418), qui met fin au schisme. Pendant la Guerre de Cent Ans, l'université soutient les Anglais et le parti bourguignon, et approuve l'exécution de Jeanne d'Arc (1431). Au XVe siècle, l'université est souvent en grève, notamment pendant trois mois en 1443, et pendant six mois de septembre 1444 à mars 1445, pour défendre son exemption fiscale. Jusqu'en 1446, les étudiants dépendent en matière pénale de l'université. Mais il arrive régulièrement que des écoliers soient arrêtés par le prévôt du roi. Dans ce cas-là, le recteur de l'université se rendait au Châtelet pour demander à ce que l'écolier soit jugé par l'official de l'université. Si le prévôt du roi refusait, l'université se mettait en grève. La fin du XVe siècle marque, pour l'Université de Paris, le début d'une période délicate. Charles VII la soumet, en 1446, à la juridiction du Parlement de Paris, ce qui suscite des émeutes étudiantes auxquelles participe, entre autres, le poète François Villon. En 1453, un écolier, Raymond de Mauregart, est tué par les sergents du Châtelet et l'université se met à nouveau en grève pendant plusieurs mois.
La faculté des arts La faculté des Arts de Paris est une des quatre facultés (Arts, Théologie, Décret (droit Canon), Médecine) qui composent l'université de Paris. Elle dispensait l'enseignement préalable à l'entrée dans les trois autres facultés, ce qu'on appelle aujourd'hui l'enseignement secondaire. Organisation des étudesLes arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique, astronomie, arithmétique, géométrie, musique) sont dispensés à la faculté des Arts aux élèves dont l'âge est compris entre quatorze et vingt ans. Au terme des études, l'étudiant se voit récompenser d'une maîtrise ès arts, ce qui lui permet d'enseigner dans la faculté et d'aborder les autres disciplines dispensées à l'université : médecine, droit (la maîtrise ès arts n'étant cependant pas obligatoire) et théologie. L'ouvrage de référence des études à la création de la faculté est les Quatre livres de sentences de Pierre Lombard. L'enseignement dure généralement sept ou huit ans: classes de sixième à troisième (classes dites de grammaire), classe d'Humanités (seconde), classe de Rhétorique (première), classes de Philosophie (terminale) (logique, métaphysique et morale puis physique en 2e année facultative qui deviendra au XIXe siècle la classe de mathématique spéciale).
L'université au XIIIè siècle: cours de logique et de rhétorique
Après la Révolution française, l'enseignement artien a été pris en charge par les écoles centrales, puis le Consulat par les lycées et collège dont les classes ont conservé longtemps les mêmes appellations. Études, grades et examensLes étudiants commençaient ordinairement à suivre les leçons de la Faculté des arts avant l'âge de quinze ans. Au XIVe siècle, il fallait avoir quatorze ans pour passer l'examen de déterminance et être dans sa troisième année du cours de logique. Le candidat devait d'abord, avant Noël, soutenir une dispute contre un maître régent. Puis il devait réussir un examen devant un maître nommé par sa Nation. Les déterminances proprement dites commençaient avec le Carême, le déterminant devait disputer tous les jours jusqu'à la fin du Carême dans les écoles de sa Nation. Au XVe siècle, la dispute d'avant Noël devint la dispute de la déterminance, et l'examen devint l'examen pour le baccalauréat ès arts, qui dépendait de chaque Nation. Les disputes de Carême furent supprimés. Le schéma des examens est décrit comme le suivant par Durkheim: Après trois ou quatre ans d'études (autour de 17, 18 ans donc), le maître fait passer à l'élève un premier examen à Noel, la responsio. Si le maître juge que les connaissances ont été acquises, il passe lors du Carême un nouvel examen devant un jury (la determinance), soutient une dispute publique, à l'issue de laquelle se tient une cérémonie, l'inceptio, au cours de laquelle il obtient le baccalauréat ès arts. Durant un à trois ans, le bachelier s'engage dans une nouvelle période durant laquelle il assiste un maître pour l'enseignement. L'examen de licence à lieu au printemps et se déroule devant un jury de maître président par l'un des chancelier de l'Université. Six mois après l'examen de licence, le titulaire de la licence effectue une nouvelle inceptio pour obtenir la maîtrise ès arts sous la forme d'une leçon inaugurale devant le chancelier et six maîtres.
