16/0001 Un architecte génial
14 rue La Fontaine se trouve le Castel Béranger, chef d'oeuvre du Modern style. Construit en 1898 par Hector Guimard, le génial architecte qui dessina les premières stations de métro. 3 autres immeubles, situés aux n°19, 21 et 60 de la même rue sont du même créateur.
16/0002 Un asile d'aliénés pour célébrités !
L'ambassade de Turquie, au 17 rue d'Ankara, occupe l'ancien Hôtel de Lamballe. En 1845, le docteur Blanche vint y installer la maison de santé pour aliénés. Cette célèbre maison accueillit 2 illustres pensionnaires: Gérard de Nerval, et Guy de Maupassant, qui y mourut le 6 juillet 1893.
16/0003 Un franc-maçon qui ne se cachait pas
Devant l'église paroissiale d'Auteuil, place d'Auteuil, se dresse une belle pyramide, taillée dans le porphyre rose, et surmontée d'un globe et d'une croix. C'est le mausolée du Chancelier d'Aguesseau (1688-1751).
Il s'agit d'une symbolique maçonnique.
16/0004 Issue de secours !
Au 24 rue Berton, un portail rustique ferme la cour de la maison de Balzac. Il utilisait fréquemment cette issue dérobée pour fuir les créanciers qui se pressaient à son domicile. Bâti à flanc de colline, l'accès se fait par l'escalier qui dégringole de la rue Raynouard. Balzac disait "qu'on y entre par le haut comme le vin dans une bouteille". Rue Berton, Maurice Leblanc fit vivre Arsène Lupin dans son roman "Le triangle d'or".
16/0005 Une villa...gothique!
Il n'y a pas si longtemps encore, le 16eme arrondissement sud offrait les charmes et avantages de la campagne, à quelques lieues à peine du coeur de Paris. Quelques villas témoignent encore de cette époque bénie. Le hameau Boileau, construit en 1838 par un promoteur immobilier sur l'emplacement de l'ancienne propriété de Nicolas Boileau, réserve la surprise d'une villa gothique, flanquée d'une haute tour.
16/0006 Drôle d'endroit pour ce musée !
Rue des Eaux, se trouve le Musée ... du vin ! En fait, cette rue tient son nom des multiples sources qui y jaillissaient et qui avaient la réputation de guérir de l'anémie. Boileau (évidemment!), mais aussi Condorcet, d'Alembert, Malesherbes, Turgot, Lavoisier, et Benjamin Franklin les fréquentaient assidûment. Le musée est abrité dans d'anciennes carrières de calcaire.
16/0007 Un musée à la bougie ?
Au 59 Avenue Foch, se situe l'étonnant Musée d' Ennery. Il a la particularité d'être le seul musée parisien dépourvu d'électricité.
16/0008 Une langue venue du fonds des temps
Au 4 rue Greuze, il y a une chapelle de rite chrétien chaldéen. Les messes sont dites en araméen, la langue que parlait le Christ voici 2000 ans !
16/0009 Un docteur démoniaque
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, sous l'occupation allemande, vivait au 21 rue Le Sueur le Docteur Petiot.. Il détroussait puis incinérait ses victimes juives (63 au total), après leur avoir promis la liberté. Il fut arrêté le 31 octobre 1944 par des agents de la Sécurité, au métro St Mandé-Tourelles. Il fut exécuté peu après la Libération.
16/0010 Une façade étonnante
17 rue Benjamin Franklin, superbe immeuble dont la façade est littéralement sculptée de bow-windows.
Au 25 bis de cette même rue, vous trouverez le célèbre immeuble des frères Perret, première véritable construction "moderne" en béton, qui fit scandale en 1904.
16/0011 Une rue de son vivant !
Victor Hugo vécut et mourut au 124 de l'avenue du même nom. Elle portait son nom de son vivant, ce qui est exceptionnel.
16/0012 Un architecte précurseur
61 rue La Fontaine on peut admirer le "studio building", ensemble de logements d'artistes construit en 1927 par Henri Sauvage.
16/0013 Et un autre précurseur !
Le Corbusier réalisa un superbe immeuble au 24 rue Nungesser et Coli, en 1933.
