05/0001 L'impasse la plus étroite de Paris
Au 4bis rue St Séverin, se trouve l'impasse la plus étroite de Paris. Sur le mur, on peut encore lire son ancien nom: "Cul de sac Sallembrière".
05/0002 Encore les révolutionnaires !
Sur la façade de l'église St Nicolas du Chardonnet (rue des Bernardins), il y a une plaque de marbre sur laquelle les mots "Comtesse" et "Roy" ont été effacés par les révolutionnaires.
05/0003 Un petit bout d'enceinte
Au 3 rue Clovis, on peut voir un petit bout de l'enceinte de Philippe Auguste. D'une épaisseur de 3 mètres environ, elle était hérissée de tours tous les 60 mètres.
05/0004 Attention danger !
Au 32 rue Lhomond, une barre de fer surmontée de crochets surplombe la rue. Elle servait de herse interdisant l'accès à un cimetière de pestiférés.
05/0005 D'où la rue Mouffetard tire t-elle son nom ?
C'était une ancienne voie gauloise, qui a gardé le même nom depuis le Moyen Age; les Romains en avaient fait la route de Lyon. Son nom vient des odeurs pestilentielles (mouffette en vieux français) dont elle était imprégnée. Par exemple, dès 1376, le Parlement ordonnait aux bouchers d'aller vider sur une friche de la Salpêtrière les intestins de leurs bêtes. Cette ordonnance, comme celles qui la suivirent, n'eut aucun effet sur les habitants du secteur, et ce coin romantique devint peu à peu un égout à ciel ouvert; Colbert lui-même en 1669, renouvela l'interdiction "Nul ne pourra jeter aucune ordure, immondice, chaux, noix vomique, coque du levant et autre drogue, à peine d'amende arbitraire". Au n°12, enseigne d'un marchand de chocolat du 18è siècle "Au nègre joyeux"; au n° 69, enseigne en bois sculpté "Au vieux chêne"; au n°122, enseigne d'un marchand de vin "A la bonne source"; au n°134, superbe façade années 20 d'une charcuterie, où les trumeaux du premier étage représentent des tableaux campagnards mettant en scène des parents et leurs enfants au milieu d'une végétation luxuriante et d'oiseaux sauvages. Aux deux niveaux supérieurs, tout un bestiaire (oiseaux, biche, sanglier, cochon, cerf...) évolue dans un entrelacement de feuillages et de figures géométriques rehaussé de carrés de mosaïques dorées.
05/0006 Ma chandelle est morte...
Au 5 rue de Bièvre, une inscription subsiste: "Fabrique de chandelles"; au n°1, un crochet en fer en forme de queue de cochon, qui servait à accrocher les chevaux.
05/0007 Un pont particulier
Le Petit Pont, au nom inchangé depuis 20 siècles, fut longtemps le seul pont reliant la Cité au quartier latin, jusqu'au 14è siècle. Il sera chargé de maisons de 1186 jusqu'à un incendie en 1718. L'actuel pont date de 1853.
05/0008 Où l'on retrouve la trace de Rabelais
Au 1, Place de la Contrescarpe, se trouve le cabaret de la Pomme de Pin, vanté par Rabelais, qui y avait ses habitudes.
05/0009 Un trésor dans un mur
Au 53 de la rue Mouffetard, une ancienne bâtisse fut démolie en 1936; un ouvrier donna un coup de pioche heureux, car il libéra des "médailles" enveloppées dans du papier. C'étaient en réalité des pièces d'or à l'effigie de Louis XV. On en dénombra pas moins de 3351, le tout pour une valeur de 16 millions d'anciens francs. Cette fortune avait appartenu à un certain Louis Nivelle, écuyer, conseiller et secrétaire du roi, disparu mystérieusement en 1757. Sur un chiffon, il indiquait léguer son bien à sa fille Anne-Louise Nivelle. Les ayants-droit furent retrouvés par l'Etat, à la suite de longues recherches généalogiques, et le trésor leur fut remis à part égale avec l'inventeur (le découvreur) et le ...Trésor Public !
05/0010 Une école Art Nouveau !
Au 250 rue St Jacques, l'école qui jouxte l'église St Jacques du Haut Pas fut élevée en 1904, dans le plus pur style Art Nouveau. Observez le contraste entre l'horizontalité du 1er étage et la verticalité des des trois autres étages.
05/0011 Une boulangerie qui a laissé des traces
La rue de la Huchette, qui tient son nom de l'enseigne d'une boulangerie, est ainsi appelée depuis plus de 800 ans!
05/0012 La plus vieille enseigne de Paris...
...se trouve au 42 rue Galande. Il s'agit d'un bas-relief du 14è siècle, représentant St Julien l'Hospitalier. On y voit un homme et une femme ramant dans une barque sur un fleuve. Un homme se tient debout au milieu de la barque. Le bas-relief illustre la légende de St Julien l'Hospitalier. Celui-ci, ayant accidentellement tué ses parents, décide de tout quitter; sa femme insiste pour le suivre. Arrivé au bord de la Seine, Julien décide de construire un hôpital dans ce lieu désert et se propose de faire passer le fleuve à tout pauvre.
Un jour, un lépreux se présente, qu'ils font passer de l'autre côté de la Seine, conformément à leur voeu. Arrivé sur l'autre berge, l'homme se dévoile: il s'agissait du Christ en personne, qui, après avoir éprouvé la solidité de ses convictions, pardonna Julien de son crime involontaire.
05/0013 Une rue...agitée
La rue du Fouarre tire son nom de la paille (fouarre en vieux français), sur laquelle s'asseyaient les escholiers de ce quartier estudiantin. En effet, les cours étaient très souvent dispensés en plein air au Moyen-Age. Mais la joyeuse agitation qui y régnait ne tarda pas à y attirer des ribaudes (comprenez: des prostituées) qui foisonnaient dans le quartier, et les cours devinrent rapidement, dès la nuit tombée, un vaste lupanar. Les désordres causés, et les plaintes du voisinage entraînèrent la fermeture de la rue le soir, qui était condamnée par des chaînes.
05/0014 Quand un magicien donne son nom à l'une des plus célèbres places de Paris
La place Maubert doit son nom à Maître Albert, qui, au 13è siècle, donnait ses cours de sciences naturelles devant un parterre d'auditeurs, que la place avait peine à contenir. Philosophe, kabbaliste et théologien dominicain, il prônait, à l'instar des alchimistes, l'expérience dans l'étude des sciences. Certains affirment qu'il aurait reçu de St Dominique le secret de la pierre philosophale... Dans son étonnant "Livre des Secrets", il recensa la liste des vertus des herbes et des pierres précieuses. Canonisé en 1933, patron des mineurs et des naturalistes, on lui doit la rédaction du Grand et du Petit Albert, livres cultes de recettes de magie noire et de sorcellerie.
