12/0001 Souvenir d'un carnage
Au 35 rue de Picpus, une plaque commémore le souvenir des massacres perpétrés par les révolutionnaires sur la Place du Trône (actuelle Place de la Nation, voir anecdotes du 11è arrondissement). N'hésitez pas à en passer le porche.
12/0002 Une crue oubliée
On se souvient de la crue de 1910, sans doute car les témoignages et les photos d'époque ne manquent pas. Mais si vous passez devant le 28 rue de Charenton, vous trouverez une plaque témoignant de la crue de la Seine de ...1740 !
12/0003 Encore une enceinte
Au 304 rue de Charenton, une plaque de 1726 rappelle l'existence d'une enceinte fortifiée, construite sous Louis XIII.
12/0004 Un petit bijou de rue
A deux pas de la Gare de Lyon, la rue Crémieux, ouverte en 1865, a su garder son charme atypique dans ce quartier largement offert aux pelleteuses des démolisseurs. Cette rue pavée est bordée de maisons individuelles (un luxe dans Paris!), toutes bâties sur le même modèle. Décorées de linteaux gravés, de colombages, elles sont toutes peintes de couleurs vives.
12/0005 Le repaire d'un bandit célèbre
Le 302 rue de Charenton est l'emplacement du repaire du célèbre bandit Cartouche. C'était un cabaret "A la vieille pinte". Il avait aménagé dans sa cour un puits dont partait un couloir menant vers la campagne... Utile quand on est recherché par les gendarmes du roi !
12/0006 C'était au temps où les guerres de religion ensanglantaient la France
La rue de la Lancette rappelle les sanglants combats qui opposaient catholiques et protestants au 16è siècle. Les uns et les autres étaient armés de petites lances: les lancettes.
12/0007 Une rue qui doit son nom à une maladie
La rue de Picpus est le très ancien chemin de St Denis à St Maur, qui traversait dès le 12è siècle, le village de Picquepusse. Ses habitants souffraient d'éruptions de boutons très violentes, et les piquaient pour en purger le pus.
12/0008 La dernière ferme de Paris...
...se trouve dans le Bois de Vincennes, route du Pesage, face à l'hippodrome. Il s'agit de la ferme Georges Ville, du nom d'un agronome du 19è siècle. Dans cette enclave agricole, cette ferme pédagogique de 5 hectares permet aux petits (et aux grands) Parisiens de se familiariser avec les animaux domestiques de nos campagnes. on y trouve des oies, des poules, des lapins, des canards, des vaches, des chèvres, des brebis, des chèvres, une truie et même une anesse.
On y trouve aussi un verger avec 52 variétés de fruits, un jardin des "petits fruits", qui comprend plus de 35 variétés différentes de framboises, fraises, cassis, groseilles...
Enfin, un jardin potager entretenu par les enfants, et quelques parcelles cultivées de blé, d'avoine et d'orge.
Pour les gourmands, une fête des confitures se déroule tous les ans en septembre.
12/0009 Un américain à Paris sous l'Occupation
A partir de 1940, et jusqu'à la Libération, en août 1944, Paris était occupé par les Allemands. Tous les insignes, drapeaux, et marques des pays alliés étaient bien sûr proscrits. Tous ? Non ! Un seul, oublié (ou toléré ?) par les troupes d'occupation susbsista pendant toute cette période: il s'agit du drapeau américain déployé sur la tombe du marquis de La Fayette, au cimetière de Picpus, au 35 de la rue de Picpus. Chaque année, le 4 juillet, jour de l'Indépendance américaine, a lieu une manifestation du souvenir en présence de diplomates américains.
12/0010 Le lieu de prédilection des aveugles
Le Passage de le Boule Blanche donne dans la rue du Faubourg St Antoine, près de la Bastille. La voûte qui marque l'entrée du passage est surplombée, comme il se doit, d'une boule qui fut blanche. Ce passage mène à l'Hôpital des Quinze-Vingts, créé à l'origine pour accueillir 300 chevaliers (15 fois 20) prisonniers des musulmans, qui leur avaient crevé les yeux pendant les croisades. Or, bien avant l'usage de la canne blanche, les aveugles étaient signalés par...une boule blanche sur leur chapeau. C'est un pur hasard, car le Passage de la Boule Blanche tenait son nom de l'enseigne d'un magasin "A la Boule Blanche".