16/0014 Un village qui devint célèbre
Perché sur une colline dominant la Seine, apparaît dès 1250 un village nommé Passiacum, ce qui signifiait "Terre de Passius". Il prit ses lettres de noblesse en devenant Passy, quand Philippe le Bel y signa une ordonnance en 1312, accordant aux Quinze-Vingts le droit de porter une fleur de lys sur leur cotte, afin de les distinguer des autres aveugles. Au 15è siècle, on sait que Passy ne comptait que quatre laboureurs. A la Révolution, le village ne comportait que six rues, et la commune de Passy, fondée en 1789, était mitoyenne des communes d' Auteuil et de Neuilly. Toute la partie nord de la commune, qui était entièrement composée de champs et de carrières, fut lotie à partir de 1825. Elle fut, comme toutes les autres communes limitrophes de Paris, rattachée à la capitale en 1860, passant ainsi du statut de village indépendant à celui de quartier à part entière.
16/0015 Un américain à Paris
Au 66 rue Raynouard, un haut-relief célèbre la pose, à cet endroit, du premier paratonnerre en France. Son inventeur, Benjamin Franklin, qui habita en ce lieu, dans une maison aujourd'hui remplacée par cet immeuble, était aussi l'artisan de l'indépendance de son pays d'origine, les Etats-Unis d'Amérique. Il en avait signé la déclaration à Londres, le 4 juillet 1776.
16/0016 Où l'on voit que l'on peut promener son animal de compagnie, même s'il est mort...
Rue Berton, le Docteur Blanche transféra sa maison de santé pour aliénés qu'il dirigeait à Montmartre (voir 18è arrondissement). L'un de ses plus célèbres pensionnaires, Gérard de Nerval, promenait régulièrement dans le caniveau de la rue Berton son animal de compagnie: un hareng saur qu'il tirait au bout d'une ficelle...
Maupassant y mourut en 1893.
16/0017 L'ancêtre du tennis était français
Sur la façade cossue du 74 ter rue Lauriston, vous verrez deux raquettes entrecroisées; derrière se trouve l'emplacement de la dernière salle de jeu de paume de Paris . Cet ancêtre du tennis date du 11è siècle; 12 courts existaient dans le Paris du 13è siècle. Au 19è siècle, une salle sera détruite pour faire place à l'Opéra Garnier. Les spectateurs des parties acharnées qui se jouaient autrefois faisaient partie de la "galerie".
Les exploits des sportifs "épataient la galerie". Tout comme "les enfants de la balle" étaient les tenanciers des jeux de paume et enfin l'expression "jeu de mains, jeu de vilains" vient du fait que les "vilains" (les pauvres) n'avaient pas les moyens de se payer une raquette, et jouaient donc...avec les mains!
16/0018 La concurrente des Gobelins
Rue de la Manutention se trouvait en 1627, une manufacture de tapis que Louis XIII avait installée dans les murs d'une ancienne savonnerie. Les amateurs du monde entier connaissent les pièces fabriquées à cet endroit commes "pièces de la savonnerie", réputées pour leur grande qualité.
16/0019 Un grand policier
5, avenue du Président Wilson, a vécu et est mort Alphonse Bertillon, le 13 février 1914. Obscur fonctionnaire de la Préfecture de Police, il eut l'idée, révolutionnaire pour l'époque, de photographier les délinquants, de prendre les mesures de leur crâne et de leurs doigts, afin de confondre les récidivistes. C'étaient les prémices du fichier anthropométrique.
16/0020 Une princesse de conte de fées
La place de l'Alma, depuis le 31 août 1997, est un lieu de pélerinage toujours très couru. C'est ici, en fait dans le tunnel routier, que périrent Lady Di et son amant, Dodi Al Fayed. La réplique exacte de la flamme de la statue de la Liberté, qui se trouve par hasard à cet endroit, est recouverte de graffitis et de mots d'amour pour la princesse disparue. Un grand lieu de pèlerinage à Paris...
