07/0001 D'une rive à l'autre
La rue du Bac trouve l'origine de son nom dans le bac payant, qui existait jusqu'au 16è siècle, et qui reliait le Louvre au Boulevard St Germain.
07/0002 Des fleurs effacées
Dans la cour d'honneur de l'Ecole Militaire, sur le fronton du bâtiment de gauche, on voit nettement sur l'écusson encadré de deux angelots, que les trois fleurs de lys, symboles du pouvoir royal, ont été grattées par les révolutionnaires de 1789.
07/0003 Des souvenirs allemands
Au 231 Boulevard St Germain, on voit encore les impacts des projectiles lancés par les avions allemands sur Paris en 1918. Ils ont été recouverts de pansements, mais on devine encore les nombreuses blessures occasionnées à l'immeuble.
07/0004 Il ne porte plus sa croix !
26, rue de Lille, au-dessus du porche d'entrée de l'ancien Couvent des Théatins, l'ange arborait une croix de St Nicolas, qui a été détruite (une de plus...) à la Révolution. Aujourd'hui, il ne porte plus rien.
07/0005 Qui est ce coco enterré dans le Ministère ?
Au 80, rue de Lille, dans l'Hôtel de Seignelay, qui abrite le Ministère du Commerce Extérieur, vous découvrirez dans le jardin, sur la pelouse, une petite pierre tombale carrée. Il s'agit de celle du chien de Marie-Antoinette, Coco.
07/0006 Un jeu de mots caché
Lorsque vous êtes dans la Cour d'honneur des Invalides, regardez bien l'une des lucarnes (la 5ème de celles qui s'alignent au sommet de la travée centrale, près de l'église). Vous y verrez un loup dont les pattes tiennent l'oeil de boeuf. C'est une allusion claire, sous forme de jeu de mots, à Louvois (loup voit), le fondateur des Invalides et célèbre ministre de la Guerre de Louis XIV.
07/0007 4 villages en échange d'un Hôtel !
Le magnifique Hôtel de Salm, 9 quai Anatole France, fut construit par Frédéric III, Rheingrave de Salmkrybourg. Il s'ennuyait tellement dans ses Etats qu'il fit construire à Paris, ville de tous les plaisirs, cette résidence, peu de temps avant la Révolution. Celle-ci lui coûta si cher qu'il dût mettre aux enchères 4 villages perdus qu'il possédait dans les montagnes vosgiennes.
07/0008 Des voitures sur un mur...
La grille du 46 avenue de Breteuil est ornée d'un "M", reproduit plusieurs fois. Cela pourrait être insignifiant, sauf si l'on sait qu'il s'agit des anciens bureaux parisiens ...de Michelin.
07/0009 Gainsbarre
Au 5 bis, rue de Verneuil, des fresques taggées rendent hommage à Serge Gainsbourg, l'homme à la tête de chou (1928-1991), qui avait élu domicile en ce lieu. Il connut la célébrité en 1958, avec son célèbre "Poinçonneur des Lilas".
07/0010 Une salle de répétition luxueuse
Le Théâtre Récamier, au 3 de la rue du même nom, a été construit entre 1908 et 1909 pour accueillir la Ligue Française de l'Enseignement, fondée en 1866 par Jean Macé. Il abrita ensuite le théâtre, qui fait aujourd'hui office de salle de répétitions pour les acteurs de la Comédie Française.
07/0011 La télé allemande
Les studios de la rue Cognacq-Jay, célèbres pour abriter de nombreuses émissions de la télévision française, furent créés...en 1943! C'est à dire en pleine occupation allemande. Il faut dire que les programmes étaient destinés à distraire les soldats de l'occupant. Heureusement, cela a changé depuis.
07/0012 Un sanctuaire japonais en plein Paris
Le cinéma "La Pagode", 59 rue de Babylone, s'inspire du sanctuaire Toshogu de Tokyo. Sa construction date de 1896, et il fut en réalité construit par de nombreux architectes, qui se sont succédés. Son jardin à la japonaise est remarquable.
07/0013 Un cycliste dans les airs !
Au 12, rue d'Estrées, une étonnante rue étroite, levez les yeux: un cycliste funambule exerce son talent. C'est "le cycliste et l'oiseau" du sculpteur Clavaret.
