Anecdotes 14è arrondissement

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14/0001 Le Méridien de Paris

Dans le Parc Montsouris, Boulevard Jourdan, il existe un monument nommé "Mire du Sud", qui matérialise le passage du Méridien de Paris. Sous la ligne "du règne de..." figurait Napoléon 1er, dont le nom fut martelé par les ouvriers de Louis XVIII à la Restauration.

14/0002 Pauvre Arago !

Boulevard Arago, une statue du célèbre astronome surmontait le piédestal, vide de nos jours. Son effigie en bronze fut réquisitionnée par les Allemands en 1941, au titre de la participation à l'effort de guerre. Triste destin pour un tel génie...Tout près de la Place Denfert-Rochereau, dans le square Jacques Antoine, les statues de Raspail et de Ludovic Trarieux connurent le même sort.
Et pour compléter le tableau, mais dans un autre ordre d'idées, à l'angle du Boulevard Arago et de la rue de la Santé, trône la dernière vespasienne parisienne !

14/0003 Un hospice pour les filles-mères

Au 74, Avenue Denfert-Rochereau se trouvait l'hospice St Vincent de Paul. De 1811 à 1882, de nombreuses "mères honteuses" vinrent y déposer leurs enfants illégitimes.

14/0004 Le plus célèbre des douaniers a deux rues à son nom !

La rue du Douanier fut habitée par des peintres (Foujita, Derain, Braque), qui la baptisèrent du nom du Douanier Rousseau. En 1927, la Municipalité ratifia leur choix et dénommèrent l'impasse "Rue du Douanier". Mais il faut croire que les conseillers municipaux ont oublié cette anecdote, car ils ont baptisé en 1949 une autre rue toute proche, Rue du Douanier Rousseau.

14/0005 Où était entreposée la guillotine ?

Au 81 rue St Jacques, dans une remise appartenant au bourreau. De 1836 à 1851, les exécutions avaient lieu sur la Place St Jacques. C'est là que Lacenaire perdit la tête, le 9 janvier 1836.

14/0006 Une rue pavée à l'ancienne

Rue des Thermopyles, vous foulerez une des dernières rues pavées de Paris, inchangée depuis l'origine.

14/0007 Un témoignage de l'Expo

4, Passage Montbrun, admirez les studios d'artistes édifiés en brique, fer et verre, à partir des matériaux récupérés des Pavillons Internationaux détruits après l'Exposition Universelle de 1900.

14/0008 Le château d'eau de Paris

11, rue de la Tombe Issoire, on voit très bien le pavillon principal surplombant les réservoirs (dans les tumulus) qui recueillent depuis 1876 les eaux du Loing et d'autres rivières. 200 000m3 d'eau sont stockés ici et approvisionnent Paris en eau potable.

14/0009 Un immeuble extraordinaire

L'extraordinaire immeuble du 31 rue Campagne Première est dû à l'architecte Arfvidson, qui y avait imaginé dès 1911 les premiers duplex pour artistes, éclairés par de grandes baies, pourvus du chauffage central à la vapeur et...du téléphone ! Le célèbre photographe américain Man Ray y vécut avec son modèle, Kiki de Montparnasse, jusqu'en 1937.

14/0010 Un immeuble de récupération, mais un nid de génies

Toujours dans la rue Campagne-Première, au n°9, cet immeuble fut construit (un de plus), avec des matériaux de récupération de l'Exposition Universelle de 1889. Des artistes tels que Derain, Rilke, Braque, s'y installèrent.

14/0011 Un café pour prolétaires ?

Le Dôme, boulevard Montparnasse, fut inauguré en 1897. On y jouait au poker dans l'arrière-salle. Ce n'était alors qu'un modeste bar, réputé pour ses machines à sous. Lénine et Trotski fréquentèrent les lieux, puis Modigliani et Utrillo.