16/0021 Le cinéma des Mexicains de la Perforation
En 2005, la police des catacombes a fait une découverte étonnante: patrouillant sous le Palais de Chaillot, dans une ancienne carrière, les aboiements d'un chien leur interdisent l'accès à une galerie. Après vérification, il ne s'agissait que d'un système d'alarme rudimentaire, destiné à éloigner les curieux: un enregistrement qui se déclenchait lorsque l'on touchait à la bâche qui protégeait une découverte encore plus stupéfiante. En effet, c'est une salle de cinéma clandestine, avec "fauteuils" taillés dans la pierre, chaises mobiles, et écran de projection. Une fausse bombe menaçant les intrus fut "désamorcée" par les services de déminage.
Revenant le lendemain avec des techniciens de France Telecom et d'EDF pour expertiser l'installation téléphonique et électrique, les policiers furent stupéfaits de constater...que la salle avait entièrement été vidée et nettoyée durant la nuit! L'aménagement de cette salle de cinéma insolite fut revendiqué par un groupe d'explorateurs urbains: "La Mexicaine de Perforation". A ne pas imiter, bien sûr.
16/0022 Un musée très contrefait
16 rue de la Faisanderie, le musée de la Contrefaçon rend hommage à l'une des plus anciennes activités de l'homme: la contrefaçon. Les plagieurs, copieurs et autres imitateurs de tout poil, qui ont contrefait tout et n'importe quoi au cours des siècles, avec plus ou moins de talent, ont ainsi leur Panthéon. C'est sous l'égide de l'Union des Fabricants que fut érigé ce musée, en 1951.
Mais le comble, c'est que l'hôtel particulier qui l'abrite est lui-même l'imitation d'un hôtel du Marais, aujourd'hui disparu...
16/0023 Un arrondissement germanophile
Si l'on ne peut contester l' américanophilie du 16è arrondissement, puisqu'on y trouve entre autres l'avenue du Président Wilson, la rue Benjamin Franklin, la place des Etats-Unis, , l'avenue de New-York et celle du Président Kennedy, nos voisins germains ne sont pas en reste. Si les hommes politiques sont absents ( on imagine mal une avenue Bismarck, un boulevard Guillaume II, et encore moins une place Adolf Hitler ou Karl Marx...), le génie artistique germanique y trouve un hommage mérité. Parmi les célébrités honorées: Weber, Beethoven, Goethe, Heine.
Mozart, Autrichien, peut sans aucun doute être ajouté à la liste.
16/0024 Quand le Palais des Congrès était plus ludique
Le Palais des Congrès de la Porte Maillot, tous les Parisiens et les étrangers le connaissent.
Mais savez-vous que pendant près d'un demi-siècle, de 1909 à 1948, c'était l'emplacement de Luna Park, chanté par Yves Montand ? Ce parc d'attractions devait son nom au mot anglais "lunatic" (aliéné), car il fallait être quelque peu fou pour goûter ce genre de jeux. Sa principale attraction était le Scenic Railway, une montagne russe de près de deux kilomètres, parcourue à une vitesse folle. Sa fabrication avait nécessité 270 ouvriers pendant deux mois, et utilisé 270 kilomètres de câbles!
16/0025 L'architecte ne s'est pas oublié
Hector Guimard, le célèbre père de l'architecture Art nouveau (vous savez, les stations du métro parisien, c'est lui), s'est construit, en 1910, un superbe hôtel particulier de quatre étages avec loggia, au 122 avenue Mozart. Vous en aurez la preuve en regardant au-dessus de la porte: il y a gravé ses initiales.
16/0026 C'est du faux !
La rue du Ranelagh présente la particularité de posséder une série de villas et d'immeubles néo-Renaissance (au n°123 et au n°109), et au n°94, le Castel Louis XII, en brique, avec tour et encadrement de porte sculpté. Si c'est très esthétique, c'est de l'imitation, car ces réalisations datent de la fin du 19è siècle.
16/0027 Encore un souvenir de l'Expo !
Villa Beauséjour, se trouvent quelques isbas russes. C'est plutôt insolite à Paris, sauf si on se souvient de l'Exposition Universelle de 1867. Ces isbas sont les vestiges du pavillon de la Russie impériale.
