Anecdotes 13è arrondissement

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13/0001 Un roi fou

Au 17 rue des Gobelins, s'élevait l'Hôtel de la Reine Blanche. C'est dans cet hôtel que Charles VI, lors du Bal des Ardents, perdit la raison, lorsqu'il faillit périr brûlé vif par accident.

13/0002 Quel sort cruel pour ces malheureuses !

Boulevard de l'Hôpital, à la Sapêtrière, on enfermait les aliénées, dans des cachots au sous-sol. Ces loges étaient situées au niveau des égouts. En hiver, lors des crues de la Seine, elles étaient envahies par d'énormes rats qui dévoraient vivantes les malheureuses prisonnières. C'est le médecin Philippe Pinel, dont la statue orne l'entrée du bâtiment, qui ôta les chaînes de ces malheureuses. A partir de 1684, ce ne furent plus seulement les aliénées qui étaient internées dans cet hôpital. Les filles publiques malades ou "scandaleuses", et les condamnées les rejoignirent. Elles étaient destinées par Colbert à peupler les colonies de Louisiane, du Canada, de Madagascar... En 1679, près de 4 000 femmes étaient enfermées dans cet hôpital carcéral; elle seront 8 000 à la Révolution, encadrées par  1500 personnes ! Pendant la Terreur, 40 de ces femmes furent exécutées.

13/0003 De beaux locaux motivent

Au 2-4 Place de l'Abbé Georges Hennocque, une superbe locomotive à vapeur surgit de guirlandes fleuries. C'est le siège de la Mutualité des Cheminots. Curiosité: Victor Hugo en fut le premier président, en 1883 (son buste se trouve dans une salle). De nombreux cheminots habitaient le quartier, étant donné la proximité des gares de Glacière-Gentilly, plus loin celle de la Maison Blanche (aujourd'hui disparue), Paris-Gobelins, Masséna, et enfin de la gare d'Orléans-Austerlitz.

13/0004 La Commune de Paris est née ici

Aux n° 11, 16 et 33 de la rue de la Butte aux Cailles, les enseignes "Le Merle Moqueur", "Le Temps des Cerises", et "La Folie en Tête", nous rappellent le souvenir de la Commune de Paris, à travers la chanson de Jean-Baptiste Clément. En mai 1871, les soldats fédérés y tinrent leur quartier général, et tendirent des embuscades aux troupes versaillaises, pour freiner leur avancée vers Paris.

13/0005 Un cabaret très bien fréquenté

Au 41 rue Croulebarbe, se trouvait un ancien cabaret appelé "Chez Madame Grégoire". Cet établissement, situé à l'époque au bord de la Bièvre, était fréquenté par des écrivains et des poètes, tels que Victor Hugo, la Fayette  et Châteaubriand. Le célèbre chansonnier Bérenger (1780-1857) s'y produisit. On peut d'ailleurs voir son portrait dans la salle du restaurant qui a depuis remplacé le cabaret.

13/0006 Un Rodin dans un théâtre

Le Théâtre des Gobelins, au 73 avenue des Gobelins, construit en 1868, abrite une oeuvre de Rodin, alors jeune sculpteur. Il fut choisi pour exécuter la décoration de la façade, qui encadre la splendide loggia ouverte sur l'extérieur par des colonnes à chapiteaux corinthiens.

13/0007 Pour quoi le 13ème arrondissement porte t-il ce numéro ?

Avant 1860, Paris ne comptait que 12 arrondissements. L'expression populaire "se marier à la mairie du 13ème" signifiait vivre en concubinage, ce qui était très mal vu à l'époque. Lorsque Haussmann voulut créer 8 nouveaux arrondissements en 1860, la numérotation prévue attribua le n°13 aux quartiers déjà « beaux » d’Auteuil, Passy, etc.
Leurs habitants influents s’insurgèrent avec succès contre la perspective d’accueillir la mairie du 13ème.
Et c’est ainsi que fut conçu le système de numérotation en escargot qui permit aux quartiers bourgeois de l’ouest parisien d’hériter du n° 16, alors que les quartiers miséreux entourant la porte d’Italie se voyaient accorder le 13.

13/0008 Une école contre la tuberculose

L'école 8 rue Kuss, a été construite en 1934, par l'architecte Roger-Henri Expert, qui venait de terminer son travail sur le paquebot Normandie. Il utilisa largement le béton, mais l'intérêt de ce bâtiment réside dans le fait qu'il répond à l'une des préoccupations majeures de cette époque: la lutte contre la tuberculose. Le toit-terrasse peut servir de cour de récréation toujours ensoleillée, et des balcons sont aménagés à chaque niveau pour multiplier les occasions de prévenir la maladie, qui fit des ravages jusqu'après guerre, dans des populations parisiennes très denses, ne disposant pas, pour la plupart, des normes d'hygiène de base (eau courante en particulier), et vivant dans des conditions d'insalubrité souvent épouvantables.

13/0009 Une cité de récupération

65, boulevard Arago, la Cité Fleurie fut bâtie avec les restes du Pavillon de l'Alimentation, démoli après l'Exposition Universelle de 1878. Elle comprend 29 ateliers de bois et de baies vitrées. Elle abrita de nombreux artistes, dont Gauguin et Modigliani.

13/0010 La Normandie en plein 13ème !