14/0012 Un dîner-spectacle un peu particulier

31, rue de la Gaité se trouve le Théâtre Montparnasse. Deux cariatides en marquent l'entrée. Lorsqu'il fut créé, en 1819, on y donnait plusieurs spectacles d'affilée, et les spectateurs faisaient réchauffer leur dîner sur un grand poële au milieu de la salle.

14/0013 Un architecte très  éclectique

L'église St Pierre de Montrouge, à l'angle des avenues du Maine et du Général Leclerc, est l'oeuvre du même architecte, Emile Vandremer, qui bâtit ...la prison de la Santé, ce qui explique sans doute sa froideur et son austérité. Son belvédère servit d'observatoire aux Communards. Une quarantaine de fédérés y furent passés par les armes par les Versaillais, en 1871, pendant l'insurrection.

14/0014 Il ne fait pas bon défier les Parisiens

La rue de la Tombe-Issoire. Vous la connaissez sans doute de nom. Mais justement, d'où vient ce nom bizarre ? Il rappelle la légende du géant Isoré, roi sarrasin et colosse de 4 mètres, qui défiait les Parisiens. La geste de Guillaume d'Orange rapporte l'exploit d'un cousin de Charlemagne, Guillaume au Court-Nez, qui lui trancha la tête. Isoré aurait été enterré par ici. Cherchez bien...
Une statue gigantesque du géant (c'est normal), confectionnée par les enfants de l'école, orne la façade de cette dernière.
Vous ne pouvez pas la manquer.

14/0015 Un bien curieux marché...

La place Pablo Picasso, au bout du boulevard du Montparnasse, était le lieu d'un bien curieux marché. Jusqu'en 1914, tous les lundis, se tenait le marché...aux modèles ! Dans ce quartier très fréquenté par les artistes (Picasso, Modigliani, Soutine, Foujita, Vlaminck, entre autres), les trois heures de pose étaient payées cinq francs.

14/0016 Le maréchal fusillé

A l'angle de l'avenue Denfert-Rochereau, face au n°43, vous pourrez voir un buste du maréchal Ney.
Le brave des braves, ainsi que le nommait Napoléon Ier, fut fusillé par les troupes royalistes à cet endroit, le 7 décembre 1815, à 9h20 du matin. La foule vint rendre un dernier hommage au grand soldat, dont le seul tort fut d'avoir rallié l'Empereur après son retour de l'Ile d'Elbe, et d'avoir perdu la bataille de Waterloo.

14/0017 Les disparus des catacombes

En septembre 2007, rue d'Alésia, un passant eut la surprise d'entendre des appels au secours provenant...du dessous du trottoir ! Deux "cataphiles" (amateurs des catacombes) s'étaient perdus dans les nombreuses galeries. Leurs lampes de poche s'étaient éteintes après 3 heures de marche, et, pris de panique, ils en furent quitte pour une belle peur, et une amende infligée par les policiers spécialisés venus les délivrer.

14/0018 Un hôtel particulier baladeur

L' Hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de Lettres, a une singulière histoire. Cet édifice était construit, au 18è siècle, sur...les Champs-Elysées !
Menacé de démolition en 1926 par une grande opération immobilière, il fut sauvé par Edouard Herriot, alors ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, qui offrit à la société une parcelle du Jardin de l'Observatoire, pour accueillir le bâtiment. Il fut méthodiquement démonté, transporté et reconstruit à l'emplacement actuel, à l'identique et avec les matériaux d'origine. Merci Monsieur Herriot !

14/0019 Cherchez Baudelaire

Au cimetière du Montparnasse, Charles Baudelaire possède deux adresses posthumes. L'une d'elles est fausse, mais c'est pourtant celle qui accueille le plus d'admirateurs et de nostalgiques du poète. Situé dans la 27è division, il ne s'agit que du cénotaphe de Baudelaire, représenté en vampire, qui semble vous toiser rageusement. En réalité, son corps repose dans la 6è division. C'est un véritable jeu de piste, puisqu'il faut chercher la modeste sépulture du général Aupick, dont les glorieux états de service sont détaillés sur plusieurs lignes.
Sous ces lignes martiales, on peut lire ces quelques mots: "Charles Baudelaire, son beau-fils, décédé à Paris à l'âge de 46 ans, le 31 août 1867".