16/0028 Le pari du Comte d'Artois
En 1777 le Comte d'Artois, frère de Louis XVI, qui a récemment acquis le domaine de Bagatelle, au Bois de Boulogne, parie avec sa belle-soeur Marie-Antoinette que le petit château sera reconstruit en deux mois, le temps d'un séjour à la cour de Fontainebleau. Et soixante-quatre jours plus tard, en effet, la reine inaugure un pavillon entièrement décoré avec ses dépendances, ses grottes, ses eaux, ses jardins et ses plantations de fleurs ! Le pari put être tenu grâce au travail de 900 ouvriers travaillant jour et nuit, et au prix de dépenses considérables. Mais l'essentiel n'était-il pas atteint ?
16/0029 Pas de commerces ici !
L'avenue Foch, autrefois appelée avenue de l'Impératrice, puis avenue du Bois, est interdite au commerce (du moins ceux ayant pignon sur rue...). C'est également la seule rue ou le trottoir situé entre la chaussée et les espaces verts, n’est pas goudronné. Historiquement, l’avenue était utilisée par les cavaliers et leur monture pour rejoindre le Bois de Boulogne situé au bout de l’Avenue. Enfin, elle est certainemenet l’une des artères de la capitale où le prix de l’immobilier est le plus cher.
On leur a préféré la construction d'hôtels particuliers et d'immeubles cossus. Qui s'en plaindra ?
Large de 120m (c'est la plus large de Paris), elle répond à des impératifs sécuritaires autant qu'esthétiques. En effet, le trajet de Napoléon III des Tuileries au château de St Cloud évite ainsi la traversée de tout village, et donc de tout problème éventuel.
16/0030 Une pétition qui porte ses fruits
Les habitants des XVe et XVI e arrondissements se plaignaient depuis des années qu'aucune communication ne les relie. Ils émirent une pétition, qui aboutit en 1896 à la construction du pont Mirabeau.
16/0031 Un mort par erreur
Le 10 janvier 1870, Napoléon III est au pouvoir depuis presque 22 ans. Son cousin, Pierre Bonaparte, doit répondre à une provocation en duel de la part de journalistes d'extrême gauche, a qui il a répondu de manière maladroite. Le duel a lieu 59 rue d'Auteuil et un lampiste, Victor Noir, est tué lors de l'affrontement. Le lendemain, "La Marseillaise", le journal de Victor Noir et d'Henri de Rochefort, galvanisent les esprits et plus de 145 000 exemplaires du journal sont vendus en quelques heures ! Entre 80 000 et 200 000 personnes (selon les organisateurs ou la police) suivent le cortège funèbre. Epilogue: Pierre Bonaparte sera faiblement condamné, et les 25 000 francs accordés en tant que dommages-intérêts à la famille de Victor Noir serviront à régler les frais de procès. De nos jours, la tombe de Victor Noir reste un des "hits" du cimetière du Père-Lachaise. Sa fin tragique, la veille de son mariage, fit beaucoup pour sa renommée, mais c'est une partie bien précise de son anatomie, bien mise en valeur sur le gisant de bronze couché sur sa pierre tombale, qui attire la gent féminine. L'endroit est lustré, à force d'être poli, car la légende veut qu'une carresse sur ce point précis soit un gage de fécondité. Là non plus, je n'ai pas vérifié. Mais les nombreux bouquets qui ornent la tombe en permanence suffiront à accréditer mes dires.
16/0032 Vengeance posthume
Cloud était un ermite qui habitait une hutte dans la forêt du Rouvre, le futur Bois de Boulogne. Ses amis et lui défrichèrent un coin de terrain qui se nomma ensuite « le Moustier St Cloud », puis tout simplement St Cloud.
Son tombeau de marbre bleu attira les pèlerins des siècles durant. Beaucoup plus tard, une statue de bois doré à son effigie fut saisie pour être brûlée par une femme ivre pendant la Révolution.
Que croyez-vous qu’il arriva ?
Ce fut la mégère qui tomba…raide morte, et sans explications.
Hasard ou punition divine ? A vous de choisir ; en ce qui me concerne, c’est fait.
16/0033 Le boulevard des célébrités
Le boulevard Suchet, comme ça, ne vous dit sans doute pas grand chose. Et pourtant... En dehors du maréchal d'Empire Louis Gabriel Suchet, dont il porte le nom, savez-vous qu'il a abrité nombre de célébrités ? Par exemple, au numéro 3, l'écrivain Claude Farrère, membre de l'Académie Française, prix Goncourt en 1905 pour "Les civilisés". Au numéro 13, habita Serge Reggiani, chanteur, comédien et peintre à ses heures. Au numéro 15, c'est ici que vécut le Président de la République Française Paul Doumer, assassiné en 1932 par le révolutionnaire russe Gorgulov.
