18/0001 Merci, Monsieur Utrillo !
La Petite Maison Rose, 2 rue de l'Abreuvoir, à Montmartre, fut peinte par Maurice Utrillo, ce qui fit sa réputation. Et celle de la buvette...
18/0002 Un château ou une folie ?
Allée des Brouillards se dresse le Château des Brouillards. Au début du 18è siècle, il y avait juste à côté une ferme, où les Parisiens venaient s'approvisionner en lait frais. Le Château des Brouillards était à l'origine, en 1772, une "folie" construite par le marquis Lefranc de Pompignan. Il fut habité en 1846 par Gérard de Nerval.
18/0003 Une basilique miraculeuse
Sur un des piliers de la Basilique du Sacré-Coeur, à gauche en entrant est gravée une inscription selon laquelle, dans la nuit du 20 au 21 avril 1944, 13 bombes éclatèrent... sans faire une seule victime!
18/0004 Le Château Rouge
A l'emplacement actuellement occupé par les maisons du 42 au 54 rue de Clignancourt, fut construit en 1780 une très belle maison en briques rouges, le Château Rouge. En 1814, son 1er étage abrita le quartier général du Conseil de Défense, réuni sous la présidence de Joseph, frère de Napoléon 1er, alors que les coalisés investissaient Paris. En 1845, on y installa le bal du Château Rouge.
18/0005 Une fontaine miraculeuse
Au bout de l'Impasse Girardon, se trouvait une fontaine miraculeuse. On prétend que St Denis, tout juste décapité, vint y laver sa tête, avant de poursuivre sa route. Une autre vertu (vérité ou légende ?) de cette fontaine: celle de rendre les femmes fidèles à leur époux.
18/0006 Un des plus petits cimetières de Paris
Rue Lucien Gaulard se situe le cimetière St Vincent, l'un des plus petits de Paris. Il est toutefois suffisament grand pour abriter l'immense acteur Harry Baur et le non moins immense peintre Maurice Utrillo.
18/0007 L'autre mire
La Mire du Sud est située dans le Parc Montsouris (voir anecdotes du 14ème arrondissement). La Mire du Nord est cachée au milieu du luxueux et discret lotissement (accessible au public) au 1 Avenue Junot. Cette petite pyramide, qui répond à la Mire du Sud, est un repère géodésique qui servit à mesurer le Méridien de Paris, qui précéda celui de Greenwich.
18/0008 Un des plus anciens cinémas de Paris
L' Ornano 43, au 43 boulevard Ornano (quelle coïncidence!), était l'un des plus anciens cinémas de Paris, édifié dès 1907. Le bâtiment que l'on voit aujourd'hui date de 1933. Son architecte, Gridaine, lui donna des allures de paquebot, style très en vogue dans les années 30, défendu notamment par Le Corbusier. Sur la façade du 43 Ornano, on distingue encore très nettement des hublots, et une élévation semblable à une cheminée de bateau.
18/0009 Une (fausse) maison Moyen-âgeuse...
7, impasse Marie-Blanche, une étonnante maison est décorée en style "troubadour". Elle est flanquée à chaque extrémité d'une tour, une ronde et une carrée. Construite au milieu du 19è siècle, elle reprend tous les codes médiévaux, tels qu'ils étaient imaginés à l'époque, par exemple par Viollet le Duc: fenêtres à meneaux, sculptures sur l'encadrement de la porte, personnages en habit médiéval et autres gargouilles grimaçantes.
18/0010 Le grognard de Montmartre
Le commandant Henri Lachouque, historien de Napoléon 1er et de la Grande Armée, habitait 4 rue de l'Abreuvoir, en plein Montmartre. Sa passion ne passe pas inaperçue, si l'on regarde la maison plus en détails: une enseigne "A l'aigle Impérial", et deux aigles sculptés gardant l'entrée de la maison en sont les témoins les plus visibles. Autre curiosité: le cadran solaire, qui représente un coq accompagné d'une devise, faisant référence à la cloche du Sacré-Coeur tout proche: "Quand tu sonneras, je chanterai".
18/0011 Une impasse de charme
La Villa des Tulipes, située au 101 rue du Ruisseau, est particulièrement étonnante. Si son accès rebute un peu, n'hésitez pas à vous y promener, pour découvrir le charme secret de cet endroit. Cette minuscule voie pavée dévoile peu à peu une architecture aux couleurs et aux matières variées: la brique côtoie l'enduit blanc ou rose. La végétation y est omniprésente. Vous flânerez sous le lierre, et oublierez le bruit de la circulation.