La cité Daviel, véritable maison de poupée,  est formée d'une vaste cour conçue comme un jardin, autour de laquelle s'alignent quarante pavillons de style anglo-normand. Construite à la demande de l'abbé Viollet, grand promoteur des associations familales, elle s'intéresse particulièrement à l'amélioration de la condition ouvrière (entraide, éducation, service et logement). Il crée ainsi "L'habitation familiale", qui permet la construction et la gestion de logements individuels, car il s'oppose aux logements collectifs, selon lui néfastes pour la famille; au vu de ce que nous pouvons constater tous les jours, il est plus que probable qu'il avait raison... Son objectif était clair et charitable: louer aux familles nombreuses, aux revenus modestes, un logement digne de ce nom.

13/0011 Une cité florale en plein Paris

La cité Florale est située à proximité de la Place de Rungis. Parcourez la rue des Volubilis, la rue des Glycines, la rue, des Iris, le square des Mimosas, et vous aurez une idée d'une cité préservée, mais qui n'avait aucune connotation sociale. Elle fut construite en 1925 par des promoteurs privés, mais n'en a pas moins un charme certain.

13/0012 Un abri pour soeurs anglaises

28, rue des Tanneries, 7 bénédictines anglaises se sont installées, fuyant les persécutions dont elles étaient alors victimes, en 1651. A la fin du 17è siècle, l'endroit devint "Le couvent des filles anglaises". Leur répit fut de courte durée, puisque cent ans plus tard, à la Révolution, elles furent contraintes de quitter les lieux et de regagner l'Angleterre. L'actuelle cour intérieure remplace l'ancien cloître, dont il subsiste les arcades cintrées formées d'arcs surbaissés, désormais vitrées.

13/0013 Les précurseurs de l'aviation

Partis de la Muette, deux aventuriers, le Marquis d'Arlandes et Pilâtre de Rozier atterrirent dans leur montgolfière le 21 octobre 1783, à 13h54 précises, sur la Butte aux Cailles. Après 25 minutes de vol en ballon, les deux aérostiers avaient réussi le premier "voyage" en ballon d'un point à un autre. La foule, enthousiaste, s'est partagé, en souvenir, la redingote de Pilâtre de Rozier, qu'il avait oubliée dans la nacelle.

13/0014 Pas de riches par ici (du moins, à l'époque)

La rue des Cinq Diamants n'a rien à voir avec une quelconque mine exploitée jadis, mais avec l'enseigne d'un bijoutier, aujourd'hui disparu.

13/0015 La bergère assassinée

La rue Croulebarbe porte depuis 1214 le nom d'un meunier. C'est ici que fut assassinée, le 25 mai 1827, la "bergère d'Ivry". Une jeune femme, Lucie Millot, gardait ses chèvres, quand un amoureux éconduit lui planta un couteau dans le dos. Ce fait-divers émut considérablement les Parisiens, et pendant plus d'un demi-siècle, une croix commémora cet événement au carrefour des rues Croulebarbe et Berbier des Mets.

13/0016 Pourquoi les chinois sont-ils si nombreux dans le 13è arrondissement ?

Dans les années 60 et 70, le 13è arrondissement était un quartier très largement consacré à l'industrie automobile. De vastes espaces étaient occupés par les usines Panhard, ses sous-traitants et des entrepôts de pièces détachées et d'automobiles finies, en attente d'être livrées. Quand cette entreprise cessa son activité, d'immenses terrains devenaient disponibles à la construction. L'époque était favorable aux bâtisseurs de tours, dalles bétonnées, censées devenir des centres de vie. On rasa donc les anciennes usines et autres bâtiments industriels (et aussi beaucoup de petites maisons ouvrières avec jardin), pour construire, au début des années 70, le quartier des Olympiades, et les tours du quartier Italie. Les ouvriers, anciens locataires des lieux, n'avaient souvent ni les moyens, ni le désir d'occuper ces tours, à leurs yeux beaucoup moins attractives que les petites maisons et les immeubles, souvent lépreux et dépourvus de confort, qu'ils occupaient, mais dont ils appréciaient la convivialité.
C'est pourquoi ils émigrèrent vers d'autres lieux, laissant ces grands ensembles quasiment inhabités.
En effet, les Français, comme les ouvriers du quartier, étaient très attachés à leurs quartiers à dimension humaine, et n'avaient aucune envie de s'entasser dans de tels ghettos sans caractère, malgré la qualité et le confort de ces logements, pourtant très supérieurs aux normes de l'époque.
Très difficiles à vendre, ces appartements virent leur prix de vente chuter. A la même époque, en 1975, se terminait la guerre du Viet Nam, par la défaite des Sud Vietnamiens, face aux communistes du nord.
Fuyant les massacres perpétrés par ce régime impitoyable, des dizaines de milliers de "boat people", abandonnant tout derrière eux, se réfugièrent vers un pays accueillant, dont ils parlaient la langue et partageaient souvent la même religion: la France, ancienne puissance coloniale.
Ainsi, des milliers de Viet Namiens, Cambodgiens, Laotiens débarquèrent dans la capitale, et, grâce à la technique solidaire propre à leur communauté, la "tontine", purent acquérir, en regroupant leurs moyens, des appartements flambant neufs, disposant de tout le confort moderne, pour un prix raisonnable, et en plein Paris !
En fait, la communauté indochinoise est encore la plus représentée dans ce quartier. Les chinois ne sont apparus que plus tard, même s'ils se développent rapidement.

13/0017 Un dentiste philanthrope et anti-hitlérien

A côté du Parc de Choisy, ouvert en 1937, fut construit l'Institut dentaire Georges Eastman. C'est un don du philanthrope américain Eastman, qui fit fortune grâce à ses brevets développés sur les pellicules de films avec son collègue Kodak. Eastman avait projeté la construction d'un institut dentaire dans chaque capitale européenne, pour améliorer la santé dentaire des enfants, très déficiente à l'époque. Partout son projet fut mis à exécution, sauf à Berlin, car Eastman était farouchement anti-hitlérien.