Le professeur (Paris-Musée de Cluny) La faculté de théologie
En 1253 sur douze chaires que comportait la faculté de théologie, neuf étaient dans des couvents. De 1373 à 1398, 198 bacheliers reçurent la licence, dont 102 mendiants, 17 moines de l'ordre de Cîteaux et 47 séculiers. On distingue en effet dans la faculté de théologie les étudiants des couvents, ou collèges de réguliers, et les étudiants séculiers des collèges qui, au début du XIVe siècle étaient déjà 76. Sur le modèle des Dominicains, en 1221 (collège des Dominicains, la plupart des ordres religieux fondèrent avant le XIVe siècle des couvents dans le quartier de l'Université. Ainsi furent fondés les couvents de Mineursdes Prémontrés en 1252, des Bernardins en 1256, des Carmes en 1259, des Augustins en 1261, de l'ordre de Cluny en 1269. Chacun de ces couvents avait une chaire de théologie. Les Mathurins et l'ordre du Val des Ecoliers avaient aussi, en 1253, des écoles de théologie. Les monastères de Saint-Denis et de Marmoutiers eurent également à Paris un couvent d'études, le premier en 1203 le second en 1329. Les plus importants de ces collèges de réguliers étaient ceux de Mendiants et des Bernardins. en 1230, Les couvents où l'on enseignait la philosophie (studia particularia) étaient d'abord distincts de ceux où l'on enseignait la théologie (studia generalia). Les studia particularia étaient situés en province. Le cours de logique durait trois ans, le cours de physique (naturalia) deux ans. Le corps enseignant était formé d'un lecteur et d'un répétiteur. Pour être admis dans un studium generale, il fallait avoir suivi en outre pendant deux ans un cours sur le Livre des sentences. Le corps enseignant des studia generalia de Paris était formé d'un à trois lecteurs principaux et d'autant de sous-lecteurs (ou cursor). Les lecteurs principaux étaient chargés de faire des leçons ordinaires sur les Sentences ou sur la Bible. Les sous-lecteurs étaient des bacheliers qui ne faisaient que des leçons extraordinaires. Chaque couvent comprenait en outre un maître des étudiants qui était chargé de la discipline. Les studia generalia formaient les futurs enseignants des studia generalia de province qui formaient eux-mêmes les enseignants des studia particularia. De nombreuses communautés furent fondées à Paris pour l'entretien des étudiants séculiers grâce à la bienfaisance individuelle. Elles étaient cependant généralement mal administrées. La plupart des collèges contenaient deux communautés, une d'artiens et une de théologiens, moins nombreuse. Les collèges séculiers fondés entre 1250 et 1300 (collège de Sorbonne, collège du trésorier, collège des Cholets et collège de Tournai), sont exclusivement composés de théologiens. 138 bourses étaient réservées exclusivement à la théologie, 97 ayant été fondées avant 1305 et 36 avant 1300. La Nation de Normandie possédait 47 bourses et celle de Picardie 47. Les 20 bourses du collège de Navarre étaient en outre indivises entre toutes les provinces de France. Les deux autres Nations n'étaient pratiquement pas représentées dans le faculté de théologie. Les grades dans l'ancienne faculté de théologie de Paris A Paris, pour passer bachelier en théologie, il faut avoir étudié deux ans en Philosophie, trois en Théologie (quinquennium), avoir soutenu deux examens de quatre heures chacun, l'un sur la Philosophie, l'autre sur la première partie de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, qui comprend les traités de Dieu, des divins attributs de la Trinité et des anges. Ces deux examens doivent se faire à un mois l'un de l'autre, devant quatre docteurs de la faculté de Théologie, tirés au sort, avec droit de suffrage. Un seul mauvais billet ne laisse au candidat que la voie de l'examen public qu'il peut demander à la faculté. S'il se trouve deux suffrages défavorables, il est refusé sans retour. Lorsque les examinateurs sont unanimement contents de sa capacité, ils choisissent un président à qui ils font signer ses thèses; quand le syndic les a visées, et lui a donné jour, il doit les soutenir dans l'année à compter du jour de son second examen. Dans quelqu'une des écoles de la faculté, c'est-à-dire, des collèges ou des communautés qui sont de son corps, cette thèse roule sur les mêmes traités théologiques, qui ont servi de matière à ce second examen, on la nomme tentative. Le président, quatre bacheliers en licence, deux bacheliers amis, y disputent contre le répondant; dix docteurs qu'on nomme censeurs y assistent avec droit de suffrage; les bacheliers de licence l'ont aussi, mais pour la forme, leurs voix n'étant comptées pour rien. Chaque censeur a deux billets, l'un qui porte sufficiens, l'autre incapax. Un seul suffrage contraire suffit pour être refusé. Si le candidat répond d'une manière satisfaisante, il va à l'assemblée du premier du mois, qu'on nomme prim mensis, se présenter à la faculté devant laquelle il prête serment. Ensuite le bedeau lui délivre ses lettres de baccalauréat, il peut se préparer à la licence." "On distingue dans la faculté de Théologie de Paris deux sortes de bacheliers : savoir bachelier du premier ordre, baccalaurei primi ordinis, ce sont ceux qui font leur cours de licence; ceux du second ordre, baccalaurei secundi ordinis, c'est-à-dire les simples bacheliers qui aspirent à faire leur licence, ou qui demeurent simplement bacheliers. L'habit des uns et des autres est la soutane, le manteau long et la fourrure d'hermine doublée de soie noire." "Dans l'université de Paris, avant la fondation des chaires de Théologie, ceux qui avaient étudié six ans en Théologie, étaient admis à donner des cours, d'où ils étaient nommés baccalarii cursore : comme il y avait deux cours, le premier pour expliquer la bible pendant trois années consécutives; le second, pour expliquer le maître des sentences (Pierre Lombard) pendant une année; ceux qui faisaient leur cours de la bible étaient appelés baccalarii biblici; ceux qui étaient arrivés aux Livres de sentences, baccalarii sententiarii. Ceux enfin qui avaient achevé l'un et l'autre étaient qualifiés baccalarii formati ou bacheliers formés." La licence en théologie s'ouvre de deux ans en deux ans, et est précédée de deux examens pour chaque candidat sur la seconde et la troisième partie de la Somme théologiqueThomas d'Aquin, l'Ecriture sainte, l'histoire ecclésiastique. Dans le cours de ces deux ans, chaque bachelier est obligé d'assister à toutes les thèses sous peine d'amende, d'y argumenter souvent, d'en soutenir trois, dont l'une se nomme mineure ordinaire: elle roule sur les sacrements, dure six heures. La seconde, qu'on appelle majeure ordinaire, dure dix heures; sa matière est la religion, l'écriture - sainte, l'église, les conciles, divers points de critique de l'histoire ecclésiastique. La troisième, qu'on nomme sorbonique, parce qu'on la soutient toujours en Sorbonne, traite des péchés, des vertus, des lois, de l'incarnation, de la grâce; elle dure depuis six heures du matin jusqu'à six du soir. Ceux qui ont soutenu ces trois actes et disputé aux thèses pendant ces deux années, pourvu qu'ils aient d'ailleurs les suffrages des docteurs préposés à l'examen de leurs mœurs et de leur capacité, sont licenciés, c'est-à-dire renvoyés du cours d'études, reçoivent la bénédiction apostolique du chancelier de l'église de Paris.