05/0015 Des ermites célèbres
A l'emplacement actuel de la rue des Prêtres St Séverin, au 6è siècle, un ermite s'était établi: Séverin.
Son nom traversa les siècles et il fait figure de personnalité parisienne "incontournable", puisqu'il nous lègua une rue, et des églises. Il eut pour disciple un petit-fils de Clovis, Clodoald, qui, sera le futur...St Cloud !
05/0016 La plus petite église de Paris...
...est aussi la plus vieille. L'Eglise St Julien le Pauvre. Située dans le square Viviani, où l'on trouve également le plus vieil arbre de Paris (décidément !), un robinier planté en 1601, donc sous Henri IV. Elle faisait partie des six basiliques mérovingiennes mentionnées par Grégoire de Tours en 582, et c'était alors un hospice pour pélerins. Elle fut reconstruite par les bénédictins à partir de 1160. Elle a vu passer sous ses voûtes François Villon, Rabelais, Abélard, Dante, et St Thomas d'Aquin, qui y prêcha. Devenue entrepôt sous la Révolution, elle fut rendue au culte en 1826. Depuis 1889, elle est affectée au rite grec catholique. Probable qu'elle soit fréquentée par les nombreux restaurateurs grecs du quartier...
A propos, l'eau de son puits, daté du 6è siècle, est réputée miraculeuse. Avis aux amateurs...
05/0017 Un bien curieux marché
Sur la place Maubert, il y avait un marché...aux mégots ! Les clochards ramassaient les mégots à l'aide d'un crochet. Le reliquat de tabac, trié et séché, était porté au marché, où des industriels le rachetaient pour en faire des cigarettes vendues comme "cigarettes à la main".
05/0018 Laissons les morts tranquilles !
Au Panthéon, sont traditionnellement inhumés les Grands Hommes. Sauf que certains auraient sans doute souhaité ne pas s'y retrouver, du moins pas en si mauvaise compagnie. Par exemple, Voltaire et Rousseau, morts la même année, considérés comme pères de la Révolution, et qui se haïssaient farouchement.
De même, Victor Hugo et Emile Zola, qui ne s'aimaient pas plus, et qui y sont pourtant réunis pour l'éternité.
05/0019 Une charmante place, mais un bien triste souvenir...
La place de l'Estrapade, charmante petite place ombragée, était l'endroit où l'on appliquait, au 17è siècle, le supplice de l'estrapade aux soldats déserteurs. Hissé par une corde au sommet d'une haute potence, le condamné, un poids aux pieds et mains liées derrière le dos, était lâché au sol, autant de fois que nécessaire, jusqu'au décès du malheureux. Le supplice fut supprimé en 1776 par Louis XVI.
05/0020 Une rue qui se souvient de l'immigration
La rue des Irlandais rappelle le souvenir des étudiants catholiques irlandais venus étudier au séminaire fondé en 1769. ils ne pouvaient faire carrière chez eux, en raison des persécutions que les Anglais leur faisaient subir. L'entrée du collège, au n°5, est surmontée d'une harpe celtique, emblème de l'Irlande. Les étudiants irlandais venus étudier en France sont toujours accueillis en ces lieux.
05/0021 Jour de chance !
Face à la Sorbonne, rue des Ecoles, il y a une statue de Montaigne. Touchez son pied droit en disant "Salut Montaigne !", cela porte bonheur! (sans garantie).
05/0022 La tête baladeuse du cardinal
Le cardinal de Richelieu ft reconstruire, à ses frais, la Sorbonne, au début du 17è siècle. Il y sera inhumé. Mais les révolutionnaires ne l'entendaient pas de cette oreille, si j'ose m'exprimer ainsi. En 1793, ils profanèrent son tombeau, constatèrent que le corps était parfaitement conservé, et coupèrent sa tête momifiée. La Terreur passée, un des profanateurs, un dénommé Cheval, remit la relique à un prêtre, l'abbé Armez, qui officiait en Bretagne. Jusqu'en 1866, la tête du cardinal fut conservée chez ce prêtre et sa famille, et l'on décida à cette date d'organiser des funérailles officielles à la relique. En 1895, l'historien du cardinal, Mgr Hannoteaux, fit extraire la tête et la recouvrir de béton. Fin de l'histoire.
05/0023 Des larmes de crocodile
La fontaine Cuvier, au carrefour de la rue Geoffroy St Hilaire et de la rue Linné, est très particulière. Si vous regardez bien, vous y verrez un crocodile et une allégorie de la Science. Mais le sculpteur devait avoir des notions d'anatomie animale très limitées: le reptile tourne la tête dans un mouvement que la nature lui interdit totalement de réaliser. De quoi pleurer...des larmes de crocodile !
05/0024 Une carrière de pierres qui abrite un géant
Les arènes de Paris, rue des Arènes, sont le plus ancien monument de Paris. Elles datent du 2è siècle après JC. Les Lutéciens s'en servirent de carrière de pierres, en 285, pour construire une muraille autour de l'Ile de la Cité, afin de se protéger des invasions barbares. Il fallut attendre 1885, et l'intervention de Victor Hugo, pour que l'on déblaie l'endroit, recouvert d'une couche de 20 mètres de terre, accumulée au fil des siècles.
La restauration ne sera terminée qu'en 1918 ! On y découvrit le squelette d'un géant de...2m10 !
05/0025 La rue de la mort
La rue de la Montagne Ste Geneviève, était la route de Rome, depuis la plus haute antiquité. Au n°31, en 1909, on découvrit 69 cercueils mérovingiens. Au n°39, en 1896, meurt Paul Verlaine, dont le dernier poème s'intitulait: "Mort". Y'a d'la joie...
05/0026 Le quartier roumain
La rue Jean de Beauvais abrite la chapelle St Jean l'Evangéliste. St François-Xavier y enseigna, avec Ignace de Loyola, le fondateur de l'ordre des Jésuites. Cyrano de Bergerac y fit ses humanités, de 1630 à 1635.
La chapelle fut lieu de réunion sous la Révolution, caserne sous Louis-Philippe et faillit être rasée par les grands travaux d'Haussmann. Sauvée de justesse, elle fut rachetée par l'église Orthodoxe Roumaine en 1885. C'est la raison de la présence d'une plaque commémorant le souvenir du journaliste Jean Louis Calderon, tué à Bucarest pendant l'insurrection qui entraîna le renversement du régime communiste en 1989. Un peu plus bas, rue des Ecoles, vous trouverez une statue du poète Eminescu, par Ion Vlad.