13/0018 L'arbre escamoté

Toujours dans le parc de Choisy, une plaque rappelle l'histoire de l'Arbre de la liberté, planté le 9 juillet 1939 pour célébrer les 150 ans de la Révolution Française. Les Allemands le déracinèrent en 1940, lors de l'Occupation de la capitale. Une nouvelle cérémonie eut lieu le 25 août 1945 pour le remettre à sa place.

13/0019 Des maisons de poupées


La rue Delafoy abrite une série de curieuses maisons, toutes ayant le même toit d'ardoise, et toutes peintes de couleurs pastel. A ne surtout pas manquer !

13/0020 La rue du crime

La rue Watt présente plusieurs atouts pour les amateurs de romans policiers: elle est inhabitée, elle est constamment plongée dans la pénombre, et elle est peu fréquentée. D'Henry Miller à Boris Vian, en passant par Léo Mallet, tous furent inspirés par cette rue. Jean Pierre Melville y tourna même quelques scènes du"Doulos". Nestor Burma, le héros de Léo Mallet, y a vécu une de ses plus célèbres enquêtes.
En réalité, si seuls quelques camions viennent régulièrement s'encastrer dans son plafond, il y a tout de même eu au moins un crime (réel, celui-là): très récemment, une impressionnante mare de sang fut découverte. On recherche encore le corps. Affaire à suivre...

13/0021 Une piscine alimentée en eau de source

La piscine de la Butte aux Cailles, 5 place Paul Verlaine, n'aurait pas dû en être une ! En 1866, on sonda le terrain, et on y découvrit une source d'eau ferrugineuse. Profond de 585 mètres, le puits artésien a un débit de 6 millions de m3 par jour, et l'eau a une température de 28 degrés ! On envisagea un temps d'installer un établissement thermal à cet endroit, mais finalement, l'idée d'une piscine l'emporta, et elle fut construite en briques, en 1926. Aujourd'hui, l'eau de source est coupée avec de l'eau de ville.
Anecdote: on peut y lire, inscrit dans la mosaïque: 'Salaud qui salit l'eau". A bon entendeur, salut !

13/0022 Une rue qui porte bien mal son nom

Quand on accède à la rue de la Santé par le boulevard de Port-Royal, la première adresse sur la droite correspond... à la sortie de la morgue de l'Hôpital Cochin. Quant au n°42, il abrite la prison de la Santé. Enfin, un peu plus loin, un long mur gris inhospitalier n'est autre que l'un des murs d'enceinte du Centre psychiatrique Hospitalier Ste Anne. Décidément, c'est une rue d'une folle gaité !

13/0023 Les pieds dans l'eau

Le 13è arrondissement fut traditionnellement le quartier industriel du sud de Paris. Seul arrondissement traversé ou bordé à la fois par un fleuve, la Seine, et par une rivière, la Bièvre, la présence simultanée de ces cours d'eau attira très tôt des industries et des artisans variés. Dès le 17è siècle, des tanneurs, bouchers, teinturiers, tapissiers s'y installèrent. La création de la voie ferrée d'Orléans, au milieu du 19è siècle, permit l'implantation d'industries lourdes, exploitant les nouvelles possibilités offertes par le rail:
Say (sucrerie), Panhard et Levassor, ainsi que Morane et Delahaye (automobile), Gnome-Rhône (moteurs, Meunier (chocolat)...

13/0024 Un arrondissement délaissé

Le 13è arrondissement fut rattaché à Paris en 1860, et se composait du village de St Marcel, ainsi que d'une partie des villages d'Ivry et de Gentilly. Une des curiosités de l'arrondissement est qu'il n'a pratiquement jamais abrité ou enfanté de célébrités. En fait, on ne choisissait pas d'habiter cet arrondissement, très pauvre. Seuls quelques audacieux recherchant la discrétion et les loyers très bas tentaient l'aventure.
Seul Charles Garnier, le père de l'Opéra de Paris, naquit ici, par un pur hasard. Et encore, c'était dans les beaux quartiers, au 46 avenue des Gobelins !

13/0025 Un teinturier qui fit souche

La rue des Gobelins doit son nom à Jean Gobelin, qui installa sa teinturerie en ces lieux, à la hauteur des n°17 à 21 actuels de la rue, sur les bords de la Bièvre, en...1447 ! La maison fut profondément remaniée à la fin du 17è siècle par Jean Glucq, qui en fit le coeur de la Manufacture Royale des draps et teintures, devenue plus tard Manufacture des Gobelins.

13/0026 Les numéros fantômes

A l'angle des rues des Reculettes et Hovelacque, on a scellé les plaques de numéros fantômes sur des murs aveugles. Essayez d'habiter au 2 rue des Reculettes ou au 30 rue Abel Hovelacque.

13/0027 Rez-de-chaussée ou 4è étage ?

Au 16, rue des Reculettes, on peut mesurer la pente extrême du ravin de la Bièvre. Le rez-de-chaussée est ici le 4è étage du même petit immeuble, côté rue Croulebarbe !

13/0028 Une rue qui vous fait froid dans le dos

La rue de la Glacière est ainsi nommée en raison des nombreux étangs jadis générés par la Bièvre, et qui faisaient office, l'hiver, de réserve de glace. On y patinait aussi, et au printemps, les blocs de glace, soigneusement conservés dans de la paille, étaient vendus aux riches particuliers, aux cafés et aux restaurants. Inutile d'ajouter que les hivers doux ètaient les pires ennemis des habitants du quartier, qui n'avaient souvent que cette activité pour subsister.