12/0011 La coulée verte
C'est en 1859 que la nouvelle ligne de chemin de fer Bastille-Bois de Vincennes fut inaugurée. Pour éviter de couper en deux le quartier et pour compenser le profil inégal du terrain, la construction d'un viaduc fut décidée. 71 arches couvrent une distance de 1, 5 km entre l'Opéra de la Bastille et la ZAC de Reuilly.
La ligne de chemin de fer a été cédée en 1969 par la SNCF à la Ville de Paris. La vente incluait la gare qui fut démolie pour laisser place à l'Opéra Bastille. L'ancienne voie du viaduc a été transformée en jardin linéaire, très apprécié des Parisiens.
12/0012 Un quartier consacré à Bacchus
Le quartier de Bercy, que vous connaissez aujourd'hui, est très à la mode. Et pourtant c'était, il n'y a pas si longtemps encore, un quartier industrieux, où le travail était plus de rigueur que les loisirs. Mais revenons quelques siècles en arrière. Au 18è siècle, les vignerons de Bourgogne, avaient choisi cet endroit situé juste avant les portes de Paris (le village de Bercy était alors extra-muros), parce qu'on pouvait y débarquer les barriques venues des régions de production sans être soumis aux taxes instaurées par les Fermiers Généraux. Là naquirent les guinguettes, qui furent florissantes jusqu'au Second Empire, date de rattachement de Bercy à Paris. Pendant un siècle, bien que les taxes aient disparu, les marchands de vin firent de cet espace un immense parc ombragé, avec ses maisons, ses rues, ses entrepôts... Aujourd'hui, il ne reste plus que deux rangées de chais, classés monuments historiques. On peut encore voir entre les vieux pavés les rails où circulaient les wagons, qui acheminaient les foudres et les barriques des quais jusqu'aux entrepôts.
12/0013 Le Paris néolithique
Tiens, restons encore à Bercy. A l'occasion du grand réaménagement du site, le sol de ce quartier, jamais perturbé au cours des siècles, a livré d'extraordinaires vestiges du passé commerçant de Paris, dès l'époque néolithique (plus de six mille ans). Une dizaine de pirogues en bois (il existe d'ailleurs une rue des Pirogues de Bercy), taillées d'une seule pièce dans un tronc de chêne de 6 à 7 mètres furent mises au jour.
Outre ces pirogues, les fouilles ont livré un étonnant arc de chasseur en bois d'if, des hameçons, ainsi que de nombreux ossements de cerf, sanglier, de castor, et de tortues d'eau douce. La preuve était ainsi établie que, dès l'époque néolithique, un peuple de chasseurs et de commerçants s'était établi sur les rives de la Seine, à l'emplacement de ce qui devait devenir Lutèce, puis...Paris.
12/0014 Un collier contre une bonne oeuvre
A l'occasion du mariage d'Eugénie de Montijo avec Napoléon III en 1853, la ville de Paris souhaita offrir à la nouvelle impératrice un collier d'une valeur de 600 000 francs, somme considérable à l'époque; mais l'impératrice se souvenait avec raison de l'affaire truquée du collier de la reine Marie-Antoinette, quelques décennies plus tôt. Elle refusa le cadeau, et affecta la somme à la création d'une maison d'éducation pour jeunes filles pauvres. C'est l'actuelle Fondation Eugène-Napoléon, au 254 rue du faubourg St Antoine, ainsi nommée en l'honneur de la naissance du prince impérial, en 1856.
12/0015 La fontaine déplacée
La Fontaine aux Lions, place Félix Eboué (ex-place Daumesnil), est remarquable à plus d'un titre: son esthétique tout d'abord, avec l'alternance de bassins superposés et de corbeilles de plantes, et aussi le fait qu'elle fut d'abord construite à l'origine à l'emplacement de l'actuelle place de la République (ex-place du Château d'eau) !
En effet, installée depuis le début du 19è siècle à cet endroit, elle fut jugée trop étriquée pour orner le centre de la nouvelle place de la République. Celle-ci, élargie par Haussmann à ses dimensions actuelles, méritait, selon le nouveau régime, un monument symbolisant la gloire de la toute jeune République naissante. Et c'est en 1880 que le déménagement eut lieu.
12/0016 Le ru de Montreuil
Non, non, je ne me suis pas trompé; vous avez bien lu. Il ne s'agit pas de la rue de Montreuil, mais bien du ru de Montreuil.