Faculté de décretD’après les statuts de 1600, le baccalauréat en droit canonique peut être obtenu après deux années d’études. Le candidat passe un examen sur la décrétale devant deux docteurs, puis prête serement et reçoit la bénédiction du doyen. Faculté de médecinePour être bachelier en Medecine, il faut, après avoir été quatre ans maître ès Arts dans l’université, faire deux ans d’étude en Medecine et subir un examen, après quoi on est revêtu de la fourrure pour entrer en licence. D’après les statuts de 1600, on ne reçoit les bacheliers en médecine que de deux ans en deux ans. Cette reception se fait vers la mi-carême. Les aspirants doivent justifier qu’ils sont maîtres ès arts de l’université de Paris depuis quatre ans ou huit pour une autre université. Le candidat passe un examen puis prête serment. La clause de célibat a été retirée depuis 1600. Les bacheliers en médecine ne peuvent exercer dans la ville ou les fauxbourgs de Paris qu’avec l’assistance d’un docteur. D’après un édit de 1707, pour les autres facultés de France, il faut être licencié pour exercer la médecine. A Paris, la médecine ne formait pas une faculté indépendante; elle était réunie à la faculté des arts, ce qui fut une des raisons de son infériorité à l'égard de la faculté de Montpellier. Paris et l'Italie (Bologne, Padoue, Pavie, Naples, etc.), dit Haeser, formaient des scolastiques; Montpellier formait des praticiens. Du reste, l'université parisienne était surtout importante par l'enseignement de la théologie et de la philosophie. La faculté de médecine n'y acquit une importance réelle qu'au début du XVIe siècle. On peut en dire autant des vieilles facultés espagnoles, portugaises et anglaises, de Valence, Salamanque, Lerida, Lisbonne, Coïmbre, Oxford, Cambridge, etc. En Allemagne, l'université de Prague, la plus ancienne, quoique relativement récente (1348), fut le centre scientifique le plus important; la médecine n'y occupait également qu'un rang très secondaire, et il en fut de même, à plus forte raison, des universités telles que Vienne, Heidelberg, et plus tard Tubingen (1477), Greifswald (1456), etc. Cet état de choses ne changea guère avant la Renaissance. D'ailleurs, toutes les universités étaient placées sous la juridiction de l'Eglise, et la plupart de leurs membres étaient clercs; l'enseignement ne se faisant que sur les textes prescrits et en latin, il perdit presque partout son caractère pratique pour devenir exclusivement traditionnel et dogmatique. Les écoles de Montpellier et de Paris furent malgré font les plus importantes de cette période; leur histoire mérite quelques détails de plus que les vagues généralités qui précèdent. La Sorbonne
L'origine de la maison de Sorbonne était fort ancienne. Ce fut le premier Collège fondé dans le quartier de l'Université ; il faut s'entendre sur la valeur de ce mot pris au sens purement latin de société, compagnie, réunion de gens exerçant la même profession. Héloïse et Abélard Comment évoquer l’un en ignorant l’autre ? Ces deux figures illustres du Moyen Age sont intimement liées. Leur histoire commune avait ému en son temps et leur liaison tragique a traversé les siècles pour nous parvenir sans perdre la fraîcheur d’un amour impossible qui les entraîna dans d’horribles souffrances physiques, morales et spirituelles.
Le tombeau d'Héloïse et Abélard au Père Lachaise. Les deux amants sont unis pour l'éternité.
Bon à savoir... Ces expressions qui nous viennent du Moyen-Âge
Un garnement A l'origine, garnement signifie tout ce qui peut offrir une protection : vêtement, équipement et même forteresse. A la fin du Moyen-Age, le mot évolue dans le sens de souteneur. Aujourd'hui, de mauvais garçon, le garnement désigne maintenant un enfant, un adolescent. Graisser la patte Sens : donner illégalement de l'argent à quelqu'un pour obtenir quelque chose. Un gringalet Sens : homme ou garçon un peu chétif. Jeter aux oubliettes Les oubliettes étaient les cachots souvent aménagés dans le sous-sol des donjons. Les seigneurs peu scrupuleux oubliaient parfois ceux dont ils voulaient se débarrasser. Jeter le gant Au Moyen Age, le gant avait une forte valeur symbolique. Il représentait le seigneur lui-même et son pouvoir. Le vassal remettait en signe d'hommage son gant droit à son suzerain. Un chevalier qui en défiait un autre au combat lui jetait son gant. Le relever signifiait que l'on acceptait de se battre. Aujourd'hui, l'expression signifie lancer, accepter un défi. Jurer comme un Templier Employer une verdeur de langage. Laid comme les sept pêchés capitaux Les sept péchés capitaux sont l'orgueil, l'avarice, l'envie, la gourmandise, la luxure, la colère et la paresse ainsi nommés parce que sources de tous les autres péchés. Ils étaient souvent représentés par des figures contrefaites sur les murs des cathédrales. L’habit ne fait pas le moine Un des plus anciens proverbes de la langue française. Les loups-garous Présents déjà dans l'Antiquité, (voir Pétrone et son Satiricon), la croyance arriva jusqu'au Moyen Age et se répandit d'autant plus que les loups devinrent très nombreux. Les versipelles prirent le nom de loups-garous, garou signifiant à lui seul homme-loup. Il apparaît dans de nombreux contes modernes, signataire d'un pacte avec le diable, et profitant de l'impunité que lui assure son apparence animale pour assouvir ses mauvais instincts. Malin comme un singe Au Moyen Age, malin signifiait " mauvais, méchant ", c'était, comme aujourd'hui encore, un des noms du diable. Le singe que l'on trouvait très laid passait pour un animal