14/0020 Une rue sans numéro

La rue Le Brix et Mesmin restitue le souvenir de deux aviateurs héroïques, morts dans l'accident de leur avion lors du raid Paris-Tokyo en 1931. Perpétuer sa mémoire par une rue sans numéro, donc sans vie, est une manière de mourir une deuxième fois.

14/0021 Concert macabre aux Catacombes

Dans la nuit du 1er au 2 avril 1897, quarante-cinq musiciens réunis clandestinement, et ayant acheté la complicité de deux ouvriers des carrières, donnèrent un concert dans la crypte dite "de la Passion". Ils y avaient convié une centaine de personnes de la bonne société, journalistes, artistes, savants. Dans ce décor impressionnant, l'orchestre interpréta la Marche  Funèbre de Chopin, le Marche Funèbre de la Symphonie Héroïque de Beethoven, et la Danse Macabre de Saint-Säens. Les deux ouvriers, rémunérés vingt sous de pourboire, furent licenciés, puis...réintégrés par la suite. 

14/0022 Une boulangerie historique

Au n° 45, la boulangerie a conservé ses panneaux peints par Benoist et fils (vers 1900), figurant des moulins aux quatre saisons, et à l'angle, deux figures féminines plus récentes. A l'intérieur, le plafond peint par Gilbert représente un ciel entouré de paysages et de bouquets de fleurs.

14/0023 Un lieu très inspiré

Le 261 boulevard Raspail, site de l'ancien American Center, est également le lieu où Chateaubriand vécut et planta un cèdre du Liban. Cet arbre vieux de deux siècles se trouve aujourd'hui encadré de deux écrans de verre, qui forment une sorte de porte gigantesque, et obligent le visiteur à passer sous ses branches. C'est devenu, depuis, le Siège social de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain. Je ne vous en dis pas plus, allez-y et jugez par vous-mêmes... Etonnant, non ?

14/0024 Des fresques rupestres en plein Paris

Dans le square d'Alésia, au 223 de la rue, le mur d'un immeuble adjacent est entièrement recouvert de peintures rupestres gigantesques représentant des bisons, des mammouths,  des chasseurs, du gibier... Elles furent réalisées en 1992.

14/0025 Un couple uni pour l'éternité

Au cimetière du Montparnasse, l'une des tombes les plus extraordinaires est sans conteste celle de la famille Pigeon. L'inventeur des célèbres lampes du même nom y est représenté, bien vivant, allongé aux côtés de sa femme, sur le lit conjugal. Il y tient ses livres de comptes auprès du cadavre de son épouse.
Incroyable, mais...vrai !

14/0026 Les coucous s'en vont !

C'est par ce cri du coeur poussé le 6 juin 1846 que le magazine "L'Illustration" salua l'inauguration du Chemin de Fer de Sceaux, condamnant par là même à la retraite les "coucous" qui assuraient jusque-là les liaisons Paris-Banlieue. Sceaux, après Versailles et St Germain en Laye, cédait à la modernité de la vapeur. Adieu les voitures à chevaux, bonjour les locos...
La petite gare de tête de ligne située place Denfert-Rochereau est le plus ancien témoignage subsistant de la première génération des gares parisiennes.