Mot bien connu des crusciverbistes, un ru est en fait un petit ruisseau. Celui-ci, aujourd'hui asséché, courait sous l'actuelle rue de Wattignies.(Merci Aurélie)
12/0017 La fausse horloge
Au 18 rue de Reuilly, une petite impasse saura, je le crois, attirer votre regard. Noyée dans la verdure, et dans les vignes, elle est cachée par une haute grille de fer. Au fond de l'impasse, vous trouverez, au-dessus d'un petit pavillon, une fausse horloge, peinte en trompe-l'oeil. Au 29 rue de Reuilly, encore une petite impasse verdoyante et préservée.
12/0018 Les colonies du bois de Vincennes
Près du lac Daumesnil, vous trouverez un centre bouddhique tibétain! Deux groupes de bâtiments principaux le composent. A gauche de l'entrée, un grand pavillon contient une imposante statue de Bouddha. C'est le pavillon du ...Togo de l'esposition coloniale de 1931. Il a abrité un moment le Musée des Industries du Bois, d'où son toit en...pin nordique ! Le petit bâtiment à ses côtés est le pavillon du Cameroun, qui provient de la même exposition. Le temple tibétain fut construit en 1985 selon les indications de Kalu Rimpoché.
12/0019 Restons propres
Au 67 rue des Meuniers, il y a un immeuble présentant une curiosité peu commune en ville. Des décrottoirs garnissent les alvéoles creusées à la base du mur. Rappelons tout de même qu'il s'agissait pour nos ancêtres de débarrasser leurs chaussures et leurs bottes de la boue fangeuse qui envahissait les rues de Paris, alors non pavées.
12/0020 D'une compagnie à l'autre
La maison de la RATP, 54 quai de la Râpée, est construite à l'emplacement du siège...de la Compagnie du Chemin de Fer Métropolitain, fut construite en 1995 et offre au regard une ample courbe transparente qui rompt avec l'opacité des tours environnantes.
12/0021 Un bois à vocation militaire
Le Bois de Vincennes , chasse royale, fut ouvert au public sous Louis XV. Il fut pillé sous la Révolution et sous la Commune, et son gibier détruit. Dès 1794, on y construisit un polygone d’artillerie, puis sous Napoléon 1er un champ de tir. En 1840, on bâtit le le Fort Neuf, et des redoutes, dont seule subsiste celle de Gravelle (actuelle Ecole Nationale de Police). En 1843, 166 hectares furent défrichés pour créer un champ de manœuvres. Un nouveau champ de tir fut créé en 1855, puis la Cartoucherie en 1874, un établissement d’artillerie en 1881, et enfin le Quartier de cavalerie Carnot (Garde Républicaine) en 1890.
12/0022 La dame de beauté
Le Carrefour de Beauté, dans le bois de Vincennes, fait allusion au château de Beauté, construit par Charles V au 14è siècle et où il rendit le dernier soupir en 1380. Ce château fut fréquenté par la belle Agnès Sorel, favorite de Charles VII, et surnommée par ses contemporains « la Dame de Beauté ».
12/0023 Histoire de brocanteurs
Le petit marché aux puces qui se tient régulièrement sur la place d'Aligre est intimement lié à l'histoire de l'abbaye de St Antoine des Champs. En effet, l'abbé avait accordé, il y a de cela plus de trois siècles, des privilèges particuliers aux marchands d'habits, à condition que ceux-ci fussent vendus à très bas prix aux pauvres du quartier. Cette règle fut rigoureusement observée jusqu'en 1914. Il y eut jusqu'à 200 brocanteurs en 1885 ! La tradition perdure, même si on ne trouve plus guère de marchands de vêtements sur le petit marché de la place d'Aligre...
12/0024 La copie de Sainte Sophie
L'église du St Esprit, au 186 de l'avenue Daumesnil, a été construite en 1931, à l'occasion de l'Exposition Coloniale. Son architecte s'est inspiré de Sainte Sophie de Constantinople. Les autorités religieuses ont dédié l'église aux premiers missionnaires de l'oeuvre coloniale. Son clocher, le plus haut de Paris, culmine à 85m de hauteur.
12/0025 Pas de taxe pour les géants
Les marchandises entrant dans Paris étaient taxées, ce qui favorisa la création de guinguettes et de débits de boissons à prix très bas, en-dehors des murs. Une grande partie des vins et autres alcools passait obligatoirement devant le village de Bercy, au bord de la Seine. Si bien qu'un entrepôt finit par y être construit. C'est à la place de ces entrepôts que s'est créé le nouveau quartier de Bercy. Mais revenons à nos moutons.