diabolique. Vers la fin du XVIIIème siècle, l'adjectif malin prit le sens que nous lui connaissons : astucieux, futé, réhabilitant ainsi les pauvres singes. Merci Au Moyen Age, merci signifiait " grâce, pitié " de là les expressions : Mettre flamberge au vent Invitation ironique à tirer l'épée et à se jeter dans la bataille sans réfléchir. À l'époque des chansons de geste, il y avait quatre vaillants chevaliers : les Quatre Fils Aymon. L'aîné des quatre frères s'appelait Renaud de Montauban. Il possédait une épée prestigieuse, Froberge, aussi redoutable que Durandal, celle de Roland. Au cours des siècles, le nom de Froberge devint un nom commun et s'altéra en flamberge, sans doute sous l'influence des mots flamme, flamboyer, etc. L'expression n'est plus utilisée aujourd'hui qu'ironiquement principalement pour se moquer des démonstrations spectaculaires d'héroïsme. Mettre la table Expression quotidienne qui nous est familière mais incorrecte. Il faudrait dire " mettre le couvert ", puisque nos tables ne voyagent plus dans la maison. Au Moyen Age, les pièces n'avaient pas, comme aujourd'hui, des fonctions très distinctes et la même salle pouvait servir de pièce commune, de salle à manger et de chambre. Aussi, le plus souvent, on " mettait la table " à l'heure des repas, c'est-à-dire que l'on apportait une grande planche et des tréteaux. D'où l'usage, chez les seigneurs, de belles nappes destinées à cacher la pauvreté du mobilier. Mettre sa main au feu Affirmer énergiquement quelque chose, au point d'y risquer sa main rappelant les lointains jugements de Dieu de l'époque médiévale. Lorsqu'un accusé ne pouvait faire la preuve de son innocence, il pouvait être plongé dans l'eau, pieds et poings liés. S'il surnageait, c'était que l'eau - élément pur et béni de Dieu - le rejetait. S'il coulait comme une pierre, il était innocent... mais parfois noyé! On pouvait également lui plonger la main dans l'eau bouillante, ou le faire saisir un fer rouge. Innocent, Dieu le protégeait et il sortait indemne de l'épreuve. Le plus souvent, il suffisait que la victime guérisse vite ou survive quelques jours pour qu'elle soit - un peu tard! -innocentée. Mi-figue, mi-raisin D'un air à la fois satisfait et mécontent ou à la fois sérieux et plaisant. A l'origine, il devait s'agir de "mêlé de bon et de mauvais". Monter sur ses grands chevaux Se mettre en colère et parler avec autorité, prétention. C'et être prêt à se faire faire raison avec l'épée et la lance. Partir en croisade Le Moyen Age a vu de nombreuses croisades, les départs furent presque ininterrompus pendant plus de deux siècles. Une foule immense, composées de chevaliers et d'hommes de guerre, d'artisans, de paysans, de moines et de pèlerins de toutes conditions se mirent en route, poussées par la foi et l'enthousiasme. Parfois aussi par l'attrait du pillage! Aujourd'hui, ceux qui partent en croisade n'ont plus à parcourir des milliers de kilomètres. Payer en monnaie de singe Jadis, le pont qui relie l'île de la Cité à la rue Saint-Jacques, dit Petit Pont (il porte encore ce nom aujourd'hui), était payant. Mais les jongleurs qui exhibaient des singes savants étaient dispensés du péage à condition qu'ils fassent leur numéro devant le péager. Aujourd'hui, payer en monnaie de singe (on dit aussi payer en gambades) signifie payer en plaisanteries et grimaces, payer de paroles, voire en fausse monnaie. La réputation du singe, habile imitateur de l'homme, n'est sans doute pas étrangère à ce dernier sens. |
A l’époque... En 1190, utilisation du premier compas de marine en Occident..
La cathédrale de Chartres
Début, en l'an 1194, de la construction de la cathédrale de Chartres. De 1190 à 1209, construction de la muraille de Philippe Auguste.
Richard Coeur de Lion bat Saladin à Arsuf en 1191, et rétablit un royaume franc à Acre.
Richard Coeur de Lion et Saladin à Arsuf (1191)
Construction du pont St Bénézet à Avignon (1185), le célèbre "Pont d'Avignon". Première utilisation d'un arc dans la construction d'un pont.
Le pont d'Avignon
Richard Coeur de Lion construit Château-Gaillard en Normandie (1197). Philippe Auguste s'en emparera en 1204.
Phase finale de la construction du temple d'Angkor.
La Flotte de l'amiral Zheng
Notre histoire océanographique ne serait pas complète sans mentionner les contributions apportées par les Chinois à l'exploration maritime. Ces apports ne sont pas aussi connues que ceux qu'ils ont faits dans les domaines scientifiques et technologiques, les Chinois n'en se distinguaient pas moins par la construction de la plus grande flotte à la conquête de l'océan.
Compas de marine chinois
Elle était constituée au début par un aimant en forme de baguette, remplacée plus tard par un barreau de fer et enfin par une aiguille aimantée, qui a vu le jour au 6ème siècle ap. J-C. Mais la première mention de la boussole de navigation était faite en 1117 dans le livre de Zhu Yu « P'ingchow Table Talk » : par un temps sombre, les marins regardent l'aiguille indiquant le sud. Cet instrument a été introduit en Europe aux environs de 1190, sûrement en provenance de la Chine. (On connaissait alors si mal sa force que le capitaine interdisait son équipage de manger l'oignon à bord, car il croyait que ce légume pouvait troubler le magnétisme.) Pour les marins méditerranéens, qui naviguaient souvent difficilement par le temps assombri, cet outil signifie la libération. Il fallait attendre 15ème siècle pour que les Européens eussent été prêts de s'aventurer dans la conquête de l'autre côté de la mer qui leur était familière.