La petite Roumanie, vous dis-je.
05/0027 Si les Grands Hommes avaient su...
Le Panthéon, monument récupéré par la République pour y abriter les dépouilles de ses Grands Hommes, a eu une histoire plutôt étrange. En fait, sa construction fut décidée par Louis XV, en 1744. Le souverain avait fait le voeu, s'il réchappait d'une maladie qui le touchait (à l'époque incurable), de construire sur l'emplacement de l'ancienne église Ste Geneviève, sainte patronne de Paris, un monument pour l'honorer.
Soufflot en dessina les plans, mais les travaux furent très longs et coûteux (par exemple, le sol était complètement miné, les potiers romains y avaient exploité à outrance des carrières d'argile, 1 600 ans plus tôt).
Le remblaiement fut ruineux et sans fin. Soufflot meurt en 1780, sans voir l'achèvement de son oeuvre.
Puis la Révolution éclate. Ste Geneviève disparaît du fronton, et le clocher est rasé. C'est décidé: l'église abritera désormais les gloires de la République, malgré les intermèdes impériaux de Napoléon Ier et Napoléon III, qui rétablirent l'église Ste Geneviève à sa destination première. Mais le symbole était trop fort...et usurpé.
05/0028 La rue des castors où vécurent des célébrités fort différentes
La rue de Bièvre (du latin bever qui signifie "castor", car ces animaux y pullulaient autrefois) fut habitée par François Mitterrand. Ce que l'on sait moins, c'est que Dante, l'illustre auteur italien de la Divine Comédie, y vécut également, à la fin du 13è siècle, ainsi que le "Casanova des taudis", Restif de la Bretonne, au 18è siècle. Ainsi nommée depuis 1224, la rue de Bièvre était un égoût à ciel ouvert au Moyen-Age. Lorsqu'elle fut recouverte en 1672, les riverains percèrent la canalisation en pierre pour pouvoir continuer à y jeter leurs détritus...
05/0029 Pour abandonner son bébé en toute discrétion
47 quai de la Tournelle se trouve le Musée de l'Assistance Publique. On y apprend tout sur l'histoire des hôpitaux parisiens. On peut aussi y contempler une véritable "tour d'abandon". C'était un guichet de bois, souvent attenant d'une église ou d'un couvent. La jeune mère qui, au 17è siècle, désirait abandonner son bébé à des mains charitables, tout en conservant son anonymat, déposait son petit "colis" dans le guichet, à la nuit tombée. Au petit matin, les religieuses ouvraient un autre panneau de bois donnant à l'intérieur de l'église ou du couvent, et le recueillaient pour l'élever. Son nom de famille lui était attribué en fonction du saint du jour où on l'avait trouvé. C'est pourquoi de nombreux patronymes sont en fait des prénoms. Parfois, ce n'était pas le saint du jour, mais la date qui servait de nom. Ainsi, il est plus que probable que Monseigneur Vingt-Trois, ou l'un de ses ascendants, a été trouvé "sous le porche d'une église", le vingt-troisième jour d'un mois.
05/0030 Il fallait bien se chauffer !
La rue de la Bûcherie existe depuis 1202. Elle rappelle qu'elle était le chemin d'accès aux vendeurs de bois qui déchargeaient leurs marchandises sur le quai. Ce bois de chauffage était coupé très en amont de Paris, et transitait par bateau jusqu'ici.
05/0031 Un mort qui ressuscite...très provisoirement
Au 12 rue St Séverin vécut l'Abbé Prévost, connu de tous les lycéens pour avoir écrit Manon Lescaut.
Il décéda en 1763; sa mort paraissant suspecte, on ordonna une autopsie. La légende raconte qu'au premier coup de scalpel, il se réveilla. Mais ce coup de scalpel s'avéra fatal et l'abbé mourut...pour de bon.
05/0032 Un illustre inconnu
Devant l'hôpital du Val de Grâce, traversée par la rue St Jacques, se trouve la petite place Louis-Alphonse Laveran. Bon, mais qui est ce type ?
Eh bien, figurez vous qu'il s'agit tout simplement du premier...Prix Nobel Français de médecine ! Pionnier de la médecine tropicale, connu pour avoir découvert, en 1880, le parasite protozoaire responsable du paludisme. Pour la première fois était mis en évidence que les protozoaires pouvaient être la cause de maladies. En 1907, il reçoit le prix Nobel de physiologie ou de médecine pour ses travaux et pour la découverte des maladies causées par des protozoaires. Excusez du peu...
05/0033 Un parc miniature
N'hésitez pas à franchir le porche d'une petite galerie marchande située au 20/22 rue Geoffroy St Hilaire.
Vous y découvrirez, niché au milieu d'immeubles modernes, un charmant petit parc pentu. Un séquoia majestueux y trône, ainsi qu'un kiosque à musique, et un bassin rempli d'eau en perpétuel mouvement.
Les pigeons et les moineaux connaisseurs viennent s'y abreuver; quant à vous, profitez de cet endroit privilégié...
05/0034 Police ! Vos papiers !
S'il faut que vous pénétriez, une seule fois dans votre vie, dans un commissariat de police, au moins faites que ce soit pour la bonne cause. Dans l'Hôtel de Police du 5è arrondissement, rue des Carmes, se trouve le Musée...de la Police ! Vous y trouverez des pièces uniques, dont la main-courante qui enregistra l'assassinat du bon roi Henri IV par Ravaillac, en 1610. Landru, le docteur Petiot, Bonnot et d'autres assassins et criminels célèbres y sont également évoqués, et je vous laisse le soin de découvrir cet endroit passionnant et étonnant à plus d'un titre.
Ah, j'oubliais un petit détail! L'entrée y est gratuite. Il vous suffit de montrer patte blanche au factionnaire.
05/0035 Un petit plaisantin
Dans la rue du Pot de Fer se trouvait, au 18è siècle, un cimetière rendu célèbre par les pélerinages "miraculeux" aux tombeaux du diacre Pâris et du janséniste Pierre Nicole. Il fut fermé en 1732 en raison des troubles occasionnés par les convulsionnaires. Un plaisantin écrivit sur la porte: "de par le Roi, défense à Dieu de faire miracle en ce lieu". C'est aujourd'hui un square...
05/0036 Quand les soldats n'étaient pas à la caserne...