07/0014 Un chef-d'oeuvre d'Art Nouveau
L'immeuble construit par Lavirotte, 29 avenue Rapp, ne peut pas passer inaperçu. La profusion de motifs de décoration en fait un chef-d'oeuvre d'Art Nouveau. Jules Lavirotte sera lauréat du concours de façades de 1901 pour la réalisation de cette merveille. Il sera une seconde fois lauréat pour le Ceramic Hôtel du 34 avenue de Wagram.
07/0015 Une rue qui porte bien son nom...
La rue de Bellechasse était autrefois située sur un vaste terrain de chasse, à l'époque de St Louis. Des hôtels particuliers vinrent peu à peu s'y établir; dans l'un d'eux au 13/15, vécut Bernardin de St Pierre.
07/0016 Le Champ de Mars, espace militaire
Le Champ de Mars, dédié au dieu de la guerre chez les Romains, était en réalité un champ de manoeuvre pour les troupes séjournant à l'Ecole Militaire toute proche. Bonaparte y fit ses premières armes. Il vit s'élever le premier ballon aérostatique des frères Robert (sans passager). On y célébra la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, et on y coupa la tête de Bailly, premier maire de Paris, en 1793. Enfin, les Expositions universelles de 1867, 1889, 1900 et 1937 lui donnèrent ses lettres de noblesse.
07/0017 Des canons baladeurs
Devant l'Hôtel Royal des Invalides, créé par Louis XIV pour héberger les soldats blessés pendant ses campagnes militaires, plusieurs bouches à feu montent la garde de part et d'autre des guichets d'entrée.
Les invalides les firent tonner jusq'en 1918 pour annoncer les victoires, ce dont les Allemands se vengèrent pendant la dernière guerre en emportant ces canons, qui retrouvèrent leur place en 1946.
07/0018 Une appellation contradictoire
Le Palais Bourbon, qui abrite le siège des assemblées républicaines, porte le nom d'une famille honnie des mêmes républicains. En fait, il a tellement été remanié depuis, que la duchesse de Bourbon ne pourrait à peu près rien reconnaître de son palais...
07/0019 Une merveille sauvée de la démolition
Le musée d'Orsay est installé depuis 1986 dans les anciens locaux de la gare d'Orsay, construite entre 1898 et 1900. Cette énorme construction Belle Epoque, dont la SNCF n'avait plus besoin, était promise à la démolition en 1970, mais fut classé in extremis à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1978. ses imposantes façades en pierre de taille ne sont que des trompe-l'oeil, puisqu'elles masquent une fantastique ossature métallique, audacieuse charpente en fer de 12 000 tonnes ! Le parvis est orné de diverses sculptures réalisées à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1878, dont les six grandes allégories des continents (parmi elles, l'Asie, que l'on doit à Falguière), et plusieurs animaux en bronze.
07/0020 Un philosophe en petits morceaux
Au 27 quai Voltaire, Voltaire mourut le 30 mai 1778. Le cauchemar du philosophe était que ses restes fussent jetés à la voirie. Le curé de St Sulpice ayant refusé son corps, son neveu, l'abbé Mignot fit appel au chirurgien Tyr. Ainsi, le coeur de Voltaire fut mis dans un vase plombé, son cerveau dans l'alcool. On embauma le cadavre, et, entouré de bandelettes, il fut emporté jusqu'à l'abbaye de Scellières, près de Troyes, où il fut inhumé sous les dalles. Il faudra attendre la Révolution Française pour qu'il fut transféré au Panthéon.
07/0021 Le chocolat est bénéfique, allez-y !
Le pharmacien Sulpice Debauve vécut au 30 rue des St Pères. Il lança, dès 1821, la mode du chocolat hygiénique. La boutique et l'enseigne sont toujours visibles. On y vendait du chocolat béchique (contre la toux), du carminatif (contre les gaz), mais aussi analeptique (fortifiant), et bien d'autres...
Pourquoi s'en priver?
07/0022 L'Empereur est-il vraiment aux Invalides ?
C'est Visconti qui va réaliser le sarcophage de Napoléon Ier. La cuve et couvercle sont en grès rouge dde Finlande, et les restes de Napoléon Ier reposent, en principe, dans six cercueils. Une légende tenace voudrait que le sarcophage soit vide. Au moment du décès de Napoléon Ier, le 5 mai 1821, l'Angleterre (notre amie?) aurait ramené le corps pour l'autopsier. En 1840, le prince de Joinville n'aurait trouvé qu'un tombeau vide et, par ordre supérieur, se serait engagé, sous serment, à ne rien divulguer. Je sais, ça fait beaucoup de conditionnel... Mais sait-on jamais?