Château-Gaillard, la Normandie devient française
Le château de Richard Coeur-de-Lion
(reconstitution en 3D)
Vous rappelez-vous la vie extraordinaire de Richard Coeur de Lion, l'ami de Robin des Bois, telle que Walter Scott la raconte dans Ivanhoé ? Château-Gaillard est le lieu où ces récits romanesques rejoignent l'Histoire. Car cette forteresse a été désirée, conçue et bâtie par le bouillant Richard, duc de Normandie et Roi d'Angleterre, plus connu sous le surnom de "Richard Coeur-de-Lion". Un surnom qu'il a gagné à la croisade grâce à sa bravoure. Château-Gaillard est le témoin, 800 ans plus tard, de l'existence réelle de ce personnage de légende. Dans ses pierres, on peut encore lire certains traits de caractère de Richard. Comme son créateur, le château-fort des Andelys donne une image de force et de puissance, d'invincibilité. La forteresse réputée imprenable n'a pourtant connu qu'une vie très brève, tout comme Richard, trop confiant dans ses talents de guerrier. Construit en un an
Il est difficile de croire, quand on contemple l'imposante forteresse, que sa construction n'a duré qu'un an. C'est pourtant un fait historique. On imagine le site grouillant de milliers d'ouvriers, (plus de 6000 !) obligés de travailler d'arrache-pied pour parvenir à un tel exploit. Les travaux débutés en 1197 sont achevés en 1198. Richard, qui y a consacré une somme colossale, peut alors s'exclamer : "Qu'elle est belle, ma fille d'un an ! Que voilà un château gaillard !"(bien fortifié). En effet, la bastille a de quoi impressionner celui à qui elle doit faire obstacle, le roi de France Philippe-Auguste, dont les terres s'étendent jusqu'à Gaillon, à une dizaine de kilomètres seulement. Château-Gaillard est le verrou qui doit l'empêcher de prendre la Normandie. L'emplacementRichard a soigneusement choisi le site où bâtir sa place-forte. Aux Andelys, la Seine décrit un méandre assez serré. Dans la courbe, face à la presqu'île, une falaise d'une centaine de mètres de haut s'avance comme la proue d'un navire au-dessus du fleuve. Une langue de terre rattache cet éperon au plateau qui s'étend par derrière. Richard va tirer le meilleur parti de cette position stratégique. Le seul côté par lequel on peut attaquer le château, c'est le côté du plateau. Tout un système de défenses successives qui s'emboîtent à la manière des poupées russes est donc mis en place de ce côté. Le donjon, l'ultime retraite, est retranché au-dessus de l'à-pic qui domine le fleuve. Les fortificationsFace au plateau, un ouvrage avancé de forme triangulaire, hérissé de cinq tours, constitue la première défense de la forteresse. Un large fossé de 12 mètres de profondeur l'entoure. Si l'ennemi parvient à se rendre maître de cette bastille, il se heurtera à de hautes murailles d'enceinte. Il lui faudra franchir ce rempart crénelé pour arriver dans la basse-cour, puis devant le château proprement dit, protégé par une seconde enceinte entourée d'un second fossé. Une nouveauté architecturaleCette deuxième enceinte, c'est la partie la plus originale de Château-Gaillard. Richard Coeur-de-Lion a eu l'idée de faire un mur non pas lisse, mais festonné. Le rempart est composé de 19 arcs de cercle percés de meurtrières. La forme arrondie donne une moindre prise aux projectiles qui ne trouvent pas d'angle saillant à accrocher. Elle permet aussi de tirer de biais par les meurtrières depuis n'importe quel point de l'enceinte, si bien que celle-ci ne présente pas d'angle mort. Cette disposition était tout à fait inédite en France au 12ème siècle. Les puitsUne seule porte est aménagée dans l'enceinte festonnée. Elle n'est pas dans l'axe du plateau, mais sur le côté, il faut donc que l'ennemi longe une partie de l'enceinte avant de se présenter devant la porte, à laquelle on accède par un pont protégé par une herse. La visite de l'intérieur du château permet de découvrir un autre tour de force de ses bâtisseurs : les deux puits. L'un est situé dans la basse-cour, l'autre s'ouvre non loin du donjon et plonge à travers la roche jusqu'à la nappe phréatique, plus de 100 mètres plus bas. Il a fallu que les puisatiers creusent la pierre à la lumière des torches, consommatrices du peu d'oxygène disponible au fond du trou, puis qu'ils évacuent avec des cordes des tonnes de déblais. L'exploit force l'admiration. Le donjonA l'intérieur de l'enceinte bossuée se dresse le donjon. Richard lui a donné des murs de cinq mètres d'épaisseur et des mâchicoulis redoutables, copiés sur ceux qu'il a vus en Orient. Ils n'auront pas l'occasion de servir. Tout contre le donjon s'élève le logis du Gouverneur. On peut encore y voir des fenêtres à meneaux bordées de banquettes, d'où les occupants avaient vue sur le merveilleux panorama. La mort de RichardRichard a vu son château fini, mais il ne l'a pas vu vaincu. En effet l'intrépide guerrier meurt un an plus tard, le 6 avril 1199, alors qu'en plein Carême, il attaque le château de Châlus, près de Limoges. La petite histoire raconte que c'est parce que son vassal ne voulait pas lui remettre un bas-relief en or trouvé sur ses terres. Richard est atteint à l'épaule par une flèche tirée par un défenseur du château de Châlus. Le duc-roi succombe à sa blessure 13 jours plus tard.