...ils étaient logés chez l'habitant, comme c'était très souvent le cas jusqu'au 18è siècle. Au 7/11 rue Tournefort subsiste justement une caserne, édifiée en 1775 pour mettre fin à cette pratique pas très... pratique.
05/0037 Boire ou apprendre, il faut choisir
La Faculté des Sciences de Jussieu (Paris VI et Paris VII) est installée, tout comme l'Institut du Monde Arabe, sur les terrains d'une ancienne halle aux vins. Dès le 17è siècle, on trouvait à cet endroit un entrepôt de vin, remplacé par une halle en 1812, agrandie en 1868. Concurrencée de plus en plus par les entrepôts de Bercy, elle fit place aux (affreux) bâtiments actuels, construits en 1958.
05/0038 Quand le cardo est bien le coeur
Tous les médecins le savent, cardo signifie "coeur" en latin. Eh bien, le cardo de Lutèce était effectivement situé au coeur de la cité antique. C'était l'axe nord-sud qui divisait la ville en deux parties égales. On le situe au niveau de la rue St Jacques. Vous pourrez encore en admirer les dalles en bordure du boulevard St Michel, devant les Thermes de Cluny.
05/0039 Les potaches célèbres d'Henri IV
Le lycée Henri IV, 23 rue Clovis, est particulièrement réputé pour avoir accueilli et formé des dizaines de célébrités, voire de génies. Jugez plutôt: Bergson, Ampère, Jean Guéhenno, Georges Pompidou, Victor Duruy et le philosophe Alain y enseignèrent, et parmi les élèves les plus illustres, citons dans le désordre Jean-Paul Sartre, Paul Nizan, Michel Foucault, Jean Mistler, Jean d'Ormesson, Maurice Schumann, Alfred de Musset, Eugène Scribe, Victorien Sardou (le père de Michel), Prosper Mérimée, Alfred Jarry, Pierre Loti, Marcellin Berthelot, Pierre Puvis de Chavannes, Eugène Viollet-le-Duc, et Ferdinand de Lesseps. Tant de grands hommes, dans des domaines si différents, témoignent sans conteste d'un enseignement de qualité, apte à développer les qualités naturelles des élèves. Bref, un bénéfice pour la collectivité.
La Tour des Faucons, dite aussi Tour Clovis, qui domine les bâtiments du lycée Henri IV, recèle une émouvante histoire: entre 1470 et 1480, le réformateur du collège de Montaigu, Jean Standonck, était marmiton à Ste Geneviève pour y payer ses études. Il montait en haut de la tour pour s'y isoler, afin d'y travailler (au clair de lune), son doctorat en théologie.
05/0040 Un collège ressuscité
Pour perfectionner l'instruction religieuse des moines de sa communauté, Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux, fonde en 1246 un collège, bientôt appelé Collège des Bernardins (18-24 rue de Poissy). A partir de 1320, date à laquelle il devint le siège du séminaire général de l'Ordre des Cisterciens, le collège connaît un immense prestige. Vendu à la Révolution, le collège des Bernardins est mutilé, son église détruite.
De 1844 à 1993, ses locaux sont occupés par une caserne de pompiers. Eh oui, c'est comme ça, en France...
Une restauration récente du réfectoire restitue la splendeur de la plus grande salle gothique de Paris (17m par 13,50 m).
05/0041 Une façade à tiroirs
L'église St Etienne du Mont, place Ste Geneviève, présente la particularité d'avoir été construite de 1492 à 1626. Son choeur et son clocher sont du plus pur style gothique flamboyant, tandis que la façade, dont la reine Margot posa la première pierre en 1610, est d'un style Renaissance très esthétique. Composée de trois frontons superposés et en retrait l'un sur l'autre, elle était ironiquement qualifiée par Viollet le Duc, qui détestait ce style, "de cabinet à tiroirs". Des goûts et des couleurs...A vous de juger.
05/0042 Un vieux campeur bien sympathique
En 1941, Roger de Rothais, responsable du rayon camping de la Samaritaine, ouvre le magasin Au Vieux Campeur, 48 rue des Ecoles. En 1946, il lance son premier catalogue de vente par correspondance.
Le Vieux campeur, bien connu des Parisiens, occupe une place toute particulière dans le coeur des amoureux de la nature et de la randonnée. Ses professionnels aux conseils éclairés sont l'un des atouts de cette vénérable institution.
05/0043 La reine perquisitionnée
L'Abbaye du Val de Grâce (actuellement Hôpital d'instruction des armées), 277 bis rue St Jacques, fut choisie en 1616 par la jeune Anne d'Autriche, future épouse de Louis XIII, comme lieu de résidence. Très pieuse, elle s'y retira en attendant que le roi veuille bien s'occuper d'elle... A cette époque, le royaume est en guerre contre l'Espagne (patrie de la reine), et la Hollande. Soupçonnée (à juste titre) par Richelieu d'entretenir une correspondance clandestine avec son frère, le roi Philippe IV d'Espagne, par l'intermédiaire de ses favorites et de son portemanteau (le valet de chambre), Laporte, elle avoua sa trahison et fut condamnée par Louis XIII à...ne plus retourner au Val de Grâce. Grandeur d'âme ou inconscience ?
05/0044 Le premier bar à bière de Paris
Bon, d'accord, ce n'est pas essentiel. Mais cela fait aussi partie de la petite histoire de Paris. L'Académie de la bière, 88 bis boulevard de port-Royal, s'enorgueillit d'être le premier bar à bière de Paris. Créé dans les années 70, il a pour spécialité la Trappiste de Rochefort, appelée "Bonnet de nuit" car les vrais amateurs la boivent en clôture, après toutes les autres.
05/0045 La Tour d'Argent
Le célèbre restaurant, peut-être le plus réputé de Paris, est installé 15-17 quai de la Tournelle. C'était, au 16è siècle, une modeste auberge où Henri III venait souvent ses restaurer. Elle devint dès lors rapidement à la mode, et son propriétaire la baptisa "La Tour d'Argent" en raison de la proximité du château de la Tournelle, dont les tours étaient recouvertes de mica. La spécialité du restaurant est le canard. Depuis 1952, chaque trimestre verra naître une nouvelle recette de canard. C'est là qu'est né le fameux canard au sang.
05/0046 Une girafe qui rapporte
Le 23 octobre 1826 débarque à Marseille la première girafe jamais vue en France. Cadeau du pacha d'Egypte à Charles X, le Museum d'Histoire Naturelle envoie l'un de ses plus éminents professeurs, Geoffroy St Hilaire, pour la ramener à Paris. La "fille d'Afrique", fait le voyage à pattes, accompagnée d'une antilope et de vaches qui lui fournissent son lait quotidien. A son arrivée, en juin 1827, elle rend au roi une visite protocolaire. On l'installa au Jardin des Plantes, où elle vécut paisiblement jusqu'en 1845.