07/0023 Quand l'antisémitisme aveugle la République...
En 1894, à l'Ecole Militaire, le capitaine Dreyfus fut publiquement dégradé. Les journaux du monde entier se passionnèrent pour l'Affaire. Faussement accusé de trahison face à l'ennemi d'alors, la Prusse (n'oublions pas que l'Alsace-Lorraine étaient à l'époque annexées par la Prusse depuis notre terrible défaite de 1870), Dreyfus ne fut réhabilité qu'en 1906. Entretemps, la France sera coupée en deux et Emile Zola aura accusé l'Etat-Major de forfaiture dans un article retentissant: "J'accuse", qui paraîtra en 1898 dans le journal "L'Aurore" et fera scandale.
07/0024 L'origine des entremets Franco-russe...
Le pont Alexandre III fur construit en 1893, pour célébrer l'alliance de la France et de la Russie. Voyons un peu... La guerre de 1870 est terminée depuis longtemps, et l'Alsace-Lorraine sont devenues allemandes depuis notre mémorable défaite. L'Entente Cordiale fut conclue avec l'Angleterre à l'ouest, et l'alliance avec l'Empire des Tsars fut décidée pour créer un second front, à l'Est de l'Empire Allemand. Ce fut effectivement utile, puisqe, quelques années plus tard, en 1914, éclatait la Première Guerre Mondiale. Les armées russes, alliées jusqu'en 1917, capitulèrent lorsqu'éclata la Révolution bolchévique dite "Révolution d'octobre". Mais ceci est une autre histoire...
Ah oui, j'oubliais: n'omettez pas d'admirer les deux superbes nymphes qui ornent ce pont. L'une représente la Seine et l'autre la Neva (fleuve qui coule à St Pétersbourg, alors capitale de la Russie). L'alliance franco-russe fut à l'origine des entremets du même nom, que les plus anciens ont connu il y a encore quelques années...
07/0025 Le monde à Paris
On l'a vu, le 7ème arrondissement, c'est celui des ambassades. En fait, près de 25 ambassades s'y côtoyent dont celles d'Italie, de Corée du Sud, de Pologne et de Suisse.Les services culturels des Pays-Bas et de l'Italie et les résidences particulières des ambassadeurs d'Allemagne, des Pays-Bas, de Russie et d'Australie s'y sont installées, Le monde à Paris.
07/0026 Un monument pour la culture
L'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), 7, place de Fontenoy, fut fondée en 1945 pour promouvoir la paix par la culture, regroupe plus de 140 états. Sa réalisation est un chef d'oeuvre technque et artistique de coopération internationale. Avenue de Ségur, son jardin japonais est dû à Isamu Noguchi, avec ruisseau, lac, et l'inscription japonaise du mot "paix". L'entrée des bâtiments du secrétariat, avenue de Suffren, est signalée par un grand mobile de Calder, une croix arménienne, une sculpture de Henri Moore, des mobiles aériens grecs et deux compositions de céramique de Miro: le Mur du Soleil et le Mur de la Lune.. La salle des commissions est décorée d'une fresque de Tamayo (Prométhée apportant le feu à l'homme), cependant qu'une sculpture gigantesque de Picasso figurant "La victoire de la lumière et de la paix sur le mal et la mort" orne le hall d'entrée. En ce lieu, l'esprit s'élève , le coeur s'apaise...Une adresse à retenir pour nombre de nos contemporains.
07/0027 La passerelle disparue
Reliant le quai Anatole France et le quai des Tuileries, la passerelle Solferino, construite en 1958, fut détruite dans les années 90. Aucun Parisien ne la regrette, car elle était particulièrement laide. Elle fut remplacée par une autre passerelle, en fait un élégant pont piétonnier dessiné par Marc Mimram.
07/0028 Un peu d'air pour les malades
L' Hospice des incurables situé dans l'actuel hôpital Laënnec, 42 rue de Sèvres, est le dernier des 9 établissements hospitaliers créés sous Henri IV et Louis XIII. C'est aussi le premier établissement où chaque malade avait...un lit. En effet, jusque là, on comptait par exemple 5 malades par lit à l'Hôtel-Dieu !