Le fait que cet entrepôt, dont l'extension fut spectaculaire, fut installé en cet endroit, n'est pas dû au hasard. Un jour de 1704, Louis XIV alla à Notre-Dame de Bercy pour y entendre une messe. En promenant ses yeux sur la foule prosternée, il remarqua, au-dessus de toutes les têtes, celle d'un homme qui paraissait debout. Le spectacle d'un homme du peuple refusant de s'agenouiller durant la messe contraria le monarque. Il envoya un de ses gardes faire la leçon à l'insolent. Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il constata que l'homme était bien agenouillé, comme tous les autrs ! Seule petite différence: il mesurait 2 mètres 15 ! C'est pourquoi il l'avait cru debout ! L'homme s'appelait Martin, vigneron du côté de Joigny, en Bourgogne. Louis XIV convoqua Martin, et discuta familièrement avec lui. Le malin vigneron, percevant l'avantage qu'il pouvait tirer de la situation, obtint du roi le privilège de venir vendre son vin chaque année sur la grève de Bercy, comme il le voulait, et en pleine franchise de droits. Martin usa donc du privilège royal, et les entrepôts de Bercy furent fondés.
12/0026 Le St Lazare du Faubourg
En 1799, il y avait, au Faubourg St Antoine, un maréchal-ferrant, nommé Leriche. Il avait la réputation d'être un guérisseur extraordinaire, grâce à sa "médecine universelle".
Le fait est qu'une danseuse vint le voir, un soir, lui annonçant que son amant venait de mourir. Leriche se rendit au chevet du mort. Il trouva effectivement un cadavre glacé dans toutes ses parties, excepté un endroit où il sentit une légère chaleur corporelle. Il fit un grand feu, opéra de vigoureuses frictions sur tout le corps avec des serviettes chaudes, le frotta avec sa "médecine universelle" délayée dans de l'eau de vie.... Après une heure et demie de soins intensifs, le "mort" reprit des couleurs. Il redoubla d'efforts, et bientôt il sentit un signe de vie plus marqué. On mit le corps dans un lit bien chauffé, , et cinq heures plus tard, il était revenu à la vie ! Le ressuscité s'appelait Candy. En 1845, il vivait encore et demeurait place du Chevalier du Guet, au n° 6. Merci qui ?
12/0027 Le misérable
Ancien forçat envoyé au bagne pour le vol d'une miche de pain, Jean Valjean se convertit, petit à petit, grâce à Cosette, en bienfaiteur de l'humanité. Il se cacha plusieurs années avec Cosette dans le couvent du Petit Picpus, au 62 de la rue de Picpus. Il s'y présenta comme le frère du jardinier Fauchelevent, et Cosette comme sa petite-fille.
12/0028 Une laiterie en plein Paris
En février 1882, Eugène Jonot s’occupe activement, dans l'intérêt de son fils, de la direction d'une laiterie fondée sous le nom de Mathieu et Cie. Eugène n'est pas un novice : laitier en gros, il a participé à la création de la Société Générale de Laiterie en 1881. Il y avait fait apport de son matériel de laitier en gros, ensemble de la clientèle et vente du lait tant à Paris qu'en province et des dépôts dans divers immeubles à lui loués. Il lui avait été attribué, en échange de cet apport, deux cent treize actions, entièrement libérées, au capital de 500 francs par action. Il y avait un emploi d'inspecteur jusqu'en décembre 1881. Il exerça au 228 rue de Charenton, jusqu'en 1913. On voit encore l'ancienne enseigne au-dessus du porche (merci Christian pour l'anecdote).
12/0029 Plus haute que l'autre
On parle, à juste titre, de la dramatique inondation de janvier 1910. Peut-être parce qu'elle nous a laissé des images... Mais sait-on qu'une autre inondation a fait beaucoup plus de dégâts, et que son niveau d'eau fut beaucoup plus élevé ? Eh bien, il s'agit de la crue de 1740. Alors, c'est vrai, nous n'avons pas eu de photos ni de films et pour cause... Mais vous pourrez constater le niveau au 26 rue de Charenton, devant l'hôpital des Quinze-Vingt.