L'année 1827 fut donc "l'année de la girafe": elle reçut six cent mille visiteurs en 6 mois et inspira une foule d'objets, d'accessoires de mode, de papiers peints, d'estampes et de chansons. Il y eut même une coiffure "à la girafe"!
Comme quoi le marketing n'est pas né d'hier...
Mais le Museum profita, lui aussi, de cette manne financière: l'engouement pour la girafe lui permit de remplacer la serre en maçonnerie du 18ème siècle par deux serres (serre australienne et serre mexicaine) qui firent date dans l'architecture française. En effet, pour la première fois, on utilisa (dès 1836), le fer et le verre pour construire un bâtiment important, et pour l'ossature, un tout nouveau matériau: la fonte de fer. Merci la girafe!
05/0047 La poule aux oeufs d'or
"La République n'a pas besoin de savants!" avait dit un révolutionnaire, avant d'envoyer Lavoisier sur l'échafaud. Imbecillité dûe à l'aveuglement idéologique, il fallut bien se rendre à l'évidence. Après avoir décapité son élite intellectuelle et scientifique, la République, la Terreur digérée, décida en 1794 de créer une Ecole Centrale des Travaux Publics, devenue Ecole Polytechnique en 1795. Le besoin de cadres de haut niveau était en effet urgent, puisque ceux qui n'avaient pas été massacrés pendant la tourmente avaient émigré vers des pays plus accueillants. L'école est alors civile, et les élèves sont logés chez l'habitant. Transférée 5 rue Descartes par Napoléon 1er, qui en fit une institution militaire pour former les officiers de la Grande Armée, elle lui fut fidèle jusqu'à la fin. En 1814, à quelques jours de son abdication, l'Empereur dut refuser l'aide que lui proposaient les élèves, en prononçant ces mots: "Je ne veux pas tuer ma poule aux oeufs d'or!"
05/0048 Apprendre à enseigner
Si je vous dis: "Ecole pour former la jeunesse savante et philosophe à l'art d'enseigner les connaissances humaines, et répandre de manière uniforme dans toute la République l'instruction nécessaire à des citoyens français." Ouf ! Ca ne vous dit rien ? On peut déjà en conclure qu'elle fut créée sous la République, pour former des enseignants, non ? Bon, je vous aide. Elle fut créée par la Convention, en 1794, à l'instigation de Lakanal. Elle fut réformée par Napoléon 1er (décidément!), faillit être supprimée par les ultra-royalistes en 1822, puis réorganisée par la Monarchie de juillet. En 1843, elle prit son nom définitif. C'est...l'Ecole Normale Supérieure, 47 rue d'Ulm.
05/0049 A mort les déesses !
Le 3 janvier 1857, l'archevêque de Paris, Monseigneur Sibour, est assassiné par un jeune homme tout de noir vêtu, au cri de "Pas de déesses ! A bas les déesses !". Ce crime a lieu dans l'église Saint Etienne du Mont devant tous les paroissiens assistant à la cérémonie donnée en l'honneur de Ste Geneviève, sainte patronne de Paris. Et, incroyable, c'est un prêtre, Jean-Louis Verger, qui a porté le coup mortel.
D'un caractère détestable, cet homme de foi accumulera les rancoeurs et une haine viscérale contre l'Eglise, ce qui expliquera son geste.
En ces temps de justice expéditive, après un procès très rapide, je ne vous surprendrai pas en vous révélant qu'il fut décapité le 30 janvier de la même année !
Il demandera pardon à Dieu, obtiendra l'absolution, et trouvera encore la force de crier "Vive Jésus-Christ !" avant de monter sur l'échafaud.
05/0050 Ici, on pense et on passe
A l'entrée du cimetière de l'église St Séverin, on pouvait lire: "Passant, penses-tu pas passer par ce passage où, pensant, j'ai passé ? Si tu n'y penses pas, passant, tu n'es pas sage, car en n'y pensant pas, tu te verras passé". C'est dans le chantier Saint Séverin, transformé en cette occasion en amphithéâtre, que fut pratiquée, avec l'autorisation de Louis XI, la première opération de le maladie de la pierre, sur un condamné à mort. Elle réussit, le patient fut grâcié, et il passa...
05/0051 Au théâtre ce soir…demandez le programme d’il y a deux mille ans !
Les Arènes de Lutèce, vous les connaissez. Vous savez aussi que c’est le dernier vestige romain de la capitale, avec les thermes de Cluny.
En fait, elles étaient encore visibles sous Philippe-Auguste.
De leurs gradins bien situés, les regards découvraient les coteaux de Belleville, et leurs vignobles. Cirque et théâtre tout à la fois, les Arènes étaient abritées par un velum des rayons trop ardents du soleil.
Eh bien figurez-vous qu’elles nous ont aussi transmis à travers les siècles le nom des premiers Parisiens que nous connaissons avec certitude. En effet, à l’époque, on n’y louait pas les places pour les représentations, on en était propriétaire.
Et c’est ainsi que le nom de certains d’entre eux est encore visible, gravé dans la pierre.
Terricus, Marcellus, Verus, qui paraissent d’origine romaine, et Solimarus, Serdus, Lugiola, aux racines beaucoup plus gauloises.
05/0052 Geneviève, sainte et martyre
Geneviève, gardienne de moutons sur les pentes du Mont Valérien, était native du village de Nanterre. Mais lorsque les hordes d’Attila, en 451, parvinrent aux portes de Paris après avoir dévasté l’Europe centrale, elle fut inspirée d’une foi divine qui la poussa à exhorter les Parisiens à résister à l’envahisseur.
De fait, les Huns, impressionnés par cette farouche volonté de résistance et le charisme qui émanait de cette toute jeune fille, épargna Paris. Il sera bientôt écrasé à la bataille des Champs Catalauniques, près de Châlons, par les armées coalisées de Mérovée, de Théodoric, et du Romain Aetius.
Ce miracle lui valut d’être désignée sainte patronne de Paris, et Clovis, roi des Francs fut converti à la foi chrétienne grâce à Geneviève et à sa femme, le reine Clotilde.
Lorsque Geneviève rendit l’âme, en 512, Clotilde la fit enterrer au sommet de ce qui devint la montagne Sainte Geneviève.