La mort de Richard Coeur de Lion
C'est Jean sans Terre, son frère, qui prend sa succession. Il signe d'abord un traité avec Philippe-Auguste, où il se reconnaît vassal du roi de France pour tous ses fiefs sauf l'Angleterre. Le rusé Philippe-Auguste voit loin : il pourra confisquer les terres si son vassal se comporte mal. Ce que Jean ne manque pas de faire dès 1202. Jugé par contumace par les nobles de France pour désobéissance au roi, il est condamné à la confiscation de tous ses biens. Il ne reste plus qu'à appliquer la sentence : Philippe-Auguste se lance à la conquête de la Normandie. Le siège de Château-GaillardIl ne faut pas longtemps à l'armée du roi de France pour se rendre maître des défenses avancées de Château-Gaillard, dans la boucle de la Seine, sur l'île au pied de l'éperon et à Andely. Les 1700 habitants et défenseurs du bourg courent se réfugier au château. Jugeant que la forteresse est trop difficile à prendre d'assaut, Philippe-Auguste décide d'en faire le siège. Il installe ses troupes tout autour. Jean sans Terre, qui se trouve à Rouen, ne réagit pas. Dans la forteresse, le gouverneur Roger de Lascy fait de son mieux. Il compte ses vivres : de quoi tenir un an, à condition de ne pas garder toute la population qui s'est entassée dans le château. Les Français laissent s'enfuir mille personnes, mais Philippe-Auguste se met en colère. Les derniers réfugiés, chassés du château, ne peuvent pas franchir les lignes des assiégeants. Ils errent pendant des jours entre les deux camps, jusqu'à y mourir de faim et de froid. C'est l'épisode tragique des "bouches inutiles". L'attaque finaleAprès sept mois de siège, Philippe-Auguste décide de tenter un assaut. Il fait bâtir une chaussée couverte entre le plateau et le bastion avancé du château. Abrités, ses hommes apportent des matériaux pour combler le premier fossé. Ils arrivent ainsi au pied du châtelet. Là, ils attaquent la base du mur en la minant. Quand le trou est assez grand, ils y entretiennent un feu. Les pierres surchauffées finissent par se fendre. Une partie de la tour s'effondre dans un nuage de poussière. Les défenseurs du château doivent se replier derrière la première enceinte. Si l'on en croit la chronique rédigée à la gloire de Philippe-Auguste, le roi de France victorieux, les assiégeants n'ont pas eu de mal à se rendre maîtres de la première enceinte. En en faisant le tour, l'un d'eux remarque une petite fenêtre à trois ou quatre mètres de haut. Les Normands ne songent pas à la défendre : c'est celle des latrines. Le 6 mars 1204, quelques Français se font la courte échelle et entrent dans l'édifice. Au bruit qu'ils font, les Normands les imaginent très nombreux, ils se dépêchent d'allumer un feu pour leur barrer le passage. Mais le vent rabat la fumée sur eux. Les défenseurs sont obligés de s'enfermer derrière la deuxième enceinte. Les historiens sont sceptiques quant à la véracité de ce récit. Ils pensent plus vraisemblable que les assaillants aient pénétré dans le château par la chapelle. Cette chapelle mal protégée, c'est Jean sans Terre qui l'a fait rajouter, sans tenir compte des règles de défense que son frère appliquait si bien. Comme les Français ne pouvaient pas se vanter d'avoir profané un lieu saint, ils auraient inventé cet épisode des latrines. Philippe-Auguste attaque le second rempart à la catapulte le jour-même. D'énormes blocs s'abattent sur les murailles et finissent par y faire une brèche. Les défenseurs n'ont pas le temps de se réfugier dans le donjon. Trop occupés à défendre la brèche, ils succombent sous le nombre des assiégeants. La cour intérieure, trop étroite, les empêche de se déployer. Roger de Lascy et ses 129 chevaliers sont faits prisonniers. Les vaillants défenseurs seront libérés contre rançon quelque temps plus tard. La Normandie devient françaiseAvec la chute de Château-Gaillard, le roi de France Philippe Auguste a le champ libre pour envahir les fiefs du Plantagenêt, qui s'étendent au sud jusqu'aux Pyrénées et à l'Auvergne. En 1204, la Normandie est rattachée au royaume de France. Réparé, le château a continué à jouer un rôle défensif, notamment pendant la guerre de Cent Ans, où il passe d'un camp à l'autre à plusieurs reprises. C'est Henri IV qui le fait démolir à la fin du 16ème siècle, après deux ans de siège. Le roi autorise les moines du voisinage à y prélever des matériaux de construction pour réparer leurs couvents. Aujourd'hui, les ruines du château fort le plus célèbre de France gardent un fort pouvoir évocateur. Les visiteurs botanistes remarqueront la flore particulière qui pousse sur le site. Certaines plantes rapportées de Palestine par les Croisés s'y sont acclimatées et s'y reproduisent depuis des siècles.
L'hygiène au Moyen-Âge L'hygiène n'est pas un bienfait des temps modernes. C'est un art qui connut ses heurs et malheurs. Un art que le siècle de Louis XIV méprisa mais que le Moyen Age, en dépit de sa mauvaise réputation, cultivait avec amour. L'eau était alors un élément sacré, un remède, et surtout, un immense plaisir.