18/0012 Une carrière bien remplie
A l'intersection des rues de Suez et de Panama, se trouvait la fabrique de machines à vapeur d'Alexandre Pauwels. Né en 1796 à Paris, fait prisonnier en 1813 à la bataille de Leipzig, il revint à la fin des hostilités avec le grede ...d'aide-pharmacien. Il fit d'abord, en 1818, la promotion du gaz d'éclairage. Il fonda ensuite une usine à gaz et éclaira l'Odéon et le quartier du Luxembourg. Il créa vers 1836 une usine de de machines à vapeur dans le 18è arrondissement, et inaugura, quelques années plus tard, une ligne de vapeurs entre Rouen et el Havre. Devenu maire de La Chapelle, il abandonna ses activités à Paris et implanta des ateliers à Bruxelles, où il mourut en 1852.
18/0013 Des artistes en pagaille
La Villa des Arts, au 15 rue Hégésippe Moreau abrita Paul Cézanne, Eugène Carrière, Raoul Dufy, et Théodore Rousseau y peignit Verlaine. Ajoutez-y l'escalier monumental de l'immeuble où se trouve "L'entrée des artistes", qui est probablement rescapé de l'Exposition Universelle de 1900, et vous aurez une idée de la richesse de ce lieu que je vous laisse découvrir par vous-même.
18/0014 Poulbot y a laissé sa marque
Au 43 bis rue Damrémont, le hall d'entrée est absolument extraordinaire. Vous pourrez y admirer un ensemble de panneaux de céramique peints par Francisque Poulbot lui-même! Il y a croqué les jeux des petits parisiens qui ont fait sa renommée, et à qui il a donné son nom.
18/0015 Une mairie amatrice de vins
La mairie du 18è arrondissement, Place Jules Joffrin, présente la particularité de posséder une cave à vin et un caveau de dégustation! On y boit "le clos Montmartre" de la rue St Vincent, pressé sur place. Si la qualité gustative de ce vin est contestée, on lui trouve néanmoins des vertus diurétiques, comme semble l'attester un dicton du 17è siècle: "C'est le vin de Montmartre, qui en boit pinte, en pisse quatre"...
18/0016 Des tueurs en série...en série
Le 18è arrondissement, qui présente tant d'atouts, a le triste record des tueurs en série célèbres, puisqu'on n'en compte pas moins de deux: Thierry Paulin, et Guy Georges. Tous deux avaient perpétré leurs crimes dans le quartier de la Butte, rue Nicolet et alentours.
18/0017 Une République pour rire ?
La République de Montmartre fut fondée en 1921 par de joyeux lurons, dont le but était de promouvoir la conception humaniste et épicurienne de leur entreprise. Effectivement, la devise qu'avaient adoptée les fondateurs: "Faire le bien dans la joie" ne peut qu'entraîner l'adhésion! Au fait, ces pères fondateurs, qui étaient-ils ? Eh bien, leurs noms vous diront sans doute quelque chose: Willette, Forain, Neumont et Poulbot, tous dessinateurs et peintres de Montmartre. Poulbot, sans doute le plus célèbre, a immortalisé le gamin de Montmartre, le petit Poulbot.
18/0018 Une cité qui a accouché de génies
Boulevard de Clichy, au n° 94, se trouve la Cité Véron. N'hésitez pas à y entrer. Bordée de maisons avec des jardins, c'est un havre de paix, qui renferme des secrets: Prévert et Boris Vian y ont habité, et le Théâtre du Jardin d'Hiver maintient la tradition intellectuelle de l'endroit. Au fond de la cité, une superbe maison néo-gothique semble bien anachronique, et venue d'un autre monde...
18/0019 Un cabaret...très bien fréquenté !
Au n°4 de la rue des Saules se trouve le cabaret "Le Lapin agile". Bon, jusque là, rien de nouveau.
Sauf que, si je vous dis que son ancien nom était "Cabaret des assassins" ? Tout cela, en raison d'un décor peint à l'intérieur, qui relatait les assassinats de Troppmann. Le peintre André Gill refit l'enseigne en 1880. Un lapin surgissant d'une casserolle, une bouteille de vin à la patte, d'où le jeu de mots "Le lapin agile".
L'endroit fut très fréquenté par l'intelligentsia souvent désargentée: Verlaine, Renoir, Forain, Allais...