07/0029 La revanche d'une royaliste
L'Hôtel Matignon, 57 rue de Varenne, abrite depuis 1935 les premiers ministres de la République.
Mais il fut longtemps interdit aux non-royalistes. En 1719, le prince de Tingry acheta cet hôtel pour l'agrandir, et dut le revendre pour cause de faillite à Jacques...de Matignon, qui en fit ce qu'il est devenu aujourd'hui. En 1852, la veuve du duc de Galliera, fervente royaliste, loua le rez-de-chaussée au comte de Paris, prétendant au trône de France. En 1884, la brillante réception organisée par ce dernier, à laquelle assistèrent des ambassadeurs étrangers, fut à l'origine de la loi, votée peu après, qui interdisait le territoire de la République aux chefs de famille ayant régné sur la France. A la suite de cette loi, la duchesse de Galliera, qui avait envisagé de léguer ses collections privées à la ville de Paris, modifia son testament, et les légua à la ville de Gênes. Pour la même raison, elle laissa son hôtel à l'empereur François-Joseph d'Autriche, qui y installa son ambassade en 1888. En 1914, l'hôtel fut séquestré par la République, l'Autriche-Hongrie étant entrée en guerre aux côtés de l'Allemagne contre la France. La suite, vous la connaissez...
07/0030 Victoire sur la Prusse
Achevé en décembre 1813, le pont d'Iéna glorifie la victoire remportée le 14 octobre 1806 par les armées napoléoniennes sur la Prusse. Les tympans sont sculptés de l'aigle aux ailes déployées, symbole de l'Empereur. Après la chute de l'Empire, Louis XVIII, devenu roi, les fait remplacer par son monogramme pour ne pas déplaire au général Prussien, Blucher, qui occupait Paris, en tant que membre du camp des vainqueurs. Il craignait en effet que celui-ci ne fasse sauter le pont, symbole de la défaite de son pays, quelques années plus tôt. Il n'en fut rien, et en 1852, Barye rétablit les aigles (rappelons que nous sommes alors sous le Second Empire), et sculpta quatre groupes de guerriers installés deux à deux de chaque côté du pont. Le Gaulois et le Romain sur la rive gauche, le Grec et l'Arabe sur la rive droite. Le pont fut élargi entre 1934 et 1937 et passa de 14 à 35 mètres.
07/0031 La bataille du gothique
La construction d'une nouvelle église dans le faubourg St Germain fut décidée en 1840. Située 23 bis rue Las Cases, l'église Ste Clotilde Ste Valère imite le gothique du 14ème siècle, avec ses flèches et ses rosaces. Et pourtant, elle fut l'objet de vives controverses à l'époque. Le préfet Rambuteau imposa à l'architecte Fraçois Gau, d'origine allemande, le style gothique, "plus conforme à nos traditions et habitudes religieuses". Il dut lutter cinq ans durant contre le Conseil des Bâtiments Civils, qui lui préférait le style néo-classique et estimait le gothique comme un style "barbare, baroque, sans pensée, sans caractère, sans élégance". Rien que ça...
Rambuteau finit par l'emporter, mais Prosper Mérimée, alors Inspecteur Général des Monuments Historiques, l'accusa d'avoir fait du "Gautique". On peut ne pas être d'accord, et garder son sens de l'humour.
07/0032 L'artilleur de la Tour Eiffel
Pendant l'Exposition Universelle de 1900, un canon installé sur la seconde plate-forme tonnait chaque soir pour informer les nombreux visiteurs de la fermeture des portes. Plus tard, le système fut amélioré; un employé, muni d'une lorgnette, "visait" l'horloge de la Gare St Lazare, pour signaler le moment venu pour l'artificier de sonner midi.
07/0033 Quand le Palais Bourbon faisait la bombe...