La Révolution qui ne pouvait supporter un tel symbole chrétien en plein cœur de la capitale, se chargea de dépecer et de brûler la châsse qui contenait ses restes, en place de Grève.
05/0053 La cathédrale invisible
Notre-Dame des Champs fut la première cathédrale de Paris, celle où officiait Denis. Si, vous connaissez Denis ! C'est le martyr, devenu saint, et dont une rue, une impasse, une porte, une station de métro et une ville portent son nom. Dans les anecdotes du 18è arrondissement, vous trouverez l'histoire de son supplice, qui donna son nom à Montmartre (mons martyrum). Mais revenons à nos moutons. Cette cathédrale donc, a disparu de la surface de Paris. De la surface oui, mais pas des entrailles de la terre... On en trouve encore la trace au 14 bis rue Pierre Nicole. Dans les parkings souterrains d'un immeuble récent et sans âme, une nef , bien cachée, perpétue cet extraordinaire souvenir. La statue de St Denis y trône d'ailleurs sur un autel. Quant au corps du saint, il repose tout naturellement à la basilique St Denis, dans la ville de...St Denis !
Mais St Denis, c'est aussi un saint en morceaux. Il a déjà perdu la tête, si l'on se fie à la légende, et aussi un bras. Figurez-vous que le roi Clovis II (un descendant du grand Clovis, premier roi de France baptisé), un jour d'angoisse métaphysique du 7è siècle, fit ouvrir le tombeau du saint et d'un coup d'épée, lui trancha un bras. Pourquoi ? Eh bien, il souhaitait tout simplement conserver avec lui une relique capable de le protéger des tentations diaboliques. Rassurez-vous, le bras du martyr lui sera rendu après la mort de Clovis II.
05/0054 Le caveau des suppliciés
Au 52 rue Galande, au sous-sol, on peut encore visiter le Caveau des Oubliettes. On y lit des graffitis émouvants de condamnés suppliciés à cet endroit dès le Moyen-Äge. C'étaient les cellules et les culs de basse fosse du Petit Châtelet, sinistre prison, située à l'emplacement du Petit Pont actuel. On peut aussi y voir une authentique guillotinne datant de 1793. Quant aux caveaux, je les ai visités, c'est sinistre et glacial!
05/0055 La tête du Cardinal
En 1622, le Cardinal de Richelieu devient proviseur du collège de la Sorbonne et comme il prévoit dès le début d’intégrer son futur mausolée à la chapelle, celle-ci fait l’objet d’une grande attention. Mais avec l’ascension rapide de Richelieu pendant ces mêmes années, c’est seulement en 1635 qu'il viendra poser la première pierre de la chapelle.
Elle ne sera achevée que l’année de la mort du cardinal, en 1642, et ses funérailles se dérouleront dans un décor de travaux. Paix à son âme ? Pas tout à fait.
Lors de la Révolution, le bâtiment est saccagé : le souvenir de la politique fiscale de Richelieu est si fort que la population parisienne se rue à la Sorbonne pour se venger de lui. Le tombeau du cardinal est attaqué, le nez en est brisé et son corps, sorti de la crypte, est démembré. Seule sa tête sera préservée en deux parties mais un commerçant parisien appelé Cheval, épicier de la rue de la Harpe, l’emporte chez lui, comme souvenir de l’événement…
S’est-il plus tard repenti de son geste ? Toujours est-il que, la Terreur finie, et craignant probablement des représailles, Cheval offrit avec insistance la relique à un abbé qui l’emmena en Bretagne où elle y sera conservée pendant 70 ans !
C’est seulement en 1866 que la tête de Richelieu fit son retour à la Sorbonne. Des obsèques officielles eurent lieu et la tête fut replacée sous une chape de béton, afin de ne plus être profanée : le cardinal pouvait désormais reposer en paix…
05/0056 Le choix du ministre
Le Collège de France offre la possibilité unique de de suivre des cours dispensés par les esprits les plus brillants de notre temps, et dans toutes les disciplines. Il n'est pas rare d'avoir un Prix Nobel pour professeur (Pierre-Gilles de Gennes en son temps par exemple), excusez du peu... Fondé en 1611 par Louis XIII, le Collège de France possède la particularité d'échapper à la tutelle de l'Université. C'est le ministre de l'Education en personne qui nomme les professeurs, choisis davantage pour leurs recherches novatrices que pour leur parcours universitaire brillant.
05/0057 Saint par hasard
La rue Xavier Privas porte le nom d'un chansonnier célèbre au 19è siècle. Elle donne sur le quai St Michel, entre le pont St Michel et le Petit Pont. En 1219, en plein Moyen-Âge, elle s'appelait rue ...Sac à Lie ! Ce qui laisse deviner l'origine de son nom... Mais, les siècles passant, et la transmission orale du nom des rues aidant, elle devint au 17è siècle...la rue Zacharie ! Pauvre prophète biblique, arrivé là par hasard et remplacé pâr un vulgaire chansonnier !
05/0058 Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera
Cette phrase prémonitoire de Napoléon 1er, le Paris médiéval était bien loin de l'maginer. Et pourtant... La rue de la Parcheminerie, qui s'appelait rue des Escrivains en 1273, était le lieu où les étudiants s'approvisionnaient en parchemins, comme il se doit. jusqu'à ce qu'ils remplacent le parchemin par le papier, arrivé de ... Chine !
05/0059 La sainte infernale
La rue le Goff s'appelait auparavant...rue Ste Catherine d'Enfer ! Rien à voir cependant avec Satan. Enfer provenant de "via inferior"... soit "rue d'en bas".
05/0060 Sortez accompagné
Au 18è siècle, on créa, rue de l'Estrapade, le Bureau Central des Falots. Il s'agissait d'un service municipal, dont la mission était de raccompagner chez eux les habitants sortis nuitamment. Il faut dire que les rues de Paris étaient alors de véritables coupe-gorges, surtout la nuit.
05/0061 On n'est jamais si bien servi que par soi-même
Dans le Jardin des Plantes, on trouve" la Gloriette de Buffon", sorte de petit édifice en métal, construit en 1787. C'est l'un des plus anciens édifices en fer du monde, précédant de plus de 60 ans les oeuvres de Baltard, célèbres pour les Halles de Paris. Ah oui, petit détail: la structure provient des forges de Montbard. Et ces forges appartenaient à ... Buffon. CQFD.