En 1903, Aristide Bruant l'acheta, et en confia la gestion à Frédéric Gérard (plus connu sous le nom de "Père Frédé"), qui se révéla un animateur hors-pair, très apprécié de Max Jacob, Apollinaire, Dorgelès, Carco, Dullin...
18/0020 Un cerisier célèbre
Place Jean-Baptiste Clément, l'auteur de la chanson, le centre est occupé par...des cerisiers !
C'était déjà le cas à son époque, et c'est le cerisier central qui inspira au chansonnier sa célèbre rengaine, "Le temps des cerises", en 1866.
18/0021 Une église qui ne servit pas qu'à communiquer avec Dieu
L'église St Pierre de Montmartre, 2 rue du Mont-Cenis, fut construite en 1147. Démolie à la Révolution, il ne subsiste plus du couvent du 12è siècle que l'église, surmontée en 1794 d'une tour supportant le télégraphe de Chappe, reliant Paris à Lille.
18/0022 Le cimetière du Calvaire
Situé à l"ombre de St Pierre de Montmartre, ce petit cimetière abrite les restes d"un millier de soldats massacrés par les cosaques, lorsque Paris fut occupé par les troupes coalisées, en 1814. Ils y reposent dans une fosse commune dont on ignore l'emplacement. On peut aussi y voir la tombe du meunier du Moulin de la Galette, tué au même moment, crucifié sur les ailes de son moulin, pour l'avoir défendu contre les cosaques.
18/0023 Un bienfait n'est jamais perdu
La naissance du théâtre de Montmartre, actuel Théâtre de l'Atelier, place Charles Dullin, est l'effet de la première loi de décentralisation des théâtres parisiens, qui concède à en 1817 à Pierre-Jacques Sevestre, danseur et comédien, la direction de huit (!) théâtres dans des villages encore suburbains, à l'époque: Belleville, St Denis, Grenelle, Montparnasse, Batignolles, le Ranelagh, le Roule et Montmartre. Ce privilège exclusif accordé par Louis XVIII, et qui fit bien des jaloux, est dû au rôle joué par le grand-père de Sevestre dans l'inhumation du petit Louis XVII. Le théâtre Montmartre est inauguré en 1822 sous le nom de Théâtre d'élèves. La vie y était si dure qu'il fut vite surnommé "la Galère-Sevestre".
18/0024 Un gentil criminel
Au 22 rue de l'Evangile, une découverte macabre choqua Madame Lévy, lorsqu'elle découvrit un corps découpé en morceaux devant sa porte. Elle fit sa déclaration à l'hôtel de police situé au n°17 de la même rue. Le Préfet de police ordonna que l'on fouille les égouts du quartier; un corps d'homme, presque entièrement complété, fut reconstitué. Sauf la tête qui manquait... Un suspect, Victor-Louis Prévost, reconnaîtra les faits. Doux, aimable, apprécié de ses collègues, il n'avait pas le profil type du tueur en série. Mais voilà, c'est un policier. De plus, on lui imputera plusieurs autres crimes tout aussi atroces. Il sera exécuté le 19 janvier 1880, en demandant pardon à la Préfecture de police...
18/0025 Le funiculaire de Paris
Pour monter jusqu'au Sacré-Coeur, le funiculaire suit la rue Foyatier. Celle-ci est faite uniquement d'escaliers. C'est la raison pour laquelle le funiculaire de Montmartre fut créé en 1901. Il fonctionna jusqu'en 1931 au moyen d'un contrepoids d'eau qu'emmagasinait au point haut le wagon descendant, et dont il se débarrassait au point bas. En 1935, ce système fit place au funiculaire électrique. C'est celui que vous pouvez encore utiliser aujourd'hui. A l'arrivée du funiculaire, un petit bâtiment abrite la plate-forme et les systèmes de distribution des tickets. Sur l'un des murs, une plaque rappelle que le 8 octobre 1922, Pierre Labric, l'un des maires de la Commune de Montmartre, descendit les escaliers...à vélo !
18/0026 Avis aux illettrés !
Sur le parvis de mairie du 18è arrondissement, on trouvait, au début du 20è siècle, l'un des derniers écrivains publics de Paris. Je devrais dire l'une, car c'était une femme, en l'occurence. Sa clientèle était constituée d'illétrés qui avaient besoin d'une plume de substitution, soit pour un courrier officiel, soit pour une missive privée. Elle vous vendait le papier, l'encre, et la tournure de la phrase. Les écrivains publics rédigeaient également les lettres faire-part de mariage, de baptême et de décès.