En 1893, le 9 décembre exactement, le paisible Palais Bourbon (l'Assemblée Nationale actuelle) fut le théâtre d'un évènement incroyable: une bombe à clous explosa, sortant de leur torpeur les députés qui y somnolaient. Un dénommé Vaillant, anarchiste, s'était infiltré dans l'enceinte sanctuarisée pour y lancer son engin de mort. plusieurs députés furent blessés, dont le Président de la Chambre, Charles Dupuy, qui lança à la tribune: "Messieurs, la séance continue !". Le 5 décembre 1894, Vaillant marcha d'un pas ferme vers l'échafaud en criant: "Mort à la bourgeoisie ! Vive l'anarchie !". Et le couperet tomba.
07/0034 Société utopique
La Société Théosophique, installée au 4 square Rapp, s'est donné pour but de former un noyau de fraternité universelle. Ce qui explique le titre de cet article... Elle devait également encourager l'étude comparée des religions, des philosophies et des sciences, et d'étudier les lois inexpliquées de la Nature et les pouvoirs latents de l'Homme. L'immeuble qui l'abrite est du plus pur style orientaliste et Art Nouveau. La librairie, située au rez-de-chaussée, offre des rayons d'une extrême richesse, en matière d'occultisme et de mysticisme. Pour assister à des cours, il suffit de consulter les programmes affichés dans le hall.
07/0035 Dépaysement garanti
A notre époque, plus grand chose n'est garanti. Et pourtant, croyez-moi, le jardin de Babylone, dessiné en croix et planté d'arbres fruitiers, est vraiment exceptionnel. Plus que cela, c'est un endroit hors du temps.
07/0036 Une guinguette bien protégée
Au 36 rue de Grenelle, une auberge fut créée en 1861 par un nommé Carteron. Elle s'appelait "A la Petite Chaise". C'était le type de guinguettes protégées par des barreaux de fer, rendez-vous des chasseurs du faubourg St Germain aux 17è et 18è siècles.. Les cochers et les valets s'y retrouvaient le matin, le soir on y rencontrait de grands seigneurs. tels le Régent et son ami, le cardinal Dubois. Le célèbre gastronome Brillat'Savarin, auteur de la "Philosophie du goût", y vint pendant la Révolution.
07/0037 De père en fils
Il y a des familles comme ça... Le père, le plus célèbre docteur en neuropsychiatrie de son époque, le docteur Charcot, donna naissance à son non moins célèbre fils le navigateur Charcot. Ce dernier, champion de France de rugby en 1894, épousa la petite-fille de Victor Hugo en 1896, et franchit le premier le cercle polaire arctique en 1902, à bord du "Pourquoi pas?". Cette illustre famille habita au 217 boulevard St Germain, dans un superbe hôtel particulier. Devenu depuis Maison de l'Amérique Latine, il il accueille toutes les manifestations culturelles et artistiques susceptibles de promouvoir cette partie du monde. Belle destinée pour une saga familiale exceptionnelle.
07/0038 Un trésor disparu...mais retrouvé!
Le cabinet de curiosités Deyrolles a subi récemment un terrible incendie. Par malheur, de nombreuses collections uniques de ce magasin, véritable musée d'Histoire Naturelle privé disparurent en fumée, était l'un des plus extraordinaires de Paris. Situé au 46 rue du Bac, vous y étiez accueillis à l'entrée par un ours polaire. Puis vous deviez vous faufiler entre un lion et un éléphant empaillés, pour tomber nez à nez avec...une autruche ! Deyrolle fut l'un des derniers magasins en Europe à pratiquer la taxidermie. La qualité du travail était si grande que l'impression était saisissante. L'Education Nationale venait d'ailleurs s'y fournir en animaux et planches de couleur destinés aux classes de sciences naturelles. Situé dans un élégant hôtel particulier du 18è siècle, ce lieu mythique abritait de superbes collections d'insectes et de papillons multicolores. On pouvait aussi y faire naturaliser son animal familier... Eh bien, il a été reconstruit, et si certaines pièces inestimables ont disparu, vous pouvez de nouveau l'admirer à la même adresse. Courez-y !
07/0039 La Française des Jeux
L'Ecole Militaire, construite sous Louis XV en 1773 sous le nom d'Ecole Royale Militaire, fut en partie financée grâce aux taxes perçues...sur les jeux de cartes !