13/0029 Elève Cancrelat, au tableau !

Au 156 de la rue Léon-Maurice Nordmann se trouvait la fabrique de craies Robert. Des générations d'écoliers parisiens en ont gardé certainement un souvenir ému. Ah ! L'angoisse d'être appelé au tableau noir par la maîtresse !
A noter que la cour de l'usine était percée d'un puits raccordé par des carrières souterraines à l'hôpital Ste Anne.

13/0030 Un sinistre carrefour

L'angle du boulevard Arago et de la rue de la Santé est le lieu où furent guillotinés le 21 avril 1913 les survivants de la sinistre Bande à Bonnot. Premiers bandits à avoir compris le parti qu'ils pouvaient tirer des déplacements en automobile, ils écumèrent Paris et sa banlieue, et accumulèrent les cadavres derrière eux. Ils s'étaient spécialisés dans le braquage des banques, et, grâce à leur automobile, échappaient régulièrement à la police, trop lente à réagir. Il fallut attendre qu'un certain George Clemenceau décidât de créer des brigades de police motorisées, pour que Jules Bonnot et sa bande soient éliminés, en 1912, dans un pavillon de Nogent sur Marne. On surnomma ces policiers d'un nouveau genre "Les Brigades du Tigre", en hommage au surnom de Clemenceau, qui lui fut attribué après la Grande Guerre.
Sa détermination pendant le conflit et sa rage de vaincre l'avaient fait appeler 'Le Tigre".

13/0031 La mauvaise réputation

Au 31 rue Broca se trouvait le théâtre St Marcel. Vaste salle de 1 400 places, il fut construit en 1838 ...et démoli en 1864 ! En réalité, c'est la désaffection progressive du public qui entraîna sa fermeture. Installé dans un quartier mal famé, et pénalisé par une si mauvaise réputation, il n'en fallait pas plus pour que le public déserte les lieux, découragé.

13/0032 Où sont les tanneurs ?

On l'a vu plus haut, le 13è arrondissement fut celui des tanneurs. Il en reste deux (modestes) traces: un marchand de cuirs en gros, au 46 rue des Cordeliers, et un ancien séchoir de tanneur, au 61 de la même rue, dans l'enceinte d'un lycée professionnel.

13/0033 Une victoire pour un village

La place Pinel est à l'emplacement exact de l'ancienne place du village...d'Austerlitz ! Non, pas celui de Bohême où eut lieu la victoire de Napoléon Ier le 2 décembre 1805 face aux Austro-Russes.
Mais celui qui fut créé de toutes pièces près de Paris, justement pour rendre hommage à la Grande Armée, après cette éclatante victoire de l'Empereur.
Essentiellement agricole, ce petit village possédait alors deux moulins, qui fournissaient le pain de la Salpêtrière.

13/0034 Silence ! On tourne !

Les studios de la rue Jenner, au n°21, ont aujourd'hui disparu. Pourtant, c'est ici qu'eurent lieu les tournages en intérieur de plusieurs films de Jean-Pierre Melville: le Doulos, le Samouraï...

13/0035 Le grand Louis

Les studios Polydor étaient situés à l'emplacement des 72/74 boulevard Vincent Auriol.
Louis Armstrong y enregistra ses premières galettes européennes, en 1934.

13/0036 Quand les camarades chinois se retrouvent...

Au 17 rue Godefroy, une plaque commémore le séjour de Zhou En Laï, qui travailla à l'usine Say, puis chez Renault, de 1922 à 1924.Avec ses nombreux camarades chinois, dont Deng Xiao Ping, il y fonda la section française du Parti Communiste Chinois, promis à un bel avenir...enfin, si on veut.

13/0037 Le repaire du vampire

C'est un bel immeuble situé au 147 avenue d'Italie; construit en 1901, il ne manque pas d'attirer le regard.
Car si vous regardez bien au-dessus de la porte, c'est...un vampire qui vous accueille !
Contraste étonnant, le hall est décoré de jolies mosaïques représentant des jeunes filles en fleur. Incroyable, mais vrai.

13/0038 La Cité Verte

Au 147 rue Léon-Maurice Nordmann s'ouvre la Cité Verte. Charmante ruelle à découvrir, elle est longue d'une centaine de mètres, et bordée de petites maisons et d'ateliers.

13/0039 Les femmes aussi

Au 5 rue Jules Breton, une loge maçonnique annonce clairement sa mixité.
On peut lire sur le fronton: "Dans l'humanité, la femme a les mêmes devoirs que l'homme, elle doit avoir les mêmes droits dans la famille et la société".

13/0040 Combien pour ce cheval ?

Le boulevard St Marcel était jusqu'en 1908 un immense marché aux chevaux.
A l'origine, c'est Louis XIII qui avait décidé en 1641 l'ouverture d'un marché dans le petit village de St Marcel pour y vendre chevaux, ânes, mules le matin, et les porcs le soir, les mercredis et samedis. Le dimanche, le marché était consacré aux chiens et...aux voitures (à cheval, bien sûr) ! L'apparition de l'automobile, dès la fin du 19è siècle, entraîna la disparition progressive de la traction animale, et conséquence inéluctable, du marché lui-même.