Fiole de parfum On pourrait imaginer, à en juger par le manque de propreté corporelle qui caractérisait les moeurs, il n'y a pas si longtemps encore, que les hommes et les femmes du Moyen Age ne prenaient guère soin de leur corps ; et on pourrait croire que l'hygiène - l'art de bien se porter est une notion récente.C'est injuste ! Le Moyen Age avait inventé l'hygiène, et bien d'autres civilisations avant lui... Mais là n'est pas notre sujet. Les enluminures des manuscrits nous permettent également de saisir le geste de l'homme en son environnement et en son temps. L'enluminure, ou miniature, reste le document irremplaçable, dans la mesure où la gestuelle correspond bien souvent au climat psychique ou moral de l'époque qu'elle dépeint ; elle nous livre ainsi une clef parmi d'autres des mentalités de ces hommes et de ces femmes du passé. Le petit d'homme est lavé plusieurs fois par jour, ce qui ne sera plus le cas à partir du 16e siècle. Des milliers de manuscrits illustrent ce bain et de nombreux textes en parlent. Ainsi, Barthélemy l'Anglais, Vincent de Beauvais, Aldébrandin de Sienne, au 13e siècle, par leurs traités de médecine et d'éducation, instaurent une véritable obsession de la propreté infantile. Le bain est donné "quand l'enfant aura assez dormi, ci le doit-on laver trois fois par jour". Les cuviers sont bâtis aux dimensions d'un nouveau-né allongé ; généralement ils sont ovales ou circulaires, faits de douelles de bois. Dans les milieux princiers, ils peuvent être métalliques. Ainsi, dans les Chroniques de Froissart, en 1382, il est écrit que, en pillant le mobilier du comte de Flandres, on trouva une "cuvelette où on l'avait d'enfance baigné, qui était d'or et d'argent". Certains cuviers possèdent un dais, sorte de pavillon de toile nouée au sommet d'une perche de bois qui surmonte la cuve, afin de protéger l'enfant des courants d'air ; ce raffinement est réservé aux milieux aristocratiques. Dans la plupart des miniatures, on voit toujours la mère ou la servante tâter l'eau avant d'y tremper l'enfant car elle doit être "douce et de moyenne chaleur". On ne donne pas le bain à l'enfant sans prendre quelques précautions : le cuvier est placé devant la cheminée où flambe un bon feu ; la sortie de bain est assez grande pour bien envelopper le bambin. Elle est toujours à fond blanc même si, parfois, des rayures et des franges l'agrémentent.Moyen Age a mauvaise réputation du point de vue de l'hygiène. Pourtant, héritier de l'époque romaine, il connaissait également le bain, les latrines (wc) et parfois même le tout-à-l'égout. Se laver, se baigner était une habitude dans les villes du Moyen Age. Les plus pauvres citadins se contentaient des bains publics. On sait par exemple que Paris en comptait 26 en 1292. Ces bains étaient ouverts tous les jours sauf les dimanches et jours de fêtes. La peste noire , en treize ans, a coûté la vie à une personne sur trois en Asie et en Europe. La peste noire a fait disparaître des familles et des villages entiers. Comme le savon ne sentait pas très bon, ils
L'enfant au bain Mais, au fur et à mesure que les croisés reviennent de leurs lointaines expéditions en Orient, ils en rapportent cosmétiques et senteurs (en particulier, l’eau de rose). On attribue aux Arabes, héritiers des connaissances antiques en la matière, un rôle déterminant dans l’évolution de la parfumerie grâce à la mise au point de l’alambic et du serpentin. Ces instruments permettent la distillation de l’alcool, technique qui ouvre la voie aux parfums modernes. On les trouve sous des formes très diverses. Poudres, lotions, sirops, boîtes de senteurs, "oiselets de chypre" (pâte parfumée moulée en forme d’oiseau), sont censés faire barrage à la pénétration de l’air putride. L’accessoire le plus sophistiqué de cette arômathérapie est sans doute la pomme d’ambre. D’origine orientale, c’est une boule en or ou en argent, souvent incrustée de perles et de pierres précieuses. Elle contient, comme son nom l’indique, de l’ambre, substance parfumée provenant des concrétions intestinales du cachalot. Mais la pomme d’ambre, en raison de son prix, est réservée aux rois, aux princes et aux plus fortunés. Les personnes de condition plus modeste se contentent de pommes de senteurs garnies d’ingrédients moins rares (aloès, camphre, basilic, menthe sèche), ou même d’une simple éponge imbibée de vinaigre. Se laver la tête ne pose pas plus de problème.
Etuves publiques Avec la croissance des villes, due à la reprise économiqueEurope, les étuves deviennent de grands établissements et les coutumes changent. La ville attire de plus en plus d'étrangers et de vagabonds, et la prostitution se développe. Les bains sont mis sous la surveillance de chirurgiens-barbiers. |
La Faculté de théologie de Paris est une des quatre facultés de l'ancienne Université de Paris. Fermée en 1793, elle renaît en 1808 comme faculté de théologie catholique de Paris au sein de l'Académie de Paris de l'Université de France. En 1877, fut créée également une faculté de théologie protestante suite à la perte de l'Alsace-Lorraine et de la faculté de théologie de Strasbourg. Elle est supprimée en 1885 et remplacée par une nouvelle section de l'École pratique des hautes études. Elle siégeait à la Sorbonne et c'est l'École nationale des chartes qui hérita de ses locaux.
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La Faculté de théologie de l'université de Paris du XIIe siècle à 1793 [modifier]
Au XIVe et XVe siècles [modifier]
En 1253 sur douze chaires que comportait la faculté de théologie, neuf étaient dans des couvents. De 1373 à 1398, 198 bacheliers reçurent la licence, dont 102 mendiants, 17 moines de l'ordre de Cîteaux et 47 séculiers. On distingue en effet dans la faculté de théologie les étudiants des couvents, ou collèges de réguliers, et les étudiants séculiers des collèges qui, au début du XIVe siècle étaient déjà 76.
Sur le modèle des Dominicains, en 1221 (collège des Dominicains, la plupart des ordres religieux fondèrent avant le XIVe siècle des couvents dans le quartier de l'Université. Ainsi furent fondés les couvents de Mineurs en 1230, des Prémontrés en 1252, des Bernardins en 1256, des Carmes en 1259, des Augustins en 1261, de l'ordre de Cluny en 1269. Chacun de ces couvents avait une chaire de théologie. Les Mathurins et l'ordre du Val des Ecoliers avaient aussi, en 1253, des écoles de théologie. Les monastères de Saint-Denis et de Marmoutiers eurent également à Paris un couvent d'études, le premier en 1203 le second en 1329. Les plus importants de ces collèges de réguliers étaient ceux de Mendiants et des Bernardins.
Les couvents où l'on enseignait la philosophie (studia particularia) étaient d'abord distincts de ceux où l'on enseignait la théologie (studia generalia). Les studia particularia étaient situés en province. Le cours de logique durait trois ans, le cours de physique (naturalia) deux ans. Le corps enseignant était formé d'un lecteur et d'un répétiteur. Pour être admis dans un studium generale, il fallait avoir suivi en outre pendant deux ans un cours sur le Livre des sentences. Le corps enseignant des studia generalia de Paris était formé d'un à trois lecteurs principaux et d'autant de sous-lecteurs (ou cursor). Les lecteurs principaux étaient chargés de faire des leçons ordinaires sur les Sentences ou sur la Bible. Les sous-lecteurs étaient des bacheliers qui ne faisaient que des leçons extraordinaires. Chaque couvent comprenait en outre un maître des étudiants qui était chargé de la discipline. Les studia generalia formaient les futurs enseignants des studia generalia de province qui formaient eux-mêmes les enseignants des studia particularia.