14/0027 Isolement, surveillance et salubrité

Ce n'est pas la nouvelle devise de la République, mais les préceptes (modernes pour l'époque), qui ont conduit à la construction de la toute nouvelle prison de la Santé. Bâtie de 1861 à 1867 par Emile Vaudremer. Elle innove en plusieurs points: isolement des prévenus seulement la nuit, surveillance centralisée, travail collectif en ateliers dans la journée, système de tout-à-l'égout moderne, ventilation et chauffage dernier cri... Ce qui ne manqua pas, comme on peut s'en douter, de scandaliser les contemporains, qui étaient souvent loin de bénéficier d'un tel confort. On les comprend...
Mais enfin, les nouvelles normes d'hygiène et de sécurité se devaient d'être appliquées partout.

14/0028 Donnant, donnant

La place Denfert-Rochereau, vous le savez, abrite en son centre le Lion de Belfort. Mais connaissez-vous son secret ?
En réalité, tout se passe après la désastreuse guerre franco-prussienne de 1870. Napoléon III, battu par les Allemands à Sedan, dut capituler, et le Second Empire disparaîtra avec lui.
Si l'armée française fut largement écrasée par l'adversaire, il y eut tout de même quelques hauts faits d'armes. En particulier, le colonel Denfert-Rochereau, que les Allemands ne purent, malgré leurs efforts, forcer à capituler. La ville de Belfort, dont il assurait la défense, ne put jamais être prise. Mais son comportement héroïque ne suffit pas à assurer la victoire...
Parmi les termes de la capitulation stipulés par le Traité de Francfort, le négociateur français, Adolphe Thiers, accepta que les Allemends n'occupassent Paris que durant une journée symbolique, le 1er mars 1871. En échange, la France pouvait conserver Belfort. C'est ainsi que le Territoire de Belfort naquit... Mais en dépit des efforts de Thiers, l'Alsace et une partie de la Lorraine furent annexées au Reich. Il faudra attendre 1918 et la revanche pour les récupérer. Mais ça, c'est une autre histoire...

14/0029 La cantine des artistes

Marie Vassilief choisit le 21 avenue du Maine pour y créer la cantine des artistes. De 1915 à 1929, elle y accueillit Picasso, Modigliani, Zadkine, Chagall, Apollinaire... Les artistes qui habitent toujours le lieu essayent de sauver ce petit îlot de verdure. Ils sont fiers de faire visiter cet endroit pittoresque, et d'en raconter l'histoire.

14/0030 Le trophée russe

L'église Notre-Dame du Travail, au 59 rue Vercingétorix fut construite de 1899 à 1901 par l'architecte Jean Astruc. C'est un curieux bâtiment, à mi-chemin entre architecture industrielle et grange du Middle West américain. L'idée de l'abbé Soulange-Bodin était de construire un lieu de culte qui réconcilierait le monde du capital et du travail. En effet, de nombreux cheminots habitaient le quartier (nous sommes tout près de la Gare Montparnasse). D'où son nom. Cette église présente une autre particularité: elle été construite à peu de frais, en partie grâce à...une souscription nationale ! De plus, on récupéra des charpentes métalliques de l'ex-Palais de l'Industrie, ce qui explique son architecture industrielle. Enfin, elle abrite une cloche "historique": elle fut ramenée du siège de Sébastopol par Napoléon III en 1855 ! 

14/0031 Le bon plaisir

Le célèbre film, dont Catherine Deneuve fut la vedette, fut tourné Villa Hallé, à deux pas de la bruyante avenue du Général Leclerc. Petite impasse bordée de maisons basses, souvent avec jardin. Cadre bucolique et atmosphère provinciale assurés.

14/0032 Comme quoi on peut être banquier et artiste

Encore une adorable ruelle pavée à l'ancienne et bordée de maisons campagnardes. Vous succomberez comme moi au charme des lieux de la rue Boulard. C'est devenu une voie privée, mais on peut quand même l'admirer à travers les grilles. Au n°29 de la rue, un employé de banque s'initia à la peinture chez son ami Emile Schnuttneckar. Il s'appelait Paul Gauguin.