13/0041 Le lanceur de rats

Toujours sur le marché aux chiens, le dimanche après-midi, une animation retenait particulièrement l'attention des badauds. Il s'agissait du ratier. Un témoin raconta la scène, qui se déroule en 1878: "Dans une salle nue, chez le marchand de vins, des tabourets sont rangés le long des murs. Penchés sur ces tabourets, une vingtaine d'hommes et de femmes causent avec animation. Un bouledogue est introduit: il s'agit de savoir s'il est bon ratier. Un énorme rongeur sort d'une souricière. Les juges poussent un frénétique hourra, puis soudain se taisent et regardent. Un combat terrible s'engage entre les deux féroces lutteurs. Le rat défend sa vie. Le chien défend sa peau. Crocs et griffes se plantent dans les chairs. Le sang coule et perle en goutelettes, à l'extrémité des poils. Le rat s'élance, se réfugie sous les tabourets, grimpe à la muraille, bondit et s'accroche partout. Le bouledogue poursuit avec acharnement un furieux adversaire, le traque dans les angles, le saisit aux reins, et, mordu à son tour, le secoue avec rage jusqu'à ce qu' un craquement d'os annonce la fin de sa victime, ou qu'une porte mal fermée lui ouvre le salut".

13/0042 La marque fantôme

Rue Pirandello, le médiocre immeuble cubique de l' Ecole Nationale de chimie, physique et biologie, a remplacé en 1972 les anciens ateliers de l'usine automobile Delahaye. Célèbre pour ses victoires sportives, notamment aux 24 Heures du Mans, ce constructeur s'est illustré par la production de voitures aussi belles et robustes que raffinées. C'est ici que Delahaye construisit également de 1898 à 1954 d'innombrables camions, en particulier pour l'armée, dont un véhicule blindé de reconnaissance, rival de la fameuse Jeep américaine.

13/0043 Garçon, un petit noir !

Au 18/20 rue du Banquier se trouvait l'usine de torréfaction San Rivo. Fondée en 1938, elle s'étendait sur 3 000m² et trois niveaux. Elle a employé jusqu'à 125 personnes, dont la moitié étaient des livreurs allant porter en camionnette des sacs de café à deux cents kilomètres à la ronde. L'usine produisait alors 4 000 tonnes de grains et de mouture par an. A sa fermeture, San Rivo n'en produisait plus que le dixième et n'employait plus que 9 personnes. La puissance de la grande distribution avait eu raison du petit torréfacteur.

13/0044 Paul et Virginie

Au 20 de la rue de la Reine Blanche, s'élevait la maison de Bernardin de St Pierre, l'auteur de Paul et Virginie, publié en 1788, ainsi qu'un autre roman, moins connu, "La chaumière indienne". Autant d'oeuvres exotiques, bien éloignées du 13è arrondissement. En 1792, en récompense de ses efforts littéraires, Bernardin obtint la place d'Intendant au Jardin des Plantes...pour un an seulement, puisque nommé par Louis XVI. Il dut s'effacer devant Daubenton, dès la parution du décret qui fondait le Muséum.

13/0045 Le tombeau du saint

Au droit du 4 de la rue Michel Peter, se situe l'emplacement de la crypte de l'ancienne collégiale, et peut-être le tombeau de Saint Marcel. Mais pour le savoir, il faudrait creuser sous l'immeuble actuel, l'emplacement exact de la crypte étant tout de même connu depuis un relevé précis effectué au 19è siècle. Cet endroit fut un lieu de pèlerinage pendant des siècles, du haut Moyen-Âge à la Révolution. Mais encore faut-il le vouloir...

13/0046 Où habitez-vous ?

On l'a vu, le marché aux chevaux (et aux chiens) se tenait à l'emplacement actuel du boulevard St Marcel. On en a encore le témoignage indirect en se dirigeant vers le n°77 du même boulevard. On y trouve une plaque: ancien 49. En effet, la disparition du marché a entraîné, au début du 20è siècle, une nouvelle numérotation de la voie. Si vous vous rendez à cette adresse, n'hésitez pas à en franchir le porche: vous trouverez dans la cour une jolie fontaine de pierre et de fonte.

13/0047 Des disparus dans un cimetière... disparu

Au carrefour du boulevard St Marcel et de la rue du Jura, se trouvait le petit cimetière de Ste Catherine, fermé en 1824. Il était éclectique, puisqu'il recueillait aussi bien les malheureux sans famille et sans argent portés à la morgue, que des trépassés plus célèbres tels: le général Pichegru, Bichat, les quatre sergents de la Rochelle, Restif de la Bretonne...

13/0048 Quand la police peut remercier la bonne société

L'hôpital des Gardiens de la Paix se trouve au 35 boulevard St Marcel. C'est une fondation de Marcelle et Jean Chiappe, construite en 1929. La femme du célèbre préfet de police de Paris fit largement contribuer la haute société à cette oeuvre, rendue nécessaire par la délicate proximité des policiers et des manifestants dans les hôpitaux du Paris de l'entre-deux-guerres.

13/0049 Pas de train-train pour la gare

La gare d'Austerlitz a plusieurs particularités. En premier lieu, celle d'être traversée par le Métropolitain en 1906. De plus, sur la façade vous pourrez admirer les blasons des villes desservies par cette gare: Orléans, Nantes, Tours, Bordeaux, Périgueux et Paris et au-dessus de l'horloge, le sigle PO (Paris-Orléans). Mais ce n'est pas tout: le bâtiment à droite du corps central a servi de maison d'arrêt à la Garde Nationale. Pour avoir négligé de remplir leurs obligations militaires, Alfred de Musset, Théophile Gautier, Honoré de Balzac y furent internés. Et pour finir, pendant la guerre de 1870-1871, la halle fut utilisée comme espace de gonflage...de ballons ! L'aventure du Jacquard, parti avec deux cent cinquante kilos de courrier pendant le siège de Paris, et perdu en Manche, a donné lieu à l'érection d'une plaque commémorative, près des guichets. Je ne peux pas terminer cet article sans évoquer , en 1879, le retour d'une partie des déportés de la Commune provoqua une émouvante manifestation silencieuse de plus de quarante mille personnes, à quatre heures du matin...