La scolarisation obligatoire, ainsi que les techniques d'impression modernes et en série leur ôtèrent petit à petit leur clientèle. Un moment disparu, ce métier revient à l'ordre du jour. L'histoire, comme la mode, serait-elle un perpétuel recommencement ?
18/0027 Le plus grand des chansonniers de Paris
Le plus célèbre des chansonniers fut Aristide Bruant (1851-1925), qu'on applaudissait au Chat Noir, à Montmartre, ce cabaret qu'il racheta pour le rebaptiser le Mirliton. Arborant un magnifique chapeau noir et une écharpe d'un rouge flamboyant, il fut immortalisé par Toulouse-Lautrec. Bruant a brocardé le bourgeois et glorifié la vie de bohême. Mêlant l'expression argotique à des images plus sentimentales, tantôt anarchiste tantôt cocardier, il se fit de la rue une carte de visite. Il a beaucoup profité de la réputation de Montmartre, haut lieu de la chanson satirique et hilarante, de la goujaterie étonne-bourgeois et de la poésie gouailleuse.
18/0028 Les Fusains
C'est le nom d'une petite cité d'artistes, située 22 rue de Tourlaque. A l'écart du Montmartre touristique, elle possède un charme indéniable. Les ateliers, d'anciens pavillons de l'Exposition Universelle de 1889, sont noyés dans la verdure, et se répartissent autour de plusieurs petites allées. Renoir et Derain choisirent d'y séjourner.
18/0029 Le dieu à tête d'éléphant
Au 72 rue Philippe de Girard, vous trouverez un temple. Mais pas n'importe quel temple. Il s'agit du seul temple hindouiste de Paris. Fréquenté par des Réunionnais, des Mauriciens, des Pondychériens, des Indiens et des Sri Lankais, il fut créé en 1983 par un tamoul du Sri Lanka, et est consacré à Ganesh, dieu à tête d'éléphant. Fils de Shiva et de Parvati, c'est le dieu de la prospérité et de la sagesse. Tout un programme...
18/0030 Le trésor de Montmartre
En 1846, une étrange rumeur fit le tour de Montmartre: la Butte recélait un trésor ! En fait, il s'agissait des richesses de la vieille abbaye, que sa dernière abbesse, Madame de Montmorency-Laval, aidée d'un vieux serviteur, avait dissimulées dans un souterrain situé sous la serre du château des Folies-Montigny. La vieille abbesse fut décapitée à la Révolution. Le domestique, avant de rendre le dernier soupir, eut le temps de révéler le secret à celle qui l'assistait lors de ses derniers instants. Celle-ci fit déposer 200 francs à la Mairie, afin que des recherches fussent entreprises. Jamais on ne trouva trace du trésor. Alors, mythe ou réalité ?
18/0031 Le poirier sans pareil
Si vous êtes un(e) habitué(e) de mes balades guidées à Montmartre, vous connaissez forcément la place Emile Goudeau. Vous savez bien, celle où se trouve ce qui reste du Bateau-Lavoir. Imaginez qu'au 18è siècle, sur ce terrain qui appartenait aux Dames de Montmartre, se trouvaient des arbres fruitiers. Et en particulier, un superbe poirier. Si gigantesque qu'on l'appela "le poirier sans pareil". En 1792, ces terrains furent vendus comme biens nationaux.
Sous cette enseigne, un homme eut l'idée d'exploiter cette anomalie de la nature. Il installa une guinguette autour de l'arbre, et dans l'arbre même, une table où 12 convives pouvaient aisément dîner! L'arbre fut abattu en 1814, lors de l'invasion de Paris par les cosaques, et la guinguette ne lui survécut pas...
18/0032 Morts de boue
La rue de l'Evangile, créée en 1868, était située sur des territoires fangeux. C'était en réalité un chemin bordé de fossés pleins de boues putrides, où les entrepreneurs chargés d'effevtuer les grands travaux de Paris venaient entreposer les boues et autres détritus. On y trouva les cadavres d'un homme et d'une femme morts étouffés dans la bourbe dans laquelle ils étaient tombés. Debout ou... de boue ?