07/0040 Les Dauphins gastronomes
Des silhouettes respectables et mystèrieuses glissent en silence le long des murs de la bourgeoise cité Vaneau. Il fait nuit. Par intervalles s'ouvre la porte d'un appartement cossu, tendu de velours rouge. Un à un entrent les Chevaliers du Dauphin noir. Cette association secrète réunit chaque mois douze initiés gastronomes: écrivains, peintres, publicistes, jeunes patrons. Ils ont choisi d'élever une certaine cuisine irrationnelle au rang d'oeuvre d'art. Leur livre de chevet est le Grand Dictionnaire de cuisine d'Alexandre Dumas, dont les recettes donnent lieu à interprétations, évaluations et intrapolations subtiles.
07/0041 Un tombeau russe pour l'Empereur
Le tombeau de Napoléon 1er, aux Invalides, présente une particularité. En 1846, une mission française partit en Russie pour y chercher la matière première destinée à la construction du sarcophage impérial. Elle découvrit une carrière de porphyre, sur les bords du lac Onega. Le tsar Nicolas 1er fut flatté que la Russie soit en quelque sorte le fournisseur impérial, de celui qui fut le plus grand ennemi de la Russie à son époque. Trois mois furent nécessaires pour acheminer les quinze blocs de porphyre, de taille exceptionnelle, jusque sur les bords de Seine. Mais ce n'est que beaucoup plus tard, en 1861, que Napoléon III, le neveu de Napoléon 1er, put inaugurer le sarcophage de pierre rouge. L'Empereur repose dans 7 cercueils, pas un de moins: un en fer blanc, un en acajou, deux en plomb, un en bois d'ébène, un cercueil en bois de chêne, enfin un autre cercueil en bois d'ébène, où repose le corps. Le tout étant enveloppé par le sarcophage en porphyre.
07/0042 La baleine et le goujon
En 1955, des farceurs scandinaves installèrent sur l'esplanade des Invalides une gigantesque baraque. A l'intérieur, ils y avaient installé une baleine naturalisée, qu'ils avaient baptisée "Jonas". Affiches, cartons d'invitation, publicité, tout était réuni pour que Jonas devint une attraction vedette. Et les Parisiens affluèrent pour admirer l'animal.Déçus par Jonas, trois farveurs parisiens, dont celui qui sera célèbre plus tard sous le nom d'Eddie Barclay, installèrent une seconde baraque à quelques mètres de Jonas. Là, ils exhibèrent "Nanar". Goujon français, lui réellement géant, puisque long de 76 centimètres, ce qui constitue à n'en pas douter un record mondial pour ce cyprinidé d'eau douce. Grâce à l'intarissable verve de Pierre Dac, Nanar eut bientôt plus de succès que Jonas. Alors, c'est qui les plus forts?
07/0043 Il y avait bien des chevaux dans Paris, je vous le confirme.
Au 27 rue de Grenelle, la barre métallique garnie de crochets, était en fait un râteau destiné au fourrage des chevaux. N'oublions pas que nos ancêtres ne se déplaçaient qu'à cheval. C'était le moyen le plus rapide et le plus courant pour se déplacer. Il reste encore, dans Paris, de nombreux signes de cette présence. En particulier, les lucarnes à poulie, qui servaient à monter le foin, la paille, l'avoine au grenier des maisons parisiennes. Il en reste la trace dans le coeur historique de Paris, notamment au Quartier Latin.
07/0044 Location de voitures
Paris, au début du 20è siècle, était le département où l'on trouvait le plus grand nombre de ...chevaux au m². c'est normal, tout le monde se déplaçait à cheval à cette époque. Mais on ne faisait pas que se déplacer. Nos amis à quatre jambes (et pas quatre pattes), servaient aussi d'animaux de bât, et nourrissaient les Parisiens. Parmi les traces multiples qui témoignent encore de l'omniprésence des équidés dans la capitale, il y en a un très émouvant. Pour le voir, rendez-vous au 101 rue du Bac. Sur l'un des piliers du porche, vous verrez une inscription à demi-effacée:"Loueur de voitures de service". Il s'agissait de voitures à chevaux, bien entendu.
07/0045 Mise à niveau
Au 18 rue de Bellechasse, vous trouverez la Société d'Agriculture de France. Si l'hôtel particulier qui l'abrite mérite le coup d'oeil, regardez d'un peu plus près le côté droit de la porte d'entrée. Vous y verrez une marque. Il s'agit d'un repère indiquant le niveau atteint par la crue de 1910. C'est ce qu'on appelle avoir les pieds dans l'eau...