16/0034 Le géographe casanier
Le Musée Dapper, 50 avenue Victor Hugo, propose régulièrement des expositions sur l'art Africain. Ah oui, au fait, petite anecdote: Dapper, qui a donné son nom au Musée, était un géographe hollandais qui vécut au 17è siècle. Sa particularité ?
Oh, pas grand-chose en vérité. Il fut simplement l'auteur de plusieurs ouvrages sur l'Afrique, dont "Description de l'Afrique et de ses îles (1678)", qu'il écrivit sans jamais avoir quitté son pays ! Etonnant, non ?
16/0035 L'église sans frontières
L'église de Tous les Saints de la Terre (oui, oui, vous avez bien lu !), est une église orthodoxe russe, située au 19 rue Claude Lorrain. Elle est aussi appelée, pour cette raison, église Sans Frontières, car elle n'est rattachée à aucune paroisse.
16/0036 Le basque bondissant
Un fronton de pelote basque a été érigé au 2 quai St Exupéry. Il s'agit du fronton Chiquito de Cambo, un pelotari très célèbre au Pays Basque. L'un des membres du club se fera un plaisir de vous expliquer les règles de ce sport millénaire, et dont les origines se perdent, comme les origines des Basques, dans les méandres de l'histoire. La langue basque elle-même, est totalement inconnue. On croit déceler des mots dont les racines sont communes avec certaines langues du Caucase ou d'Asie Centrale... Bref, un vrai mystère...
16/0037 Un des derniers moulins de Paris
En dehors des moulins encore existants à Montmartre (le Radet et le Blute Fin), il existe un troisième moulin à Paris. Plus exactement, dans le Bois de Boulogne. Il s’agit du Moulin de Longchamp. Reconstruit au 19è siècle, c’est le seul vestige de l’abbaye fondée en 1256 par Sainte Isabelle, sœur de Saint Louis, sur le lieu « longus campus » (terrain tout en longueur, d’où… long champ).
16/0038 Un étrange cauchemar
Le château de Madrid, situé dans le Bois de Boulogne, est un magnifique spécimen de l’art de la Renaissance. Sa somptueuse façade de faïence fut décorée par Bernard Palissy. Le roi Henri III voulait bénéficier en cet endroit du calme qu’il avait pu apprécier lors de son séjour en Espagne, d’où le nom de ce château. Pour se divertir, il l’affecta aux jeux du cirque. Des lions se combattaient entre eux, ainsi que des taureaux et d’autres animaux sauvages. Puis, un beau jour, ou plutôt une nuit, près d’un lac où il s’était endormi, il fit un terrible cauchemar : il se vit dévorer par les lions qu’il aimait à voir s’entretuer. Le choc fut tel qu’il les fit tous abattre, ce qui mit un terme définitif à ces combats animaliers. Son successeur, Henri IV, avait, lui, des mœurs moins violentes. Il fit aménager l’édifice en magnanerie, après avoir planté dans le bois quinze mille mûriers pour l’élevage du ver à soie.
16/0039 Un saint qui n’a rien d’anglais
Le quartier Saint James fut construit en 1779, par le baron de Saint James, ce qui semble logique. On peut encore voir, au 34 avenue de Madrid, un temple d’amour qui faisait partie du parc romantique entourant le château, et dix- sept petits ponts chinois qui l’agrémentaient. Mais Saint James n’était pas plus anglais que vous (peut-être) ou moi (c’est sûr). Il s’appelait en réalité Beaudart de Vandésir, et habitait le village de …Sainte Gemmes sur Loire ! Quand l’anglomanie vous tient…
16/0040 Une bien belle mais dramatique légende
La Croix Catelan rappelle le lieu où fut assassiné Arnaud Catelan. Ce jeune troubadour de la cour de Provence, émissaire de Béatrice de Savoie, apportait au roi Philippe le Bel des plantes aromatiques. Les soldats de l’escorte venus à sa rencontre croyaient qu’il transportait de l’or. Vous connaissez la suite. Mais le véritable Théophile Catelan, connu de l’histoire, était, lui, capitaine des chasses de Boulogne. Plus plausible.