05/0062 La rue cachée
Derrière le nom de la rue Edouard Quenu, chirurgien membre de l'Académie de Médecine et de l'Institut au début du 20è siècle, se cache une appellation bien plus poétique, bien que restant vaguement dans le domaine scientifique. En effet, cette voie s'appelait en 1182 rue de Lourcine ou rue de l'Oursine. Rien à voir avec une mammifère plantigrade, ou la femelle de l'oursin. Mais tout à voir avec le latin "locus cinerum", lieu des cendres, en souvenir de la nécropole primitive. C'était le début du vieux chemin du bourg de St Médard au bourg de Gentilly, qui au départ longeait les propriétés riveraines de la Bièvre, alors à ciel ouvert.
05/0063 Mais bon sang, ils sont sourds ?
Jusqu'en 1965, la station de métro Censier-Daubenton s'appelait Censier-Daubenton-Halles aux cuirs. Mais ce n'est pas ce qui nous préoccupe. La rue Censier remplaçait un petit cul-de-sac donnant sur la rue Mouffetard. Il était donc sans chef (sans tête, sans début, puisque cul-de-sac). Au fil du temps, l'appellation du lieu fut déformée en Sancier, puis Censier.
05/0064 La librairie diabolique
La célèbre (dans les milieux ésotériques) librairie du Docteur Parangon se trouve dans le passage du Clos Bruneau, qui communique avec la rue des Carmes et celle des Ecoles. En plus de son jardin des Hespérides, on raconte qu'elle se trouve au-dessus de l'entrée du labyrinthe de Daath, un lieu maudit qui donne sur une Anti-Terre... Brrr!
05/0065 Des chèvres à l'étage
Derrière le Collège de France, dans la rue d'Ecosse, vivait vers 1850... un berger! Mais voici son histoire. Jacques Simon, né à Bourganeuf (Creuse), avait déjà des jumeaux quand sa femme donna naissance à 3 garçons. L'Assistance Publique, apitoyée, lui fit alors don de deux chèvres (eh oui!). Huit jours plus tard, la mère et les triplés moururent, et Jacques Simon se retrouva veuf avec deux jumeaux à élever...sans oublier ses chèvres. Comme les femmes du quartier venaient régulièrement lui acheter du lait, il eut l'idée de se procurer d'autres caprins. Il se fit alors le spécialiste du lait de chèvre, spécialement pour les enfants et les malades. Tant et si bien qu'il eut bientôt un troupeau de 52 chèvres...dans son appartement, au 5ème étage, dans la rue d'Ecosse! Chaque bête avait droit à un box individuel et recevait une nourriture spéciale: carottes, foin ioduré, foin avec des herbes de menthe..., selon les malades auxquels son lait était destiné. Chaque jour, Simon allait faire paître quelques-unes de ses bêtes dans les riches pâturages de Belleville, du côté des Buttes-Chaumont.
05/0066 L'astrologue de Bonaparte
Comme tous les grands hommes qui croient en leur destinée, leur "bonne étoile", Bonaparte consultait régulièrement un astrologue. C'était un vieux bonhomme aux yeux étranges, qui habitait sur la Montagne Ste Geneviève, au 13 rue de l'Estrapade. Après sa disgrâce, c'est à dire le 9 Thermidor, Bonaparte vint le consulter. L'astrologue, un dénommé Guyon, fit alors preuve de dons de voyance extraordinaires. Qu'on le croie ou non, il lui annonça, dans l'ordre: la campagne de Russie, l'exil sur une petite île, son évasion, puis un nouvel exil et sa mort, dans une autre île, plus lointaine encore. Mais encore l'île d'Elbe, le retour de l'île d'Elbe, et Ste Hélène, cela ne vous dit rien ? En tout cas, moi, j'en reste pantois.
05/0067 Crapauds à vendre
Vous serez sans doute d'accord avec moi, les crapauds ne courent pas les rues à Paris. Et pourtant, il y a un siècle encore, les chasseurs de batraciens se ruaient du côté de la rue Geoffroy St Hilaire. Chaque semaine, un marché se tenait sur un terrain vague. Lorsqu'il avait plu les jours précédents, le marché était fort animé, et la marchandise très abondante. Les premiers clients de ce marchés étaient les maraîchers anglais, qui demandaient aux crapauds de les débarrasser des mouches, limaces et autres bestioles néfastes pour l'agriculture. Ils furent bientôt suivis par les jardiniers parisiens et des environs, qui protégèrent ainsi leurs poireaux et leurs salades. Quelques britanniques adoptèrent des crapauds français en tant qu'animaux domestiques, et les diseuses de bonne aventure et les tireuses de cartes s'y intéressèrent aussi. En 1877, le cent de crapauds valait jusqu'à 75 francs à Paris, et 90 francs à Londres. Aujourd'hui, le marché aux crapauds a disparu. Quel dommage !
05/0068 La meilleure des protections
Les deux grands vantaux de bois du portail de l’église St Séverin étaient autrefois recouverts de …fers à cheval, cloués à même le bois ! Pourquoi ce rite étrange ? Il s’agissait des fers des montures que les voyageurs venaient déposer là, après avoir remercié St Martin d’avoir veillé sur eux, pendant leurs pérégrinations. Car c’est sur l’emplacement d’un oratoire dédié à St Martin, patron des voyageurs, que fut édifiée l’église St Séverin, en l’honneur de Séverin le Solitaire, le précepteur du petit-fils de Clovis. Donc, certains voyageurs revenus sains et saufs de leur voyage clouaient des fers à cheval, et ceux qui partaient allaient faire rougir au feu la clef de la chapelle St Martin, dans l’église, pour marquer au fer rouge la croupe de leur monture, comme une protection sacrée.
05/0069 Un lancer de hache fondateur
L’église St Etienne du Mont aurait, selon la légende, doit sa longueur à un lancer de hache effectué par Clovis. Le vainqueur des Wisigoths , après avoir fait mordre la poussière à Alaric II, près de Poitiers, décida de fonder une basilique placée sous l’invocation des apôtres Pierre et Paul. Arrivé sur le point culminant de la capitale d’alors, au milieu des vignes, le roi catholique propulsa sa hache devant lui, à quelque soixante-quinze mètres. Il fallut néanmoins attendre 1626 pour que l’église fût consacrée par l’archevêque de Paris. Ce jour-là, deux petites filles tombèrent d’une galerie du chœur. Elles se relevèrent saines et sauves. Hasard ?
05/0070 Ouf !
Le cimetière de l'église St Séverin fut le théâtre, en 1474, d'une grande première chirurgicale. On y pratiqua ce que l'on appelait alors l'opération de la "taille", c'est à dire une incision de la vessie pour en extraire un calcul, que l'on connaît de nos jours sous le nom poétique de cystotomie.