14/0033 Sous-sol comestible

Le sous-sol du 14ème arrondissement, c'est bien connu, est truffé d'anciennes carrières. C'est d'ailleurs pour cette raison que les cimetières Parisiens y furent déménagés en 1786 dans les carrières de la Tombe-Issoire, formant ainsi les Catacombes, sous l'actuelle place Denfert-Rochereau.
Mais on ne trouve pas que des os dans ces sous-sols. Un jour, en 1814, un dénommé Chambry, maraîcher de son état, découvrit par le plus grand des hasards qu'une ancienne carrière à laquelle il pouvait accéder par son jardin était couverte de...
champignons !
L'obscurité, le taux d'hygrométrie élevé, la température constante et fraîche, et la présence opportune de crottin de cheval avaient permis cette éclosion. La culture industrielle du champignon de Paris, appelé aussi agaric des champs, pouvait commencer.
Bientôt, ses champignonnières s'étendirent de l'hôpital Cochin au boulevard St Jacques. Si bien qu'au milieu du 19è siècle, la production parisienne atteignait 25 tonnes par jour. La suite est moins rose: chassés par le renchérissement des terrains, les champignonniers de la capitale émigrèrent en banlieue (Montrouge, Bagneux, Ivry, Charenton...), à la fin du 19è siècle.
Mais les carrières ainsi libérées n'étaient pas perdues pour tout le monde. Au début du 20è siècle, des brasseurs comme Dumesnil ou La Gallia s'y installèrent.

14/0034 Moche, mais moderne

L'hôtel PLM St Jacques, au 5/17 boulevard St Jacques, fut construit en 1972. Si l'esthétique est discutable (question de goût, après tout), l'hôtel bénéficia dès l'origine d'un système de réservation des chambre électronique IBM, unique au monde, à l'époque. Il devint très vite le lieu de rendez-vous privilégié des artistes, écrivains, chanteurs, acteurs, etc... Samuel Beckett, Jacques Dutronc et Serge Gainsbourg y furent les plus assidus. Il changea plusieurs fois de nom, et aux dernières nouvelles, il appartient au groupe Marriott depuis 2006. Impressionnant par ses dimensions (100m de long, 22m de large, 22 niveaux dont 3 en sous-sol, plus de 800 chambres, un restaurant, des salles de congrès, de projection...), il ne l'est pas par son style. Mais ça, je l'ai déjà dit.

14/0035 Le vampire de Montparnasse

Le cimetière de Montparnasse fut inauguré en 1824, et agrandi en 1847. Jusqu'en 1883, il comprenait un "champ de navets", ce qui en argot signifie une fosse commune, où l'on enterrait les condamnés à mort. A partir de 1847, des violations de sépultures furent constatées au Père-Lachaise, mais on ne put en découvrir l'auteur. Cependant, une nuit, le gardien découvrit, blotti dans une fosse fraîchement creusée, Francis Bertrand, un militaire de 27 ans. Un moment soupçonné, il fut relâché et regagna sa caserne de Reuilly. De ce jour, les profanations cessèrent au Père-Lachaise. Mais, en 1848, ce fut le tour du cimetière du Montparnasse. Le 30 juin 1848 et les semaines suivantes, les gardiens découvrirent un spectacle macabre: des cadavres de femmes arrachés à leurs tombeaux, et abandonnés, mutilés, dans des allées peu fréquentées...Les gardiens du cimetière décidèrent alors de tendre un piège à l'insaisissable vampire. Un canon de fusil, chargé de mitraille, fut placé sur une tombe, et recouvert de zinc et de couronnes. On attendit plusieurs mois. Enfin, une nuit, une détonation se fit entendre. On trouva des traces sanglantes et des lambeaux d'habits militaires près de la tombe piégée. Le souvenir de Francis Bertrand refit surface, et on finit par le découvrir, criblé de cinq blessures, au Val de Grâce. Comme son comportement était irréprochable, il fut défendu, dans un premier temps, par sa hiérarchie. Mais les soupçons s'accumulaient, et un interrogatoire plus poussé le fit avouer. En fait, il prenait un malin plaisir à déterrer jusqu'à 15 cadavres de femmes dans une nuit, à les mutiler, les transporter et disperser leurs entrailles... Traduit en Conseil de Guerre le 10 juillet 1849, il ne fut condamné qu'à...1 an de prison, et aux frais de la procédure! Il accomplit sa peine au bagne de Belle-Île. On ne sait ce qu'il advint de lui ensuite...