13/0050 Un port en plein Paris

Le quai de la Gare ne désigne pas, comme on pourrait le penser, la gare du chemin de fer d'Orléans (actuelle gare d'Austerlitz, voir ci-dessus), mais une gare de bateaux. ce port artificiel fut construit sous Louis XV pour abriter les bateaux durant l'hiver. Ce vaste plan d'eau avait été creusé entre 1764 et 1768, en forme de demi-cercle. Il disparaîtra progressivement sous les constructions et la gare de marchandises de Paris-Orléans. On trouvait d'ailleurs au niveau du n°45 du quai de la Gare actuel, une des plus anciennes piscines de Paris, construite dès 1885.

13/0051 Le plus grand moulin du monde était à Paris !

Les Grands Moulins de Paris furent construits de 1917 à 1920. Le bâtiment central abritait les moulins: jusqu'à 1 700 tonnes de blé y étaient broyées par jour ! Ce qui fut le plus grand moulin du monde a été transformé en université. Comme quoi il y a toujours du grain à moudre...

13/0052 Boulevard de la Jamaïque

A la hauteur du 127 rue Nationale s'élevait la petite raffinerie de sucre d'un nantais, Louis Say. Les sucres Say, vous connaissez ?
Il fonda sa raffinerie en 1832, et l'appela "Raffinerie de la Jamaïque", du nom de l'île des Caraïbes de laquelle il importait sa canne à sucre. il y produisait environ 2 tonnes de sucre par jour. Son fils, Constant Say créa, sous le Second Empire, des caisses de secours et de retraites pour ses ouvriers. La partie du boulevard qui passait devant la raffinerie s'appela même un temps Boulevard de la Jamaïque ! L'affaire se développa tant qu'en 1900, la raffinerie Say était la première du monde ! Le sucre de betterave avait entretemps remplacé la canne à sucre... L'usine fermera ses portes en 1968.

13/0053 Le plan du quartier...sur un mur !

A l'angle des rues Jean Colly et du Château des Rentiers, l'immeuble est stupéfiant. Vous y verrez le plan de circulation multicolore du quartier reproduit en carreaux et plaques émaillées sur sa façade est, tandis qu'une classique vasque de fonte est cachée au milieu d'une structure de tubes métalliques. Celle-ci est un vestige de la grue ayant servi à la construction, et elle fut intégrée à l'immeuble ! Le trop-plein de la vasque devait se déverser par une rigole sur le trottoir, vers le caniveau. Mais la mauvaise humeur des riverains et des pompiers, régulièrement appelés pour contenir la fuite, a eu raison de cette curiosité...

13/0054 Le premier HLM de Paris

Au n° 48 de la rue Jeanne d'Arc, un immeuble de briques, à l'allure médiocre, est plus important qu'il n'y paraît. C'est en 1888 que la Société Philanthropique, une société privée, demanda à l'architecte de la Manufacture des Gobelins, Chabrol, d'édifier un immeuble d'habitations à loyer modéré (HLM) pour les familles modestes du quartier. Composé de trente cinq logements  de 29m² chacun, c'est le premier HLM de Paris.

13/0055 Un jardin potager à visiter

Au 119 de la rue du Chevaleret, des soeurs polonaises tenaient autrefois un asile pour vieilles femmes, autour de leur chapelle St Casimir et d'un charmant jardin planté de roses, d'arbres fruitiers et d'un potager, que l'on pouvait visiter sur rendez-vous. C'est aujourd'hui une agréable maison de retraite.

13/0056 Des refuges pour les miséreux

Au 12 rue Cantagrel se trouve la célèbre Cité de Refuge. Financée par la Princesse de Polignac, elle fut construite par Le Corbusier en 1933, pour abriter 600 personnes. Il put, pour la première fois, mettre à exécution ses théories architecturales en application, et ce, à grande échelle. Asile de nuit pour les clochards, service de désinfection, cuisines et cantines, des ateliers, des magasins et des bureaux, un dispensaire, une crèche, une buanderie, des vestiaires, des logements, on trouve tout cela à la Cité. Il était même prévu (en 1933 !) des doubles vitrages aux fenêtres et l'air conditionné, mais le coût prohibitif à l'époque fit abandonner ce projet. Pas très loin, au 69 de la rue du Château des Rentiers, un autre asile de nuit, l'asile Nicolas Flamel, accueille deux cents chômeurs, dans un centre de réinsertion et d'apprentissage des métiers du bois. Décidément, le quartier est dévolu aux pauvres; enfin, n'oublions pas au
n° 77 de la même rue, le foyer de post-cure psychiatrique, L'Elan Retrouvé, qui fut créé après la seconde guerre mondiale, pour soigner les malades mentaux, et qui ferma ses portes en 1997.