Comme on ne savait pas, à l'époque, comment pratiquer cet acte, les chirurgiens demandèrent à Louis XI l'autorisation de faire un essai sur un sujet...vivant ! Le choix se porta sur un archer, condamné à mort et malade de la pierre. Il fut convenu que, si l'opération réussissait, l'archer aurait la vie sauve.
Les galeries du charnier de St Séverin furent choisies pour pratiquer cette opération car elles étaient couvertes, spacieuses et de plus, proches de la fosse commune. On n'est jamais trop prévoyant...
Epilogue: l'opération réussit, l'archer fut gracié, et toucha même une petite somme d'argent. Ouf, vous dis-je !
05/0071 La vengeance du teinturier
La rue des Irlandais s'appelait rue du Cheval Vert jusqu'en 1807. Et ceci pour une raison étonnante. Il était une fois un maître-teinturier, qui, vers 1600, voulut se venger d'un cocher malhonnête. Et quelle plus belle vengeance pour un teinturier que de teindre l'outil de travail de son ennemi? C'est ce que fit notre homme. S'introduisant nuitamment dans l'écurie du cocher, il teignit le cheval blanc en...vert pomme pas mûre ! Mais l'histoire ne s'arrêta pas là. Le lendemain, au moment d'atteler sa bête, le cocher fut effrayé par cette teinte diabolique. Il s'enfuit en hurlant, croyant à une intervention satanique. Le cheval, effrayé à son tour par ses cris, rompit ses liens et s'enfuit. Comme il connaissait le chemin par coeur, il se dirigea tout naturellement vers l'auberge du Port-Salut, où son maître avait ses habitudes. Il y but les copieuses écuelles de vin sucré, destinées à son maître. En titubant, l'animal se livra alors à diverses facéties dans le quartier. De courageux moines attrapèrent le cheval et l'aspergèrent d'eau bénite. Mais le teinturier n'en avait pas fini de sa vengeance. Le lendemain, le cheval était habillé en coccinelle. Rouge à pois noirs. On finit par libérer le cheval, qui s'évada dans les rues de Paris dans ce curieux accoutrement. On ne le vit plus dans la capitale. Mais depuis quatre siècles, sur la montagne Ste Geneviève, on dit que, les soirs de brume, on aprçoit la silhouette d'un cheval errant dans les rues. Un cheval d'une drôle de couleur...
05/0072 Une première dans le métro
La station de métro Censier-Daubenton est une curiosité. Non seulement Louis Jean-Marie Daubenton fut le défenseur du Cabinet des Curiosités du roi Louis XVI, mais elle est la première au monde... à être éclairée par des diodes ! Inaugurée en 1930, elle s'appelait initialement Censier-Daubenton/Halle aux cuirs. En raison des nombreux tanneurs qui étaient installés rue de Bièvre, toute proche, et tout au long de son cours. Pour la petite histoire, c'était un scientifique qui dirigea le premier, le tout nouveau Muséum National d'Histoire Naturelle. Il mourut ...le 31 décembre 1799, sans avoir connu l'année 1800!
05/0073 Essai gratuit
Lorsque vous achetez un véhicule, on vous propose l'essai gratuit. Eh bien, le marketing moderne n'avait rien inventé. Pour preuve, la rue de l'Essai. Dans le quartier, il y eut pendant des siècles un florissant marché aux chevaux. Les maquignons qu'y s'y pressaient pour conclure les affaires venaient y essayer les chevaux avant de les acheter. CQFD.
05/0074 Le soleil de Salvador
Au 27 rue St Jacques, regardez bien la façade. Vous y verrez un cadran solaire. Oui...mais pas n'importe quel cadran solaire ! Il s'agit d'une sculpture de Dali, réalisée pour des amis Qui tenaient boutique à cet endroit. L'oeuvre représente un visage de femme. Sa coiffure rappelle une coquille St jacques. Et le tout fut inauguré par la fanfare des Beaux-Arts. Du Dali, quoi...
05/0075 Au pied de la lettre
En 1967, l'architecte Paul Chemetov obtint l'autorisation des services de l'Urbanisme de la mairie de surélever un superbe immeuble Haussmanien, 12 rue de l'Epée de Bois. Jusque'là, rien d'extraordinaire. Le cahier des charges était d'ailleurs très clair, du moins le pensait-on. Il s'agissait simplement de respevter les conditions suivantes;: " une façade en pierre, des fenêtres en hauteur, et un toit à la Mansart." Mais voilà, rendez-vous sur place et le choc sera terrible: un HLM des années 60, cubique, sans âme, avec des meurtrières en guise de fenêtres, au-dessus d'un immeuble haussmanien. Mais comme notre architecte avait respecté à la lettre le cahier des charges, la mairie ne put rien faire, et cette horreur sans nom perdure et défigure la rue. Il vaut parfois mieux en rire pour ne pas avoir à en pleurer.
05/0076 La table de Plaisanterie
Lorsque vous entrez dans le jardin des Plantes, par le 18 rue Buffon, prenez l'allée à droite, et continuez jusqu'au bout. Vous y trouverez une drôle de table. Circulaire et incroyablement lourde, en forme de meule, elle fut trouvée en forêt de Chantilly. cela se passait en 1885, et c'est Plaisanterie, une jument, qui la découvrit. Elle s'arrêta brusquement, en fixant le sol, et grattant le sol avec ses sabots. On fouilla donc le sol, et, à deux mètres de profondeur, on dérerra la table. Mais voilà... A quoi pouvait-elle bien servir? Etait-ce une table qui servait au partage du gibier lors des chasses à courre? Provient-elle du château de Beaularris, rasé pendant la guerre de Cent Ans? On ne sait pas. Mais ce qui surprend, en-dehors de son origine, c'est sa sonorité. Frappez la du doigt, et écoutez...
05/0077 La légende de la rue du Chat qui pêche
Au 15ème siècle, un chanoine nommé Dom Perlet, se livrait à l’alchimie, en compagnie d’un chat noir très adroit, qui arrivait à extraire d’un coup de patte les poissons de la Seine.
Persuadés qu’il s’agissait d’une affaire diabolique, trois étudiants tuèrent le chat et le jetèrent dans la Seine.
Ils croyaient que le chat et l’alchimiste ne faisaient qu’un et que c’était le diable réincarné. Le chat mort, le chanoine-alchimiste disparut…pour réapparaître un peu plus tard. Il était parti en voyage.
Quant au chat, il pêchait de nouveau paisiblement au bord de l’eau…