14/0036 Le forgeron gallo-romain

On a découvert, en 1903 rue Cassini, la plus belle des stèles parisiennes. Une stèle gallo-romaine (que vous pouvez admirer au musée Carnavalet) consacrée à une profession. Elle représente, presque en grandeur naturelle,  (1m44), un forgeron et ses instruments. On peut raisonnablement penser que les forgerons jouissaient à Lutèce d'un rôle important, comparable à celui qui était le leur dans les grands ports, où l'on construisait et réparait les navires.

14/0037 Meurtre rue d'Enfer

En 1855, le 16 septembre exactement, un cocher de fiacre nommé Collignon tua un de ses clients. Ce client, Monsieur Juge, directeur de l'Ecole Normale de Douai, était de passage à Paris avec son épouse. Il héla un taxi, qui les conduisit à Auteuil. Arrivé à destination, Collignon réclama un tarif exorbitant pour un tel trajet: 2 francs ! Finalement, Juge paya la somme qui dépassait, et de loin, le prix habituel.  Il se plia donc à ses exigences, mais l'avertit qu'il notait son numéro pour en référer au Préfet de police. Ce qui fut fait. le 22, il fut obligé par un contrôleur de se rendre au domicile de M Juge, afin de régler l'affaire à l'amiable. Collignon se rendit donc chez M Juge, au 9 passage d'Enfer, le 24. 
Mais, au lieu de lui rendre les 2 francs, il l'abattit froidement d'une balle de pistolet dans la tempe. Puis, il déchargea son arme sur la femme de M. Juge, qui accourait, affolée par le coup de feu. Il la manqua, et s'enfuit. Bloqué à l'entrée de l'immeuble par un locataire alerté par le bruit, il se fit passer pour "un ouvrier sacrifié" et que le pistolet était le seul moyen de faire entendre sa voix.
Condamné à mort par la Cour d'Assises de la Seine le 12 novembre 1855, Collignon fut exécuté le 6 décembre de la même année. Pour 2 francs...

14/0038 Les guinguettes de Montparnasse

La triste rue de la Gaité ne l'a pas toujours été. Au début du 19è siècle, c'était la campagne, et les Parisiens d'alors adoraient retrouver le petit chemin de terre qui prit le nom de rue de la Gaité lorsque fut créé le 14è arrondissement. Il faut vous dire qu'à l'époque, c'était un endroit entièrement consacré aux plaisirs de toute sorte. Guinguettes, restaurants, cabarets, dans un parfum de moules, de gaufres et de frites, arrosées du petit vin blanc de Suresnes, accueillaient les nombreux amateurs. Par exemple, le restaurant "Le Richelieu" possédait trois étages. Au rez-de-chaussée, les tonnelles abritaient la belle clientèle. Puis, à mesure qu'on s'élevait en altitude, la qualité des vivres et des viveurs diminuait. La terrasse était réservée aux "arlequins", catégorie où chaque portion était composée d'un mélange à base de restes, d'où son nom. On trouvait aussi de nombreux bals, rue de la Gaité: les Mille Colonnes, le Jardin de Paris, le Bal des Gigoteurs, le Sauvage... Et aussi de nombreux restaurants: outre le Richelieu, il y avait le Veau qui tête, les Deux Edmond, les Deux Gaspard, la Cloche et le Lapin Blanc. S'y trouvait aussi un théâtre, où les spectateurs faisaient réchauffer leur ragout sur des poëles à charbon. Reconstruit en 1884, c'est aujourd'hui le Théâtre Montparnasse. 