13/0057 Un émouvant vestige

Rue Nationale, après avoir passé la rue Regnault, se trouve un vaste bâtiment. Vous y verrez une inscription:"SAAE Panhard et Levassor". C'était le siège social de la célèbre marque automobile, qui fit rouler sa première voiture en 1891. S'étant assuré de l'exclusivité du moteur allemand Daimler par l'entremise d'un ami ingénieur, ils sortirent de leur usine cinq véhicules la première année, qui furent livrés à des clients fortunés. Les succès dans les grandes compétitions sportives s'accumulèrent (Paris-Bordeaux-Paris, le rallye de Monte-Carlo, les Mille miles, le Tour de France auto...), si bien que la production dépassa rapidement les dizaines de milliers d'automobiles, réputées dans le monde entier pour leur robustesse, leur luxe et...leur prix élevé. La firme ferma ses portes dans les années 60, car les modèles produits à cette époque étaient trop en avance sur leur temps, tant sur la conception technique, qui les rendait fragiles, que sur la ligne, jugée trop avant-gardiste. Les puristes apprécieront...Moi, j'adore !

13/0058 Du porc au chocolat

Dans la rue de la Vistule, à l'emplacement du lycée Gabriel Fauré, se trouvait au 19è siècle un marché aux porcs. Créée sous Louis XVI, une chocolaterie, Lombart, fondée par Meunier, s'y établit en 1859. Ce dernier avait parfaitement compris les nouveaux enjeux de cette nouvelle industrie alimentaire, et fit construire sa grande chocolaterie entre 1865 et 1876, sur l'ancien marché aux porcs. En 1882, l'usine comporte trois machines à vapeur, un générateur, une bascule de dix tonnes, cinq moulins à cacao, huit mélangeurs et onze broyeurs, deux torréfacteurs et une machine à sucre. La chocolaterie Lombart souffrit beaucoup des grèves de 1936, et ne s'en remit jamais. Elle disparut en 1946.

13/0059 Le hameau mal bâti

La rue des Malmaisons doit son nom depuis le 15è siècle, à un hameau mal bâti. Masures fragiles, sales, mal conçues ? On ne sait pas. Ce que l'on sait, par contre, c'est qu'une famille, les Canaye, teinturiers originaires de Milan, et rivaux des Gobelins, qui devaient faire souche dans le quartier, y possédaient des vignes.

13/0060 Un cimetière plein d'inconnus

Eh oui, le petit cimetière dit de Gentilly, qui donne sur la rue Louis Pergaud, n'est hanté par aucune célébrité. Tout au plus peut-on remarquer la tombe de Paulin Enfert. Ce modeste employé fut le fondateur de la Mie de Pain, célèbre oeuvre sociale qui s'occuipe, encore de nos jours, des sans-abri. 

13/0061 Les chauffeurs sont sur le toit

La petite Russie se trouve rue Barrault...sur un toit ! Dans les années 1920, une entreprise de taxis avait fait construire ce garage pour y remiser ses taxis, et avait imaginé de construire, sur le toit, vingt petites maisons pour y loger les chauffeurs ! Mais pourquoi "Petite Russie" ? Eh bien, nous sommes en 1920. Alors ? Ca ne vous dit rien ? Bon, alors, voilà l'explication: il y a 3 ans que la Révolution bolchévique a renversé l'Empire tsariste. La noblesse russe s'est massivement exilée pour échapper aux massacres perpétrés par les communistes. Celle-ci a tout naturellement trouvé refuge en France, pays accueillant, et pour assurer sa survie (elle avait fui son pays totalement ruinée, ses biens étant confisqués par les révolutionnaires) , n'hésita pas à exercer le métier de taxi. En effet, rares étaient ceux qui savaient conduire une automobile à cette époque. La noblesse russe, ayant les moyens de posséder un tel véhicule, et sachant conduire, occupa très facilement ce créneau (si je peux m'exprimer ainsi...).

13/0062 Le peintre du roi

Charles Le Brun, peintre officiel du roi Louis XIV, et premier directeur de la Manufacture royale des Gobelins, habita à l'emplacement de l'actuel 32 avenue des Gobelins. Le café qui se trouve à cette adresse s'appela successivement "Le Lion d'or", puis "Le Nouveau Monde", puis enfin "Le Grand Louis".

13/0063 Ce mur murant Paris rend Paris murmurant

C'est ainsi que les Parisiens surnommèrent le mur de l'enceinte des Fermiers Généraux. Construit en 1786, véritable enceinte fiscale destinée à percevoir les taxes sur les marchandises entrant dans la capitale, il n'en reste que quelques vestiges.
Elle fut démolie sous le Second Empire. Ne subsistent que quelques pavillons d'octroi: La Villette, Nation, Denfert-Rochereau et Monceau. On peut encore dénicher quelques bouts de la muraille, en particulier au 34 rue Jenner. De même, la façade de l'hôpital de la Pitié, qui n'est autre qu'un vestige de l'enceinte. Enfin, quelques traces sont visibles rue Bruant, ainsi que dans l'enceinte même de l'hôpital, le long du nouveau bâtiment de cardiologie.

13/0064 L'hôpital poudrière

L'hôpital de la Pitié-Salpêtière tire son nom du salpêtre, composant principal de la poudre à canon, et produite en ces lieux. Devenu hôpital en 1656, il logeait les femmes invalides, mendiantes ou folles. La maison centrale a conservé les bancs sur lesquels étaient attachées ces pauvres femmes. Quatre nefs séparées par quatre chapelles se rejoignent au niveau d'une rotonde centrale. Cette disposition permettait d'isoler chaque catégorie de prisonnières lorsque l'hôpital n'était encore qu'une prison.

13/0065 Un culte...belge !