18/0033 Fantômas
Le célèbre héros de Pierre Souvestre et Maurice Allain, Fantômas, est pourchassé sans relâche par le non moins célèbre commissaire Juve, incarné à l'écran notamment par le regretté Louis de Funès et le journaliste Fandor (Jean Marais). Fantômas habite une maison truquée au 6 rue Girardon. Cette demeure possède une desserte dans l'escalier qui débouche sur les carrières de Montmartre, d'où il règne sur les aveugles de Paris, le Royaume des Larves.
18/0034 Défendons les corniauds !
Au 19, rue du Mont Cenis fut créé, le 3 janvier 1966, une bien curieuse association : l’Association de Défense des Corniauds. Elle avait pour but de « débarrasser de leur complexe d’infériorité les propriétaires de chiens sans race ». Le 18 avril de cette même année, se déroula le concours…du plus beau corniaud Parisien, dans une salle du café du Grenier de Montmartre. Pour l’anecdote, c’est Blacky qui obtint le premier prix ; il était domicilié chez sa maîtresse, rue d’Amsterdam. L’heureux lauréat eut l’honneur de boire à sa soif dans la coupe offerte par la maison Cinzano. La maîtresse reçut un prix de cinq cents francs.
Au titre des associations farfelues, citons également la très sérieuse Académie Nationale du Rat, qui avait pour devise : « Liberté, Egalité, Raternité ». Bien entendu.
18/0035 Sédir le Breton
Rue Emile Goudeau se trouve le petit cimetière St Vincent. Le 6 février 1926, il fut le théâtre d'une cérémonie sans doute unique dans les annales funéraires de Paris.Après un service célébré à Notre-Dame de l'Assomption, un magnifique cortège traversa tout Paris. Le corbillard était somptueux, tiré par quatre chevaux caparaçonnés, avec pléthore de valets funèbres et de voitures de deuil, qui suivaient le cortège. On sortit de la bière un sarcophage de bois blanc, tout simple, que l'on descendit pour l'éternité dans le caveau. Ce n'était ni un prince ni un roi que l'on mettait en terre, mais un "Ami de Dieu". Yvon Le Loup, ésotériste et mystique chrétien né à Dinan en 1871, se passionna très tôt pour l'occultisme et adopta le pseudonyme de Sédir et devint le collaborateur du mage Papus. Il écrivit un grand nombre d'ouvrages de spiritualité, et groupa autour de lui un grand nombre de fidèles, son "église spirituelle", dite "les Amitiés spirituelles", qui existe toujours. C'est un mécène richissime qui finança les funérailles. Ce sont ses disciples qui demandèrent que son cercueil soit l'ultime rappel de son voeu de pauvreté et d'humilité des vrais chrétiens. Le cénotaphe de Sédir se trouve à gauche, en entrant. Sur une dalle verticale de marbre rose.
18/0036 Spectacle permanent
Rue de l'Abreuvoir, il n'y a pas que la Maison Rose... Moins visible, mais tout aussi réel, se trouvait...un abreuvoir! N'oublions pas pas que Montmartre, jusqu'au 19è siècle, était un village campagnard, avec ses champs, ses moulins, ses troupeaux et son abreuvoir. Celui-ci était situé en bas de la rue actuelle, contre le muret. C'était un spectacle permanent et gratuit pour les lavandières, les poulbots et les habitants du village que de voir chaque soir les animaux venir s'abreuver après une dure journée de labeur: aux champs ou dans les carrières de plâtre.
18/0037 Plus près des étoiles
Au 100 rue Lepic, ou plutôt sur les toits, vous pourrez voir une drôle de petite coupole. Il s'agit de l'observatoire du scientifique hongrois David Gruby. Inventeur de la micro-biologie médicale, ce grand savant, ami de la France, ya passait ses jours à observer l'infiniment petit, et ses nuits à observer les étoiles, l'infiniment lointain, en quelque sorte... Et en 1870, pendant la guerre contre la Prusse, il mit son observatoire à la disposition de l'armée française, pour surveiller les mouvements des troupes ennemies.
18/0038 Les policiers accueillants
Le poste de police du quartier des Grandes Carrières, 119 rue Belliard, est maintenant désaffecté. On devine sa destination première grâce aux inscriptions encore visibles sur la façade, et aux barreaux qui garnissent encore les fenêtres. Mais, comme le dit l'adage, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme... C'est une maison d'habitation qui occupe désormais les lieux. Après tout, pourquoi pas? Et si le petit dernier fait un caprice, allez hop ! Au trou , et pas de rouspétance !