14/0039 Le don d'Adèle

C'est au 43 rue Bézout que l'on situe le domicile d'Adèle Blanc-Sec, l'héroïne de Tardi. C'est donc à côté d'Alésia, où a habité l'auteur, que vécut Adèle. 

14/0040 Fable macabre

A Paris, nombre de personnes seules cohabitent avec des animaux de compagnie. Chiens, chats, oiseaux, hamsters, poissons rouges, tortues, etc… Mais le cas de cette habitante de la rue des Thermopyles est très étonnant, puisqu’elle abritait des rats d’égout ! Les gens du quartier éprouvaient envers la vieille dame des sentiments partagés entre le dégoût et la curiosité. On sait d’elle qu’elle écrivait des poèmes, et qu’elle redoutait les fantômes, depuis la disparition de son mari. Mais si ce singulier personnage connut la notoriété, ce ne fut pas grâce à ses poèmes. Le 10 décembre 1977, la presse, la radio et la télévision plongèrent la France entière dans l »émoi et la consternation. A quatre-vingts ans, la vieille dame venait de se faire dévorer par ses rats. Mais les rongeurs n’étaient pas responsables de sa mort. Elle s’est vraisemblablement éteinte de mort naturelle. Ses protégés, affamés, ont fait le reste. Les voisins, comme souvent, n’avaient pas remarqué l’absence de la vieille dame. Alors, qui est le plus coupable ? Les rats, ou les voisins ?

14/0041 Ce monument détient un record du monde !

L' Observatoire Royal de Paris, créé par Louis XIV sur les conseils avisés de Colbert entre 1667 et 1672, est aujourd'hui le plus ancien monument astronomique du monde encore en activité. Il devait servir de terrain d'expérimentation pour les membres de l'Académie Royale des Sciences, fondée en 1666. L'emplacement requis nécessitait un horizon dégagé de tous côtés; c'est pourquoi on choisit un terrain dans le quartier St Jacques, alors situé en-dehors des limites de Paris. C'est à l'Observatoire que sont déposés le mètre et le kilogramme étalons, et que naîtra la notion de "temps universel". François Arago y exercera ses talents pendant 38 ans, et sa voûte abritera quatre générations d'astronomes, les Cassini. Pas mal, non?

14/ 0042 Le maréchal réhabilité

Parmi les plus vaillants soldats de l'épopée napoléonienne, le maréchal Ney, le Brave des braves, occupe une place à part. Fait duc d'Elchingen et prince de la Moskowa par Napoléon, il rallia Louis XVIII après l'abdication de 1814. Il rejoignit l'Empereur après son retour en France, et se couvrit de gloire à Waterloo. Après la défaite, Ney fut condamné à mort pour haute trahison le 7 décembre 1815, et sa grâce refusée par le roi . Considérée comme un acte de vengeance politique, son exécution suscita un vif émoi dans tout le pays. Dès mars 1848, le gouvernement de la IIème République décida de marquer la réhabilitation du maréchal Ney par un monument élevé par Rude sur le lieu même de son exécution, Carrefour de l'Observatoire.

14/ 0043 L'arbre du père Hugo

Ou du moins, c'est ce qu'on dit. Au 229 boulevard Raspail, la façade de l'immeuble est curieusement concave. Il ne s'agit pas d'une fantaisie de l'architecte, mais... d'un geste écologique ! En effet, on prétend que l'auteur des Misérables aurait planté lui-même un acacia. Pour ne pas abattre l'arbre planté par le célèbre écrivain, l'architecte décida de le contourner, d'où cette façade incurvée. L'arbre original n'existe plus, mais, en regardant bien, vous verrez qu'un autre, encore petit, a été planté au même emplacement.