Une curieuse petite église jaune fait l'angle entre la rue Vergniaud et la rue Wurtz. Elle est rattachée au culte Antoniste, créé en 1910 par ...Antoine, un Belge que ses adeptes appellent le Père. Ce n'est pas une secte, et 64 autres temples antonistes existent dans le monde, dont deux autres à Paris: 49 rue du Pré St Gervais (19è arrdt), et 10 impasse Roux (17è arrdt). Le culte Antoniste consiste principalement en la croyance en la prière et ses pouvoirs de guérison, à la fois physique et physiologique.

13/0066 La plus longue liste d'attente

La Petite Alsace, au 10 rue Daviel, date de 1912. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cet ensemble d'immeubles alsaciens regroupés autour d'une cour centrale, est ...un HLM ! Si vous jetez un oeil sur cet ensemble superbe, vous comprendrez aisément que la liste des prétendants est longue, très longue... Comme quoi, on peut construire des HLM...agréables à vivre !
En face de la Petite Alsace, allez voir la Cité Daviel, (7 rue Daviel), très agréable elle aussi.

13/0067 Quelle Blanche ?

L’hôtel dit « de la Reine Blanche » se trouve au 17 de l’avenue des Gobelins (il est aussi visible depuis le 4 bis rue Gustave Geoffroy). C’est le vestige d’un bâtiment  construit en 1520, et partiellement détruit en 1867. Les historiens sont perplexes quant à l’origine de son nom. Il ne s’agit certainement pas de Blanche de Castille, mère de St Louis, ; ils hésitent entre Blanche de France, Blanche d’Evreux, et Blanche de Bourgogne. Cette dernière semblant avoir leur préférence. Si vous hésitez, je vous donne carte…blanche, bien sûr !

13/0068 Où l’on devine la Bièvre

La Bièvre coule toujours sous les pieds des passants des 13è et 6è arrondissements. Si elle est entièrement recouverte depuis le début du 20è siècle, on la devine rue Emile Deslandres. En effet, un léger dos d’âne trahit la présence de la petite rivière.

13/0069 Les meubles de la République

Si vous empruntez la rue Berbier du Mets, vous passerez nécessairement devant une colossale construction en ciment armé, datant de 1935. Construit à l’emplacement d’une misérable cité (disparue en 1930) par le célèbre architecte du béton Auguste Perret, c’est le bâtiment où sont stockées les réserves en attente d’affectation du Mobilier National. C’est-à-dire le mobilier historique, qui a échappé aux pillages de la Révolution, et qui garnit désormais les palais républicains, les ministères et les ambassades de notre belle capitale.

13/0070 Alouette, gentille alouette…

La rue Corvisart, s’appelait avant 1867 rue du Champ de l’Alouette. Nom bien plus poétique, mais qui n’a aucun rapport avec  le charmant volatile. Si je vous dis que le propriétaire du terrain en 1547 se nommait Eustache Laloué, et que son nom fut déformé, comme c’était souvent le cas à l’époque, en Lalouette, vous me suivez ?

D’ailleurs, la rue du Champ de l’Alouette a été recréée à quelques mètres de la rue Corvisart.

13/0071 Une drôle de colonie

La rue de la Colonie porte un nom étrange. N’y voyez aucun rapport avec  nos anciennes colonies d’Afrique ou d’ailleurs, mais plutôt avec une colonie bien particulière. En l’ocurrence, celle…des chiffonniers ! Très nombreux aux 19ème et au début du 20ème siècle dans cet arrondissement populaire et pauvre, ils ont tellement marqué l’histoire du quartier qu’une rue en rappelle le souvenir. 

13/0072 Le marteau philosophal

Le 16 mars 1891, deux lecteurs étaient assis côte à côte dans la salle de lecture du Département des Imprimés, à la Bibliothèque Nationale. L'un d'eux, Auguste Rodez, confia à l'autre lecteur qu'il avait découvert le secret de la pierre philosophale. En clair, qu'il savait transformer le vil plomb en or pur ! Comme son interlocuteur paraissait sceptique, l'alchimiste l'invita chez lui, et l'autre accepta. Mal lui en prit. Il suivit Rodez dans un taudis rue de la Glacière. Là, l'initié retira d'une cornue, où elle cuisait doucement, une substance rougeâtre. C'était la Pierre des Sages... Le visiteur, peu impressionné, se moqua gentiment, mais fut assommé à coups de marteau par Rodez. Ce dernier était soudainement devenu fou furieux. On dut l'interner à Ste Anne, où il mourut quelques années plus tard.

13/0073 Un étrange candélabre

Le candélabre du passage Vandrezanne présente deux particularités. La première, c'est sa forme curieuse: on dirait une potence. Mais, après tout, pourquoi pas? La seconde: que fait-il ici ? En effet, il n'y a aucune maison à éclairer dans ce passage. C'est en réalité une coquetterie moderne, qui ne doit rien à l'histoire. Mais qui a le mérite d'exister et de nous rappeler que ces candélabres étaient, il y a plus de cent ans, le seul moyen efficace d'éclairer les rues mal famées de Paris.

13/0074 Nettoyage obligatoire

Au 8 rue Berbier du Mets, vous trouverez une petite plaque énigmatique. N'oublions pas que nous nous trouvons à proximité de la Manufacture Royale des Gobelins, le long de la Bièvre.  Elle porte les indications suivantes: n°66, 70T 4P. Cela signifie tout simplement repère n°66, 70 toises et 4 pieds. C'estainsi résumée, l'obligation faite à la Manufacture d'entretenir la rivière, et ses berges. 70 toises et 4 pieds correspondent à la distance sur laquelle devait être observée cette obligation: environ 137 mètres.