16/0041 L'immeuble de guingois
Au 25 rue de la Pompe, vous trouverez un immeuble qui présente une particularité peu commune. Le rez-de-chaussée est aligné sur la rue, mais...les étages sont orientés différemment et "regardent" dans une autre direction ! Le souhait de l'architecte était de limiter les vis-à-vis.
16/0042 Le faux passage
La cité Argentine, au 111 de l'avenue Victor Hugo, est particulièrement originale. Construite en 1907, elle comporte des logements, et une galerie commerciale sur deux niveaux. L'architecture industrielle, faite de verrières et de métal, lui donne incontestablement un faux air de passage, tels qu'on les concevait sous la Restauration, presque cent ans plus tôt.
16/0043 Contrat avec les Bolcheviks
Emile Prunier, lors d'un voyage en Norvège, au début du 20è siècle, comprit tout l'intérêt d'acheter et de transporter des poissons frais et vivants pour le restaurant qu'il venait de créer, au 16 avenue Victor Hugo. Il n'hésita pas une seconde non plus, dès 1925, à importer du caviar à la toute jeune Russie Soviétique. D'ailleurs, les fruits de mer et les poissons ont fourni les motifs de décoration de la façade du célèbre restaurant, en mosaïques de pâte de verre.
16/0044 Moi Tarzan, toi Jane
La piscine Molitor, 14 avenue de la Porte Molitor, a été inaugurée en 1929 par un plongeon du plus illustre Tarzan de l'histoire du cinéma: Johnny Weissmuller, champion olympique de natation. Le superbe ensemble Art Déco est actuellement à l'abandon depuis 1970. Il sera heureusement l'objet d'une prochaine réhabilitation.
16/0045 La secte des naturistes
Au 48 de la rue du Général Delestraint, dans un immeuble cossu, une secte étrange avait son siège. De 1958 à 1961, les "Chevaliers du Cosmos" s'y réunissaient et même y vivaient ensemble, sous forme d'une véritable communauté. Déclarée le plus régulièrement du monde à la Préfecture de Police sous le nom plus anodin de "Ralliement des chercheurs de bonne volonté", cette secte avait la particularité de regrouper des adeptes, qui, sous l'autorité du mage Alfred Belmonte, vivaient nus et ne se nourrissaient que de fruits... Trois hommes et six femmes composaient la communauté. La fin de l'histoire est plus cruelle: souffrant de malnutrition, une des femmes ne pesant plus que 29 kg (qui refusa de se faire hospitaliser), et des enfants étant mêlés à ses agissements, la secte finit par inquiéter la Préfecture de Police. Le "mage" à la barbe blanche et aux longs cheveux bouclés se fit inculper de non-assistance à personne en danger. Les plus surpris furent les voisins, qui n'avaient jamais soupçonné ce qui se passait à leur porte.
16/0046 Gentleman cambrioleur
Vous connaissez certainement le célèbre héros de Maurice Leblanc: Arsène Lupin, le fameux gentleman-cambrioleur.Mais connaissez vous son adresse? Eh bien, il habitait au 8 rue Creveaux. Au 4è étage, sous le nom de Félix Davey, et son numéro de téléphone était le 648-73. En réalité, c'étaient le numéro et l'adresse de...Maurice Leblanc lui-même ! On n'est jamais si bien servi que par soi-même...
16/0047 Du sable pour votre sécurité
Lorsque vous passez à la hauteur du 22 avenue de Saxe, vous pouvez voir une grande borne en fonte, haute d'1m70. Mais à quoi peut-elle bien servir ? C'était un réservoir...à sable. Lorsqu'au début du 20è siècle, les rues étaient enneigées ou verglacées, c'était une réserve à portée de mains pour les services municipaux. Une trappe se trouve en bas de la borne. Il suffisait de l'ouvrir pour que le sable se déverse. Les sabots des chevaux étaient alors protégés des glissades souvent fatales sur les pavés parisiens.