De nombreuses communautés furent fondées à Paris pour l'entretien des étudiants séculiers grâce à la bienfaisance individuelle. Elles étaient cependant généralement mal administrées. La plupart des collèges contenaient deux communautés, une d'artiens et une de théologiens, moins nombreuse. Les collèges séculiers fondés entre 1250 et 1300 (collège de Sorbonne, collège du trésorier, collège des Cholets et collège de Tournai), sont exclusivement composés de théologiens. 138 bourses étaient réservées exclusivement à la théologie, 97 ayant été fondées avant 1305 et 36 avant 1300. La Nation de Normandie possédait 47 bourses et celle de Picardie 47. Les 20 bourses du collège de Navarre étaient en outre indivises entre toutes les provinces de France. Les deux autres Nations n'étaient pratiquement pas représentées dans le faculté de théologie.
XVIIIe siècle [modifier]
En 1769, la faculté de théologie ne comprend plus que deux collèges, le collège de Sorbonne et le collège de Navarre. Le collège de Sorbonne est habité par trente-cinq docteurs et il possède onze professeurs de théologie[1] et une chaire d'hébreux fondée par le duc d'Orléans. Le collège de Navarre a quatre professeurs royaux de théologie[2].[3]
Les grades dans l'ancienne faculté de théologie de Paris [modifier]
(d'après l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert) "A Paris, pour passer bachelier en théologie, il faut avoir étudié deux ans en Philosophie, trois en Théologie (quinquennium), avoir soutenu deux examens de quatre heures chacun, l'un sur la Philosophie, l'autre sur la première partie de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, qui comprend les traités de Dieu, des divins attributs de la Trinité et des anges. Ces deux examens doivent se faire à un mois l'un de l'autre, devant quatre docteurs de la faculté de Théologie, tirés au sort, avec droit de suffrage. Un seul mauvais billet ne laisse au candidat que la voie de l'examen public qu'il peut demander à la faculté. S'il se trouve deux suffrages défavorables, il est refusé sans retour.
Lorsque les examinateurs sont unanimement contents de sa capacité, il choisit un président à qui il fait signer ses thèses; quand le syndic les a visées, et lui a donné jour, il doit les soutenir dans l'année à compter du jour de son second examen. Dans quelqu'une des écoles de la faculté, c'est-à-dire, des collèges ou des communautés qui sont de son corps, cette thèse roule sur les mêmes traités théologiques, qui ont servi de matière à ce second examen, on la nomme tentative. Le président, quatre bacheliers en licence, deux bacheliers amis, y disputent contre le répondant; dix docteurs qu'on nomme censeurs y assistent avec droit de suffrage; les bacheliers de licence l'ont aussi, mais pour la forme, leurs voix n'étant comptées pour rien. Chaque censeur a deux billets, l'un qui porte sufficiens, l'autre incapax. Un seul suffrage contraire suffit pour être refusé. Si le candidat répond d'une manière satisfaisante, il va à l'assemblée du premier du mois, qu'on nomme prim mensis, se présenter à la faculté devant laquelle il prête serment. Ensuite le bedeau lui délivre ses lettres de baccalauréat, il peut se préparer à la licence."
"On distingue dans la faculté de Théologie de Paris deux sortes de bacheliers : savoir bachelier du premier ordre, baccalaurei primi ordinis, ce sont ceux qui font leur cours de licence; ceux du second ordre, baccalaurei secundi ordinis, c'est-à-dire les simples bacheliers qui aspirent à faire leur licence, ou qui demeurent simplement bacheliers. L'habit des uns et des autres est la soutane, le manteau long et la fourrure d'hermine doublée de soie noire."
"Dans l'université de Paris, avant la fondation des chaires de Théologie, ceux qui avaient étudié six ans en Théologie, étaient admis à donner des cours, d'où ils étaient nommés baccalarii cursore : comme il y avait deux cours, le premier pour expliquer la bible pendant trois années consécutives; le second, pour expliquer le maître des sentences (Pierre Lombard) pendant une année; ceux qui faisaient leur cours de la bible étaient appelés baccalarii biblici; ceux qui étaient arrivés aux Livres de sentences, baccalarii sententiarii. Ceux enfin qui avaient achevé l'un et l'autre étaient qualifiés baccalarii formati ou bacheliers formés."
"La licence en théologie s'ouvre de deux ans en deux ans, et est précédée de deux examens pour chaque candidat sur la seconde et la troisième partie de la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, l'Ecriture sainte, l'histoire ecclésiastique. Dans le cours de ces deux ans, chaque bachelier est obligé d'assister à toutes les thèses sous peine d'amende, d'y argumenter souvent, d'en soutenir trois, dont l'une se nomme mineure ordinaire: elle roule sur les sacrements, dure six heures. La seconde, qu'on appelle majeure ordinaire, dure dix heures; sa matière est la religion, l'écriture - sainte, l'église, les conciles, divers points de critique de l'histoire ecclésiastique. La troisième, qu'on nomme sorbonique, parce qu'on la soutient toujours en Sorbonne, traite des péchés, des vertus, des lois, de l'incarnation, de la grâce; elle dure depuis six heures du matin jusqu'à six du soir. Ceux qui ont soutenu ces trois actes et disputé aux thèses pendant ces deux années, pourvu qu'ils aient d'ailleurs les suffrages des docteurs préposés à l'examen de leurs mœurs et de leur capacité, sont licenciés, c'est-à-dire renvoyés du cours d'études, reçoivent la bénédiction apostolique du chancelier de l'église de Paris. "






















